Courir au plafond ou combattre un distributeur de boissons, c'est normal, non ? En tout cas, c'est bien ce que vous ferez dans Control Resonant. Et c'est probablement la première chose qui frappe quand on entre dans son univers : il ne ressemble à aucun autre.

À l'image du premier opus à son époque, Control Resonant bouscule les codes établis, aussi bien dans sa narration que dans son gameplay, pour proposer une expérience unique. On ne comprend pas toujours tout, et celui qui ne prend pas la peine de lire les notes ou d'écouter attentivement les dialogues risque vite de se retrouver perdu. C'est d'ailleurs un reproche que l'on pourrait faire au jeu. Mais pour ceux qui prennent le temps de s'y investir, l'univers se révèle incroyablement riche et varié.

La narration est sans doute LE point fort du jeu. On suit Dylan, un personnage à qui une organisation aussi absurde que secrète a volé sa jeunesse, tout en prenant soin de dissimuler ses agissements. On l'accompagne dans sa découverte du monde, avec cette profonde bienveillance qui le pousse constamment à aider les autres, quitte à se sacrifier, alors qu'il ne doit pourtant rien à personne. Il se lie même d'amitié avec sa responsable, qui pourrait le tuer d'une simple pression sur un bouton. Comme un enfant qui fait ses premiers pas, Dylan découvre les subtilités des interactions sociales et ne sait pas toujours comment se comporter. C'est parfois maladroit, souvent touchant, et c'est justement ce qui le rend si attachant. J'ai adoré le suivre tout au long de cette histoire et n'ai raté aucun dialogue, d'autant que le jeu bénéficie d'une VF de très bonne facture. Et comme les doublages français se font de plus en plus rares, quand ils sont aussi réussis, on soutient !

Comme le premier opus, qui n'hésitait pas à nous régaler avec sa caricature de la bureaucratie, Control Resonant ne manque pas d'humour et d'absurdités en tout genre, même en dehors de l'Ancienne Maison. C'est parfois frustrant, notamment lorsque tous ces passages caviardés nous empêchent de comprendre certains aspects de l'univers. Mais cela fait aussi partie du charme du jeu : le Bureau fédéral de contrôle aime garder ses secrets, y compris au sein de sa propre hiérarchie.


Côté gameplay, j'ai particulièrement aimé les déplacements. J'ai parfois eu l'impression de retrouver les sensations de Prototype en son temps. Control Resonant offre une liberté de mouvement quasi totale, ce qui rend l'exploration particulièrement agréable. Loin des longues balades à cheval entre deux objectifs, ici, on saute de toit en toit, on court, on plane, on s'amuse. À tel point qu'on finit par éviter les voyages rapides, tant il y a toujours quelque chose à découvrir en chemin.

Sur ce point, j'ai également beaucoup apprécié le level design. Certes, quelques pictogrammes indiquent l'emplacement de certains collectibles, mais globalement, tout se découvre en observant son environnement. Une enseigne allumée, une entrée de métro ouverte, un chantier qui attire l'œil… Le joueur repère de lui-même les points d'intérêt, sans avoir constamment besoin qu'on lui indique où aller. C'est devenu suffisamment rare pour être souligné.

Quant aux combats, ils sont absolument géniaux. Je n'ai jamais rechigné à engager un affrontement tout au long de l'aventure. Ils sont épiques, nerveux, offrent de multiples possibilités et sont accompagnés de la lourde voix du Comité, particulièrement grave, qui vient ponctuer les coups de grâce. Un détail sonore qui renforce encore davantage le côté défouloir des affrontements. J'avoue avoir eu quelques craintes en découvrant que cet opus troquait les armes à feu contre le corps-à-corps. Finalement, c'était probablement la meilleure chose à faire.


Graphiquement, le jeu est joli, sans être révolutionnaire pour autant. Certains visages, comme celui de Zoe, qui nous accompagne tout au long de l'aventure, auraient notamment mérité un peu plus de soin. En revanche, là où le jeu impressionne véritablement, c'est dans ses effets de lumière et ses environnements.

J'ai pris un nombre incalculable de captures d'écran, tant chaque nouvelle zone m'a émerveillé. Qu'il s'agisse d'une pièce entièrement rouge, avec des corps en lévitation, du Gouffre et de ses appartements sans plafond, que l'on parcourt jusqu'à se demander : « Mais en fait, on est à l'endroit ou à l'envers, là ? », ou encore de l'Inconnu, tout simplement brillant, avec ses changements de gravité qui nous font perdre tous nos repères et donnent l'impression de parcourir 4 cartes en une… On en prend plein les yeux en permanence. Chaque nouvelle zone apporte son lot de surprises visuelles.

Les missions secondaires sont tout aussi réussies que les missions principales. Elles sont originales, pas trop nombreuses, et ne se contentent pas de nous envoyer d'un point A à un point B. À la manière de The Witcher 3, il y a presque toujours quelque chose à en tirer, que ce soit une histoire, une découverte ou simplement un moment mémorable. Je pense notamment à la quête avec Fra/Fred, à « The Party Won't Stop », qui nous offre un karaoké légendaire, ou encore à « The Complete Set », dont le choix final est particulièrement difficile à prendre, même s'il n'a pas de véritable conséquence sur le déroulement de l'aventure, mais plutôt sur son lore.

La bande originale est également très bonne. Elle intervient avec une certaine retenue, mais sait se montrer particulièrement efficace quand il le faut. Il est d'ailleurs dommage de ne pas pouvoir réécouter librement certains morceaux pendant l'exploration, une fois qu'on les a découverts dans le cadre de l'histoire. Un mod permet déjà de le faire, mais j'espère que cette possibilité sera ajoutée officiellement.

Enfin, un mot sur l'optimisation. Le jeu est exigeant, très exigeant même. Il a mis à genoux ma configuration pourtant haut de gamme, équipée d'une AMD RX 7900 XT. L'activation du FSR et un léger overclocking ont été nécessaires pour maintenir les 60 FPS. Malgré cela, le jeu souffre encore de quelques baisses de framerate ici et là. Rien de véritablement gênant, mais elles sont suffisamment fréquentes pour mériter d'être signalées.


En résumé, Remedy Entertainment est un studio à part, probablement l'un des seuls à avoir véritablement compris tout le potentiel du jeu vidéo. C'est difficile à expliquer, et on ne le comprend réellement qu'une fois la manette en main. Mais ici, on a affaire à bien plus qu'une simple simulation ou qu'un univers de fantasy. C'est une expérience qui joue constamment avec notre perception, qui déforme la réalité et les lois de la physique, et qui ne cesse de nous surprendre.

Il m'aura fallu environ 60 heures pour boucler le jeu et décrocher le fameux trophée platine. Soixante heures que je n'ai pas vues passer, et je compte bien replonger prochainement dans l'aventure avec un NG+ ! Je recommande évidemment le jeu à tout le monde : on tient là une véritable pépite !

Control Resonant n'a pas son pareil. Et c'est précisément pour cela que, malgré quelques défauts finalement mineurs à mes yeux, il mérite bien la note maximale.

VoxiBe
10
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Créée

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Critique lue 13 fois

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