J'éprouve une véritable affection pour Cube World, mais je sais pertinemment qu'il faut le regarder à travers le prisme de l'année 2013 pour le comprendre. À l'époque, j'étais complètement fasciné par sa proposition, je me rappelle très bien l'engouement suscité par ce nouveau monde en voxels. Cube World offrait une approche radicalement différente : prendre cette esthétique cubique que j'affectionne tant et lui insuffler une véritable dimension RPG et aventure. Le potentiel me paraissait absolument monumental. Je me souviens de cette sensation exaltante en regardant les premières vidéos, intimement persuadé de me trouver face au prochain phénomène du jeu vidéo, un "Minecraft killer" en puissance.
Cependant, quand je prends le jeu pour ce qu'il est réellement aujourd'hui, une fois l'immense hype de l'époque retombée, je me heurte violemment à ses limites. J'arpente un monde généré procéduralement qui, bien qu'immense, me donne très vite une terrible impression de vide. Je trouve que l'exploration manque cruellement de récompenses intéressantes pour maintenir mon attention. Ma progression finit inévitablement par devenir affreusement répétitive, et je tourne souvent en rond avec peu de choses passionnantes à faire entre deux combats. Le système RPG de base est sympathique avec ses différentes classes, mais il aurait mérité d'être tellement plus creusé pour me tenir en haleine sur la durée.
Ce qui me frustre le plus dans cette histoire, c'est indéniablement son développement chaotique et interminable. En 2013, j'étais tout à fait capable de lui pardonner ses défauts de jeunesse et son manque de contenu parce que je projetais sur lui tout ce qu'il allait pouvoir devenir. Je m'imaginais déjà partir à l'aventure sans jamais savoir ce qui m'attendait derrière la prochaine montagne. Mais avec le temps, le mirage s'est dissipé. Le jeu est presque devenu pour moi un vestige de l'histoire d'Internet. C'est profondément triste, car je reste convaincu qu'avec un suivi régulier, plus de contenu et une progression mieux structurée, il aurait pu s'imposer comme un incontournable absolu du genre.
Je note finalement plus ma propre nostalgie que le jeu manette en main. Je garde en mémoire la magie de ses débuts et la promesse d'une épopée fondatrice qui me faisait rêver. Mais au-delà de ce doux souvenir, je me retrouve face à un titre dont l'exploration s'essouffle vite et dont je retiendrai surtout le goût amer d'un immense potentiel qui n'a malheureusement jamais été pleinement exploité.