J'ai enfin terminé Cuphead, ce run'n'gun/shmup/boss rush des enfers à l'ambiance dessins animés des années 30. Je ne m'étendrai pas sur son esthétique vraiment unique et soignée, qui a été un plaisir pour les yeux. C'est toujours plus sympa de rager devant un jeu difficile qui a une jolie apparence.
Cuphead, je crois que c'est un des premiers jeux que j'ai achetés sur la Switch dans l'idée de le faire en coop avec ma copine de l'époque, qui est maintenant mon épouse. On a rigolé pendant deux soirées, mais c'était clairement trop difficile et frustrant.
Comme beaucoup de monde, je trouve que le jeu a un côté un peu « connard » : « tiens, je suis joli et unique, mais en fait je suis un boss rush die'n'retry bien vénère ». Le mode facile est effectivement une honte de game design : il y a moins d'ennemis/projectiles à l'écran (ce qui est une chose attendue d'un mode facile), mais on ne fait pas la phase finale des boss et on ne peut pas accéder à la toute fin du jeu. C'est en gros une sorte de mode d'entraînement, mais un entraînement où on ne fait pas vraiment tout le combat de boss. Je trouve cela limite insultant pour le/la joueur-euse ; autant assumer son côté arcade et ne pas l'intégrer du tout.
Mais une fois qu'on a accepté que c'était « juste un jeu difficile » qui va nous demander d'apprendre à lire des patterns et à anticiper les ennemis, Cuphead est absolument remarquable. C'est extrêmement précis dans ses contrôles et, si on a cet état d'esprit, on prend un vrai plaisir à apprendre comment les boss fonctionnent et à les maîtriser petit à petit.
Il y a peut-être une certaine psycho-rigidité dans la manière dont le jeu gère ses « specials » (qu'on nomme EX ici) : on ne bénéficie pas d'invulnérabilité quand on en fait une, ce qui fait que ces attaques spéciales sont très (trop) souvent à double tranchant. Je suis mort un nombre incalculable de fois en essayant de faire une de ces attaques. Elles demandent un certain timing qui ajoute une couche de difficulté qui n'était pas forcément nécessaire.
Je trouve aussi que le système d'upgrade est beaucoup trop rigide : on gagne des pièces uniquement dans des niveaux de run'n'gun qui sont excessivement pénibles, et on ne peut pas « respec ». Or, il y a clairement des upgrades qui sont absolument nécessaires, comme la possibilité d'être invisible lorsqu'on dash (ce qui devrait, à mon sens, être une feature de base du jeu), et d'autres qui sont passablement inutiles. Si, comme moi, vous avez fait le jeu « à l'aveugle », vous allez probablement regretter certains achats.
Dernier petit point : j'aurais aussi apprécié pouvoir regagner des vies au sein même des niveaux. Même les shmups les plus hardcore vous le permettent, alors pourquoi pas ici ?
Tout cela contribue à une certaine forme d'élitisme qui colle mal avec l'esthétique accueillante du jeu. On nous trompe sur la marchandise, clairement.
Cela étant dit, j'ai pris un pied monstrueux à tous ces boss fights. J'aime ce genre de jeux qui demandent d'être ultra-focus durant 1mn30 et, hormis l'abeille et le robot, j'ai vraiment trouvé que tous les boss étaient originaux et intéressants à jouer.
Si vous avez envie de vous challenger un peu sur un jeu qui a peut-être une mentalité aussi vintage/rigide que son inspiration visuelle, foncez sur Cuphead.