J'ai malheureusement eu un bug bloquant qui fait que je resterai coincé à tout jamais dans les limbes de l'enfer, à la 5ᵉ strate. Ça tombe bien, ça reste dans le thème. J'ai vraiment tout essayé pour m'en sortir, j'ai tourné en rond sans rien comprendre. Et là encore, ça tombe bien : rien comprendre, c'est aussi dans le thème. Skate Story est un jeu sans substance, mais emballé dans un écrin magnifique.
Très honnêtement, je vois ce bug bloquant comme un signe (divin) d’arrêter ce jeu qui m’a très rapidement agacé. D’ailleurs, avec Sword of the Sea, j’annonce que 2025 est l’année des “jeux de glisse narratifs pseudo-profonds”.
Je suis un immense fan de jeux skate et de glisse j’ai passé beaucoup trop de temps sur des titres comme les Tony Hawk’s Pro Skater, les SSX ou encore Skate 3 (beaucoup, beaucoup trop de temps sur ce dernier…). J’aime ça, moi, aller errer dans un décor en open world, me lancer des défis, tenter des tricks et des gaps pas possibles. Ce sont des jeux qui font que j’oublie très rapidement que j’ai une manette en main. Je fonds dans le décor et je deviens moi-même un Sk8TeR.
Alors j’ai très vite compris avec Skate Story que Samuel Eng ne voulait pas faire “juste” un jeu de skate sandbox stylé, mais qu’il avait une autre ambition — voire beaucoup trop d’ambitions. Il a assurément réussi un jeu à l’esthétique unique, très clinquante (même si ce jeu me rappelle énormément l’excellentissime Children of the Sun). Tout est propre, chaque angle de caméra est bien choisi et la bande-son de Blood Cultures est absolument géniale, aucun doute là-dessus.
Mais voilà, Samuel Eng a, comme son personnage, commis un péché : un péché d’orgueil, en favorisant le style avant tout, le gameplay en second. C’est un jeu assurément facile, tellement permissif qu’il en devient difficile de perdre.
Le choix de la caméra sur l’épaule, par exemple, rend très bien quand on regarde un trailer, mais quand on y joue, cela rend nos calculs de trajectoire approximatifs. Mais finalement, le but ici n’est pas de bien skater : c’est de traverser le jeu pour admirer à quel point le créateur est imaginatif. Il y a un côté “auto-promo” constant qui m’a agacé.
Peu avant mon bug bloquant, je commençais à passer systématiquement toutes les cinématiques, n’en pouvant plus d’attendre les phases de gameplay. Les jeux de skate sont des jeux de flow, et être interrompu toutes les 30 secondes est vraiment insupportable. Ça me rappelle le tournant narratif des Tony Hawk avec le début de la série Underground, le moment où j'ai lâché cette série.
Je ne commenterai pas l’histoire de ce jeu qui se veut surtout “cool et absurde”.
La hype autour de Skate Story m’a rappelé le moment où Daft Punk avait annoncé le film Electroma. Je me souviens parfaitement du trailer : tout me paraissait génial, j’analysais chaque plan dans les détails pour essayer de percer les mystères de ce film. Et ensuite, il est sorti… et je me suis rendu compte qu’il s’agissait de la plus grande coquille vide prétentieuse qu’il m’ait été donné de voir.
Alors évidemment, j’ai placé des attentes bien trop grandes dans ce jeu, et ce qu’a réussi Samuel Eng est objectivement remarquable… mais pas pour moi, déso.