From Shitware persiste et signe dans sa lignée de jeux de rôle « hardcore jusqu’à la mort » qui a définitivement trouvé son public, un public qui aime avoir mal. Ainsi la difficulté légendaire de ce Dark Souls 2 n’a pas à rougir de ses ainés : la progression par l’échec y est un dogme assumé.
La progression par les essais (jusqu’à l’infini et au delà) et les erreurs : une simple faute d’inattention, et t’es morg cong ! peut-être auraient-ils pu ajouter un petit rire sadique avec un « t’es mort » répété sur tout l’écran et clignotant en permanence mais on aurait eu une vague de suicides de manettes et de dépressions nerveuses en série.
Il suffit de recommencer, encore et encore… et de se documenter grâce à tous les ‘wikis’ et les guides qui pullulent sur le net : ainsi le jeu qui soûle devient aussi un jeu de piste ?!… Les joueurs en parlent pendant des heures sur les forums et dans les tchats, se refilent les bons plans et les bons tuyaux comme aux alcooliques anonymes. Il semble en effet que l’addiction y soit bien réelle et le ‘vétéran’ qui finit l’abominable étron ne tarit pas de conseils envers la bleusaille au bord (déjà) de la crise de nerfs et/ou du suicide.
Ainsi avec ce « jeu », une reconnaissance sociale de vos pairs vous est acquise (pour ceux qui tiennent le coup jusqu’au bout…) et un support psychologique pour tous les autres crevards qui en chient à mort.
Et il en faut du dévouement ! d’abord graphiquement parlant, ça reste laid et d’une fluidité pour le moins discutable. Aucune carte n’est présente mais comme vous apprendrez les niveaux par coeur, ce n’est pas un ‘problème’ ! Revenir à un point de sauvegarde implique que tous les ennemis de la zone idoine ont ressuscité ! si ce n’est pas du vice, alors c’est donc ton frère… On tient là une putain d’usine à farmer jusqu’à la lie.
Et la barre d’endurance qui se vide à chaque coup porté est une idée géniale contre le bourrinage : un mauvais calcul et le perso ne fait plus rien : il attend sagement la mort, résigné tandis que le joueur postillonne un « meeeeerde » sur tout l’écran. Une seconde de trop à consulter l’inventaire et… t’es mort ducon ! il n’y a en effet aucune pause… un inventaire et des menus particulièrement foutraques d’ailleurs.
Evidemment, pour les quêtes, tout est l’avenant mais ce n’est pas grave : à force de recommencer, vous finirez par savoir où aller. Retournez lire les guides, matez les vidéos de « ceux qui ont survécu » (après 13000 morts environ), il en va de votre ‘prestige’ : les masos du coin vous ont mâché le boulot… ce qui n’empêche pas de crever comme une merde sur une esquive maladroite. Il fallait faire attention !
On pourrait encore beaucoup en dire de ces pseudo jeux vidéo (des thèses sont certainement en préparation) et du public soumis complètement maso qui s’y adonne. Ah le Marquis serait fier de voir ces pauvres hères errer dans cette galère de la maladie vidéo-ludo-mentale !