Si l'on s'arrête à sa direction artistique et ses animations absolument splendides, Dispatch se hisse sans effort dans le haut du panier narratif.
Malheureusement, en tant que jeu vidéo, l'expérience est un désenchantement profond.
Les phases de gestion, rapidement lassantes et limitées, sont le cœur du problème. Elles donnent l'illusion d'une utilité stratégique, mais leur absence de conséquences significatives sur le récit force l'impression d'être le petit frère qui joue avec une manette débranchée...
Précision : Il ne s'agit pas ici de remettre en cause la légitimité des expériences narratives qu gameplay minimaliste. Mon problème n'est pas l'absence d'interaction, mais le fait que le jeu propose une interaction futile et trompeuse.
Ce gameplay, comme plaqué pour justifier l'étiquette "jeu vidéo", trahit un peu son propre médium.
Mais surtout, même en faisant abstraction de ces failles structurelles, le jeu échoue à convaincre par son écriture.
Le récit stagne sur une formule narrative déjà vue (triangle amoureux prévisible à des kilomètre, la vengeance personelle etc...), tout en étant trop édulcoré et "bisounours" pour proposer de réels enjeux (c'est pas parce qu'on voit des zizis et qu'il y a 3 insultes par phrases que ça en fait un jeu mature). C'est un manque d'audace flagrant à mon sens.
Dispatch aurait gagné à assumer sa nature de film interactif assumé, plutôt que de nous faire croire que nous sommes réellement acteurs.