Tuer une guêpe rapporte plus d'XP que tuer un Troll ?!

Près de 70 heures à mon actif


Divine Divinity, développé par Larian Studios et sorti en 2002. Il s'agit d'un RPG de Fantasy Épique se déroulant dans le monde de Rivellon ; et le fait de découvrir ce jeu m'a rappelé à quel point j'apprécie profondément les RPGs du début des années 2000 - ce n'est pas pour rien que mon jeu-vidéo préféré est The Elder Scrolls III : Morrowind, également sorti en 2002.

Mais laissons Vvardenfell tranquille et revenons à Rivellon pour voir ce que Divine Divinity a à nous proposer !


Laissé pour mort après une attaque d'Orcs, nous nous réveillons dans un petit village de guérisseurs où on nous apprend rapidement que nous sommes un Désigné, un héros qui mettra un terme aux agissements de l'Alliance des Ténèbres.

Pas plus de spoil ! ou alors un tout petit peu...


Et sans grande surprise, concernant l'histoire que propose ce jeu, et à l'image d'un très grand nombre d’œuvre de Fantasy de la fin XXe et début XXIe siècle, on se retrouve avec les fameux clichés inhérents au genre, à savoir : un héros soudainement au cœur d'une prophétie révélée par un vieux magicien qui stipule qu'il sauvera le monde de l'ombre des Ténèbres et que cela est sa destinée. Du moins est-ce mon analyse de passionné en 2026, puisqu'il va sans dire qu'au début des années 2000, ce schéma d'intrigue est assez fréquent et surtout pas encore reconnu comme étant cliché. Malgré cela, le jeu se permet tout de même quelques petits écarts intéressants comme, par exemple, le fait que trois Désignés sont appelés à libérer Rivellon des Ténèbres et que deux d'entre eux meurent très rapidement, assassinés par l'Alliance des Ténèbres. Alors, en soi, même cet écart semble peu original, mais lorsque l'on se remet dans le contexte de l'époque (nous sommes si vieux !), il demeure plaisant d'observer ce genre d'initiative et cette recherche de changements, aussi légère soit-elle.

Autrement, comme déclaré précédemment, si l'on s'attaque à Divine Divinity avec toute l'expérience actuelle en terme d’œuvres de Fantasy, force est de constater que l'histoire n'est, effectivement, guère originale et suit le schéma narratif classique des contes et autres petites histoires, en apportant toutefois - s'il faut le répéter - quelques idées bienvenues. Et si certains retournements de situation se remarquent à des kilomètres, il en est certains qui font mouche sans difficulté, le tout oscillant entre ambiance sérieuse et burlesque sans véritablement tomber dans la caricature. Ce qui nous offre des lectures d'événements à travers tout le spectre des émotions, pour notre plus grand bonheur.

On regrettera cependant un manque cruel d'équilibre entre le début et la fin du jeu où le dénouement est malheureusement moins engageant que le reste de l'aventure, entre la dernière carte répétitive à souhait avec son décor unique, l'absence de quêtes secondaires et l'impression d'accélération des événements en complète opposition paradoxale avec la lenteur ainsi que l'aspect rébarbatif et affreusement complexe des sous-boss à vaincre avant d'arriver à l'ultime adversaire... Sincèrement, on en viendrait presque à recommander de ne pas terminer le jeu et de laisser le dernier tiers dans l'oubli tellement il n'apporte rien sinon de l'ennui et de la frustration.

Néanmoins, l'histoire globale est prenante : on a envie de tout visiter, de tout découvrir, de parler à tout le monde et de lire chaque page de manuscrit pour en apprendre plus sur ce nouvel univers.


Concernant notre personnage.

Début de années 2000 oblige, la création de ce dernier reste assez sommaire : on peut choisir entre les trois grandes classes de personnages de jeux de rôles (guerrier, mage, voleur) et la personnalisation est également très limitée. Voilà pour les petits défauts puisque pour la suite, nous sommes relativement gâtés avec de nombreuses compétences et quelques sorts sympathiques, de quoi aborder l'approche des différentes missions de différentes manières.

Autrement, nous suivons là-aussi le schéma classique des vieux RPGs : nous avons les statistiques communes de jeu de rôles, un système de réputation qui nous laisse perplexe tant son influence reste assez floue, un choix d'équipement plus que convenable...

Concernant les personnages plus secondaires, nous rencontrons énormément de PNJs fort sympathiques, mais peut-être pas pour les bonnes raisons... En effet, Divine Divinity, à l'instar de The Elder Scrolls III : Morrowind (pour parler d'un jeu dont j'ai déjà réalisé la critique, et dont je souhaite parler parce que c'est ma critique !), double certains de ses PNJs et autant dire, si je n'ai pas eu l'occasion d'écouter la version originale desdits PNJS, que la version française propose des personnalités presque caricaturales, quand on ne ressent pas tout simplement l'envie des doubleurs de ne pas fournir le moindre effort et de rentrer chez eux... Alors, en temps normal, je suis plutôt de ceux qui défendent les doubleurs et la VF mais il est vrai que présentement, un effort supplémentaire n'aurait pas été de trop. Néanmoins, on garde en tête certains PNJs non pas pour leur doublage, mais plutôt pour les situations dans lesquelles nous les trouvons à l'instar des lutins dont on ne comprend pas le langage, aux abeilles qui parlent ou alors, et je leur décerne une mention spéciale, à ce groupe d'elfes dans leur village forestier qui joue les commères : à chacun de nos passages, ils déblatèrent de tout et de rien, de quoi nous faire sourire tant la situation est drolatique.

Et il en va de même pour les antagonistes où l'on retrouve ces quelques petits défauts, notamment concernant le doublage français, qui peuvent casser l'immersion du joueur.


Pour ce qui est de la technique, ce jeu est diablement complet !

L'exploration est déjà le point fort puisque la carte principale est plus que conséquente pour un jeu du début du siècle, et c'est sans compter les deux-trois cartes supplémentaires de taille semblable ainsi que tous les dédales souterrains qui n'ont rien à envier au monde extérieur. Le monde est vaste et ne manque pas d'activité : chasse aux trésors, enquête, course à réaliser (parce que l'on oublie pas que même si on est le grand héros qui est destiné à sauver l'univers, la liste de courses du premier péquenaud du coin rencontré est bien plus importante !)... tout cela sous forme de quêtes... que la majeure partie du temps on vient brusquement nous donner... Alors en soi, pourquoi pas : pour une quête ou deux, un PNJ peut se déplacer jusqu'à nous pour nous la donner. Sauf que dans le cas présent, la majorité des quêtes nous sont données par un PNJ qui met le jeu en pause pour nous l'imposer. Donc, si nous nous trouvions à déjà compléter une quête, on peut vite se retrouver avec trois quatre quêtes supplémentaires, ce qui peut rapidement casser le rythme de jeu, tout en sachant que le journal de quêtes n'est pas forcément bien agencé... Mais ce qui fait plaisir et ce pourquoi j'apprécie ce genre de RPG, c'est que l'on ne nous tient pas la main en indiquant bêtement dans un petit onglet ce qu'on doit faire, où on doit aller, quelles pierres il faut bouger pour enclencher une cinématique... c'est au joueur d'être attentif à ce que disent les PNJs, ce qu'indiquent les manuscrits, bouger et fouiller le mobilier... en somme, faire comme l'on ferait dans une partie de jeu de rôles !

Mais le petit point noir, c'est qu'à trop recevoir de quêtes et à aller à droite à gauche sans arrêt, nous entamons parfois des quêtes avant de les avoir reçu, ce qui nous force à refaire les voyages et les donjons pour confirmer les objectifs de la nouvelle quête, quand bien même tout semblait avoir été fait dans les moindres détails.


Pour l'aspect graphique, force est de constater que le jeu a vieilli, que ce soit évidemment en terme de graphismes que de compatibilité : en effet, j'ai malheureusement eu quelques crashs dus à des soucis audio, me forçant à sauvegarder très très régulièrement...

Mais autrement, pour en revenir aux graphismes a proprement parler, le jeu se laisse bien regarder et apprécier, l'immersion fonctionne très bien ; quand bien même, il est plus que probable que les jeunes générations seront rebutées par ces derniers, sauf si un énième remake voit le jour en se focalisant sur la saga des Divinity - ce qui je trouve, à titre personnel, plus que dommage.


Parlons à présent des combats.

Jeu du début du siècle oblige, RPG de surcroît, Divine Divinity fonctionne avec la fameuse "chance de toucher", ce qui peut donner des séquences à faire grincer les dents lorsque lors d'un affrontement, on en vient à louper pour la douzième fois son attaque. Et là où dans The Elder Scrolls III : Morrowind, on faisait en sorte que plus tu attaquais et plus facilement tu touchais tes ennemis, de telle sorte qu'en fin de jeu (ou d'entrainement de compétences), tu ne loupais plus aucune attaque, Divine Divinity fonctionne avec l'accumulation du pourcentage de chance de toucher l'adversaire, ce qui fait que si l'on n'a pas le bon équipement, on peut se retrouver au dernier acte du jeu à louper lamentablement tous ses coups, ce qui peut rapidement être excessivement frustrant quand on sait que le dernier acte nous laisse affronter des adversaires relativement chiants ! Il faut savoir qu'au cours de notre aventure, nous croisons quelques sous-fifres du grand méchant, que l'on parvient plus ou moins facilement à défaire. Et le plus beau cadeau que l'on nous fait, c'est que juste avant d'affrontement ce grand méchant, on nous force à combattre de nouveau ces sous-boss... dont certains sont affreusement pénibles, sinon casse-couilles ! Ils ont tout simplement la capacité de se rendre invisible un bon moment, d'être de ce fait indétectables, d'invoquer de manière illimitée des sbires assez gênants et d'empêcher toutes attaques furtives que l'on tente d'assener, de quoi promettre un combat d'anthologie d'une bonne vingtaine de minute où nous sommes condamnés à esquiver des attaques qui surgissent de nulles part et qui font très mal ! Ce schéma multiplié par au moins trois ! Autant dire que certains boss de la série des Dark Souls m'ont paru beaucoup plus simple ! Et c'est sans compter notre stock de potions de soin, même si on a accès très rapidement à des potions améliorées, qui se vide drastiquement lors de la dernière carte !

Dira t-on dans tout ça que le seul point positif est le suivant : plus on avance dans le jeu, plus il est facile de mettre hors état de nuire les ennemis mineurs, qu'ils soient seuls ou en horde.

Malgré le ressentiment que l'on peut avoir lors de l'affrontement des boss, force est de constater là aussi que le combat possède moult aspects et facettes nous permettant d'élaborer plusieurs approches différentes, comme signifié précédemment.


A présent, parlons d'un des meilleurs points du jeu, les musiques !

Commençons brièvement par traiter des bruitages et autres sons d'ambiance, lesquels sont plutôt bien rendus, contribuant grandement à rendre l'univers plus vivant et l'immersion plus percutante, quand bien même nous retrouvons énormément de doublons audio, notamment en combat.

Mais pour la composition, il n'y a rien à redire : les musiques sont incroyables et certains restent facilement en tête, que ce soit les chants du village elfique ou le thème des masures paysannes devant le château de Courlevent.

Un excellent point ! Il n'en faut pas plus pour me séduire !


Pour les lieux et les décors, il est vrai que si la carte est immense, le décor "secondaire" (qui englobe les différents biomes tels que les forêts, les chaines montagneuses, les marais...) se répète pas mal... Après, encore une fois, nous sommes face à un jeu de 2002, il est déjà bien de souligner le fait de nous proposer une carte à la superficie plus que correcte pour venir se plaindre de la redondance des décors. D'autant que pour le reste, en terme de structures et autres constructions plus principales, si l'on peut effectivement retrouver des motifs récurrents, la plupart des lieux sont à leur manière admirables, le tout étant assez varié pour ne pas nous ennuyer lors de nos explorations.


Divine Divinity est une excellente expérience dans un monde où je ne connaissais de Larian Studios que la série des Baldur's Gate. Une excellente expérience donc mais qui n'est pas exempt de tous défauts et qui, subjectivement, a mis un peu de temps avant de réellement me séduire pleinement. Le plus gros défaut reste que cet univers inédit demeure trop générique, du moins semble être un pauvre reflet d'un Baldur's Gate. Un ressenti que l'aspect RPG ou les musiques ont un peu de mal à compenser. Néanmoins, je recommande plus que chaudement cet essai qui saura faire plaisir aux mordus de RPG ou de Fantasy, tout en faisant le lien avec de nombreuses œuvres du genre pour ceux qui ont énormément d'expérience de jeu.

Et n'oubliez pas : la Fantasy nous appartient !

PhenixduXib
7
Écrit par

Créée

il y a 1 jour

Critique lue 1 fois

PhenixduXib

Écrit par

Critique lue 1 fois

D'autres avis sur Divine Divinity

Divine Divinity

Divine Divinity

9

kouzrah

24 critiques

Critique de Divine Divinity par kouzrah

C'est drôle, ce jeu est passé inaperçu et n'a même pas forcément d'excellentes critiques. Pourtant, il est vraiment culte pour une minorité de personnes, dont moi. J'y ai joué sur le tard et je n'ai...

le 5 août 2010

Divine Divinity

Divine Divinity

7

Xeldar

24 critiques

Les débuts de Larian Studio

Divine Divinity est un jeu sorti en 2002 et est le premier jeu de la saga des Divinity, mais aussi le second jeu de Larian Studio. Ce dernier étant principalement connu récemment pour Divinity...

le 18 mai 2020

Divine Divinity

Divine Divinity

7

skorn-of-banana

313 critiques

Larian Studios, qui faisait déjà du Larian dès leur premier jeu, tout à leur honneur.

Lien vers mon site pour lire mes merveilleuses critiques avec plus de confort !Avant Baldur's Gate 3, il y a eu les deux Divinity: Original Sin. Avant les Divinity: Original Sin, il y avait Divinity...

le 17 janv. 2024

Du même critique

Willow

Willow

9

PhenixduXib

593 critiques

Un film de Hobbits avant le Hobbit ?

Dans la catégorie des films de Fantasy incontournables, il est difficile d'ignorer Willow, film d'Heroic Fantasy (avec un soupçon de Light Fantasy) réalisé par Ron Howard mais également produit et...

le 11 mars 2018

World of Saga, les seigneurs de l'ombre

World of Saga, les seigneurs de l'ombre

8

PhenixduXib

593 critiques

Il m'a COMPLETEMENT séduit !

World of Saga, Les Seigneurs de l'Ombre. Un énième film à petit budget sorti directement en DvD. Les films de ce genre sont assez mal vu car généralement assez mauvais puisque peu de moyens, effets...

le 3 mars 2018

Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim

Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim

8

PhenixduXib

593 critiques

Pour Eorlingas ! Mais après ?

La première chose que je me suis dite, et j'en avais la certitude, c'est : "Il ne va clairement pas plaire à tous le monde." Mais en tant que fan, n'est-on pas un peu immunisé ? Certes, la série Les...

le 11 déc. 2024