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le 1 juin 2026
SuivrePas mon genre
Je n'ai pas été au bout de Dread Delusion. Après une dizaine d'heures de jeu j'ai commencé à sérieusement m'ennuyer et je me suis arrêté vers 20 heures.Le problème est que le jeu ne pose jamais...
Petit jeu indépendant développé par Lovely Hellplace, je m’attendais au premier abord à passer quelques petites heures sympathiques dans un jeu au style rétro PS1, puis à le remballer bien sagement sans avoir à y penser par la suite.
Je ne m’attendais pas à passer plus de 20 heures à réfléchir, à faire face à des dilemmes moraux et à m’immerger totalement dans un RPG avec un lore digne d’un Elder Scrolls, sans jamais vraiment souffrir d’ennui.
L’esthétique reprend bien évidemment celle des jeux bien-aimés de l’âge d’or du jeu vidéo, notamment des débuts glorieux de la 3D. Dread Delusion ne se contente jamais d’en faire un pastiche sans âme, mais cherche au contraire à insuffler une esthétique léchée, aux couleurs chatoyantes et cauchemardesques, avec un air de fin du monde onirique. De belles images restent gravées dans ma mémoire ! Les illustrations présentes dans le jeu (avec une claire inspiration de Mike Mignola) sont tout aussi somptueuses, même si on aurait voulu en voir davantage.
Petit bémol sur la musique qui est, hélas, très (trop) répétitive. Je l’ai simplement baissée au minimum dans les options du jeu pour ne garder que les bruitages, qui sont quant à eux assez convaincants et renforcent l’immersion dans l’univers.
Pour parler du gameplay et de l’histoire, ils frôlent par instants le niveau de Fallout: New Vegas (que j’estime être le maître étalon en matière de RPG dans ce style), bien que Dread Delusion n’égale jamais complètement son niveau de profondeur narrative et de réflexion. On se laisse prendre dans cette chasse à l’homme (ou à la femme, plutôt, dans le cas du jeu), ainsi qu’à la découverte d’un monde en pleine décrépitude. Faut-il le sauver, l’anéantir, ou laisser le libre arbitre aux habitants qui peuplent les Îles Oniriques et laisser la Fortune faire son œuvre ?
Le jeu m’a sérieusement fait réfléchir sur ce sujet. Les développeurs laissent pressentir leur opinion à ce sujet, ce qui se ressent notamment dans certains choix qui, à mon goût, peuvent parfois paraître un peu simplistes. Je n’ai par ailleurs pas été en accord avec la vision du jeu lors de sa fin, mais il m’a tout de même fait réfléchir très sérieusement sur le sujet, et peu d’œuvres vidéoludiques ont eu ce mérite. Je tire mon chapeau rien que pour ça.
Pour glisser quelques mots sur le gameplay, je l’ai trouvé simple mais assez efficace. Le système de combat n’est certes pas incroyable (on a peu de variantes entre les armes au corps à corps et les armes à distance), mais comme ce n’est pas la mécanique centrale du jeu, cela ne représente aucunement une gêne pour prendre du plaisir à jouer. Les mécaniques d’exploration, de cartographie et de répartition des stats sont suffisamment bien développées pour être très plaisantes.
Petit bémol cependant sur quelques finitions du jeu, notamment les bugs : sans être trop proéminents, ils m’ont parfois fait grincer des dents. Le système de sauvegarde automatique fait systématiquement bugger la vision du joueur, et cela arrive assez souvent pour être irritant.
Mise en garde également concernant l’absence de VF. La VO est généreuse en dialogues et utilise un vocabulaire plutôt soutenu, ce qui demande parfois un niveau de concentration assez élevé. Pour quelqu’un qui n’est pas particulièrement à l’aise avec la langue de Shakespeare, cela peut rendre certains passages difficiles à suivre et nuire un peu à l’immersion.
Les déplacements peuvent être assez frustrants par ailleurs. Le jeu ne propose volontairement pas de système de déplacement rapide grâce à la carte. On sent que c’est une décision assumée, car il existe certaines alternatives, mais au vu de la quantité d’allers-retours nécessaires sur la carte, ce choix peut se révéler assez lourd et demande un calcul minutieux des déplacements à effectuer afin de perdre le moins de temps possible.
Une des promesses du jeu est le déplacement en bateau volant, ce qui était extrêmement alléchant. Alors certes, cela n’arrive qu’à la fin du jeu, mais c’était aussi l’un des points les plus buggés. Je me suis arraché les cheveux à essayer de me mouvoir avec grâce dans les airs, mais les déplacements étaient finalement plus proches de ceux d’un camion rouillé que de ce qu’on aurait pu souhaiter.
Dread Delusion est donc un jeu qui aurait mérité quelques mois de finition supplémentaires, un meilleur système de déplacement et probablement un exorcisme pour ses bugs. Mais il possède quelque chose que beaucoup de productions bien plus ambitieuses n'ont pas : une véritable personnalité.
Je lui pardonne volontiers ses maladresses, parce qu'il m'a fait réfléchir là où je ne m'y attendais absolument pas. Je n'ai pas forcément aimé les réponses qu'il m'a données, mais j'ai aimé les questions qu'il m'a posées. Je ne me suis par ailleurs jamais vraiment ennuyée, au contraire. D'où ma note assez généreuse !
Et finalement, après vingt heures passées dans les Îles Oniriques, c'est probablement le meilleur compliment que je puisse lui faire.
Créée
le 19 août 2026
Critique lue 6 fois
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