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Ceci est un jeu vidéo
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le 31 mars 2023
Pas trop coutumier de l’emploi des termes galvaudés comme « surcoté », je parlerai ici de surévaluation en ce qui concerne Dredge (2023), un titre développé par les néo-zélandais de chez Black Salt Games et édité par Team17. Dredge, mot dégueulasse signifiant simplement « draguer » dans le sens de hisser en français, est un jeu de pêche et d’exploration solo prenant place dans un petit monde ouvert emprunt fortement de fantastique lovecraftien. Le scénario vous met dans la peau d’un pêcheur fraîchement arrivé dans le port principal du coin et votre objectif sera dans un premier temps d’amener des victuailles maritimes à bon port, puis de dénicher des artefacts au propriétés magiques à la demande d’un mystérieux individu. Des quêtes secondaires proposées par des PNJ rencontrés au large agrémenteront votre périple. L’objectif du joueur, outre de compléter les missions, est d’augmenter progressivement la capacité de votre bateau que ce soit la taille de l’inventaire, la puissance d’éclairage la nuit, la vitesse de déplacement, la vitesse de dragage, etc. Tout cela se fait via le commerce des poissons et autres monstruosités que vous trouverez au fond de la mer ou des trésors également qui trouveront preneur chez l’antiquaire du coin.
La plus grande force du titre, c’est son parti pris visuel et l’ambiance qui se dégage dès les premières heures. L’atmosphère lovecraftienne est plutôt bien retranscrite, que ce soit par les personnages secondaires mélancoliques, hagards presque, par l’ambiance sonore, ou par les monstruosités cosmiques remontées dans vos filets de pêche. 151, c’est le nombre de poissons, requins et autres crustacés que vous pourrez remonter des profondeurs avec leur(s) variante(s) horrifiques. Un système de répertoire vous permettra de suivre votre collection. Vous avez la référence sur ce nombre « aléatoire » de 151 ? Moi perso j’ai la réf ! Un système jour/nuit est mis en place pour dissuader les joueurs d’affronter leurs pires cauchemars, avec toujours cette idée qu’on ne sait jamais vraiment quelle part prend la réalité ou l’illusion dans ces apparitions horrifiques. Je pense notamment au bateau qui sonne comme un appel amical à l’horizon et que vous pourrez croiser sur votre chemin. Il est bien évidemment possible de mourir si vous encaissez trop de dégâts, attention où vous laissez traîner votre coque. Si au départ, la découverte est plaisante avec son lot de bonnes et mauvaises surprises, encore une fois grâce à une direction artistique maîtrisée ou par le biais des mini-jeux de pêche addictifs et sympathiques, Dredge malheureusement s’enlise rapidement et ne propose aucun changement drastique dans son gameplay ou sa narration après les trois premières heures de découverte.
En effet, trop long pour son bien (une vingtaine d’heures pour en voir le bout sans les contenus additionnels), le titre propose une boucle de jeu bien trop limitée et répétitive : pêcher, ranger la poiscaille, vendre, améliorer le bateau. On fait littéralement cela tout au long de l’aventure, certes dans des décors différents et avec des créatures variées, mais dans un monde ouvert finalement assez restreint, sans grande surprise et peu cohérent. À certains égards, le titre de Team17 m’a rappelé The Legend of Zelda : The Windwaker (2003) : la DA globale, le système de dragage et la manière dont sont disposées les îles. Côté scénario, je n’en demande pas beaucoup, mais honnêtement dans le cas de Dredge, c’est le néant. Le jeu utilise goulûment le monde lovecraftien et n’en fait quasiment rien pendant la totalité de l’aventure, sauf à la fin. Deux conclusions sont au menu en fonction de votre choix de quête, une bonne et une mauvaise. Je n’en dirai pas plus, rassurez-vous, mais les deux sont excellentes et rachètent en partie le reste. J’éviterai de parler des quêtes secondaires purement FeDex et sans grand intérêt consistant pour la plupart à ramener des poissons.
En conclusion, je reste perplexe face aux notes dithyrambiques sur Steam. Dredge n’a pas vraiment de gameplay au sens noble du terme. Comme je l’ai dit plus haut, il y a une boucle de petites mécaniques qui tourne en rond dès les premières heures. L’histoire ne raconte quasiment rien, se contentant d’effleurer des thèmes lovecraftiens sans jamais les approfondir. Graphiquement, c’est moyen, sans éclat particulier. Seule la direction artistique et l’ambiance parviennent à créer un peu de fraîcheur, notamment la nuit. En trois heures, on a fait le tour de la proposition, le reste n’est que remplissage pour suivre une narration parcellaire. Dès lors pourquoi un tel engouement ? Je ne sais pas. Pour ma part, je l’ai terminé sans aucune animosité, mais sans enthousiasme non plus. Un titre correct, loin d’être le chef-d’œuvre, « la pépite », « le bangueur » ou « la dinguerie » que certains décrivent (pour reprendre les expressions navrantes de mes contemporains).
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