Si Electronic Arts n'en finit plus d'enliser la licence FIFA dans toujours plus de médiocrité à mesure que l'on s'éloigne des rivages de la simulation pour se rapprocher toujours plus des sensations de World Cup sauce Game Boy ou MegaMan Soccer sauce SuperNes (oui, j'exagère à peine), Konami a décidé de suivre le pas plutôt que de profiter de la déchéance de son concurrent direct pour devenir la référence tant attendue de cette génération de consoles. Néanmoins, la société japonaise fait dans l'originalité et organise la descente aux enfers de son soft non pas en masquant la médiocrité de son gameplay pour la multiplication de modes de jeu, mais en réussissant l'exploit d'être plus scripté que jamais et en devenant officiellement un pay-to-win dans son mode phare MyClub là où FIFA Ultimate Team permet encore d'y échapper avec son système d'achat/revente.
La licence PES brille depuis trop longtemps par son absence de modes de jeu. Certains iront jusqu'à critiquer le manque de licences officielles, mais avec les quelques patchs que l'on peut télécharger grâce aux fans, l'argument ne tient plus depuis la 7e génération de consoles. Mais pour les modes de jeu, c'est un fait. Et cette année, rien que sur MyClub, Konami réussit à régresser par rapport à l'opus précédent en ne proposant pas de variété entre les différents événements hebdomadaires, faisant fi des défis coop qui donnaient du sel à PES 2019. Quant aux rajouts dans le mode carrière, ce ne sont pas les quelques cinématiques déjà présentes chez le concurrent qui apporteront du sel à un mode qui tourne en rond. Ni même l'évolution des périodes de transfert, trop sommaires pour passionner.
Reste le coeur et la force de PES : son gameplay. Toujours axé simulation, le titre est pourtant gangréné par un amas de scripts donnant bien trop souvent la sensation que nous sommes plus souvent spectateurs des événements que réels acteurs. Il est d'autant plus frustrant de voir ses défenseurs ne pas réagir ou rester inertes quand un script se déclenche, notamment à l'engagement comme sur FIFA, ou lors d'un redoublement de passes et qu'un appel en profondeur prend le pas sur le script de défense du joueur adverse. C'est vrai dans tous les modes de jeu, c'est effarant dans MyClub.
Il faut dire que les développeurs ont eu l'air plus intéressés par développer des idées pour pousser les joueurs à sortir leur "CB" qu'à développer la programmation du titre puisque, plus que jamais, peu d'événements vous amèneront à obtenir de meilleurs joueurs avec vos GP, et tous les joueurs boostés ne sont accessibles que via les pièces MyClub. L'an dernier, la mise à jour se faisait le jeudi, mais cette année, nous avons le droit à deux fournées puisque lundi apparaît de nouveaux éléments. Il va de soi que vous ne gagnerez jamais assez de pièces MyClub pour faire un tirage complet, et qu'il faudra bien choisir ou, évidemment, passer à la caisse. Désespérant.
Reste à savoir si cette voie est le sillon que va tracer Konami pour le reste des années ou si les critiques, assez nombreuses, leur permettront de rectifier le tir mais, en l'état, je suis pour ma part bien plus intéressé par acheter Captain Tsubasa que la prochaine itération de PES.