Evoland, dans sa version payante, tente d'exploiter le concept génial mis en place dans sa version gratuite : décrire l'histoire du RPG/A-RPG en nous faisant traverser les évolutions du genre. On commence en monochrome avec de la musique 8bits, on termine en 3D avec du son qui pète et de la mise en scène.
La mission est à moitié réussie puisque la majeure partie des évolutions graphiques et de gameplay arrive rapidement. La frustration est d'autant plus grande qu'il nous est facile d'imaginer à quel point l'idée aurait pu être mieux exploitée. On se retrouve donc vite à jongler entre trois gameplays qui co-existent : A-RPG Zeldaesque, RPG Finalfantasiesque, Hack'n'Slash Diabloesque. Ces trois types de gameplay ne se valent pas et on perçoit vite leurs limites : énigmes simplistes, combats au tour par tour sans stratégie et trop fréquents, ...
Un petit gout de pas-assez se fait sentir à tous les niveaux, laissant le sentiment d'une ambition qui s'est pris le mur contraignant des moyens.
MAIS. MAIS. Mais. (Parce qu'il y a un mais. Un gentil MAIS.)
MAIS ce jeu transpire la bonne humeur et exprime sa générosité dès les premières minutes. C'est bien simple, je l'ai plié en deux jours, à 100%, en 6h, avec un sourire permanent sur la gueule. On se sent bien dans cet univers fait par des passionnés, où l'humour et les références donnent forme au concept sans alourdir l'expérience. Le peu de contenu donne envie de tout découvrir et maitriser, et le jeu nous y invite allégrement (par exemple, un PNJ nous indique clairement les quêtes secondaires et ses indices poussent à l'exploration). Parce que l'on a beau fantasmer un jeu qui irait beaucoup plus loin dans le trip, on se rend vite compte qu'il y a déjà largement de quoi s'attarder sans une once d'ennui par rapport à la durée de vie qu'il propose. Court mais intense, oui mon Michel. Je synthétise pour toi, mon Michel.
Et cet emballage les aïeux! On sent le soin apporté à chaque détail graphique : palette de couleurs, bestiaire, animations, ... Les musiques ne sont pas en reste, nourries de clins d'œil (on reconnaît avec joie l'esprit Nobuo Uematsu ou Koji Kondo) tout en restant originales et mélodieuses. Intense et soigné, oui mon Michel. (Je synthétise encore pour toi. Tu as vu comme je suis gentil ?)
Voilà, Evoland aurait pu être un amalgame grotesque de références, mais il n'en est rien. Grâce à une ambiance chaleureuse et à son amour apporté aux détails, il dégage une vraie personnalité.
Et ceux qui hurlent pour le prix : 10€. 6h. Bonheur. Banco. (Soldes Steam ? Double Banco.)
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