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Ce n’est pas la première fois que je joue à Fallout 4. Sorti en 2015 (oui, déjà plus de dix ans !), je l’avais littéralement poncé à sa sortie et j’en gardais un souvenir exceptionnel. À l’époque, j’avais été happé par son univers, son ambiance, et cette sensation grisante de liberté totale dans un monde ravagé.
Dix ans plus tard, j’ai décidé d’y replonger sur PS5. 61 heures de jeu plus tard… et le constat est plus mitigé.
Attention, le jeu n’est pas mauvais en soi. Les premières heures sont même excellentes. On est lâché dans ce Commonwealth post-apocalyptique fascinant, rempli de lieux à explorer, de bâtiments à fouiller, de coffres à crocheter, de quêtes annexes à enchaîner. L’atmosphère fonctionne toujours aussi bien : la direction artistique, les musiques, les ruines envahies par la végétation… tout ça reste incroyablement immersif.
Mais très vite, la magie s’estompe.
On commence à ressentir une forme de répétition constante. On explore une base ennemie, on vide les lieux, on récupère du loot… pour finalement tomber sur un énième pistolet bricolé qu’on possède déjà en dix exemplaires. Le système d’armes modulables est une bonne idée sur le papier, mais dans les faits, il donne surtout l’impression de recycler en permanence les mêmes modèles avec quelques variations. La sensation de récompense s’émousse rapidement.
Le craft, justement, n’est pas aussi abouti qu’on voudrait le croire. Sur le moment, modifier ses armes ou construire ses colonies paraît profond et engageant. Mais plus on avance, plus on se rend compte que la collecte de ressources devient une corvée. Ramasser des ventilateurs, des plaques d’aluminium ou des morceaux de bois à longueur de session finit par casser le rythme. On passe parfois plus de temps à gérer son inventaire qu’à vivre l’aventure. À tel point que le fameux bug de duplication paraît presque tentant, tant il allège une mécanique devenue fastidieuse.
Et puis il y a la structure des quêtes. Beaucoup d’entre elles reposent sur le même schéma : aller à un endroit, éliminer des ennemis, récupérer un objet, revenir voir le donneur de quête. Encore et encore. Certaines quêtes secondaires sont mémorables, mais elles sont noyées dans une masse de missions génériques qui finissent par diluer l’intérêt global.
Le système de colonies, qui devait être une grande nouveauté, souffre du même problème. Sur le principe, construire et gérer des communautés dans un monde post-apo est une idée brillante. En pratique, cela devient vite répétitif, mal expliqué, et parfois frustrant. Les attaques aléatoires, la gestion du bonheur, la défense… tout cela manque de profondeur stratégique et donne plutôt l’impression d’un mini-jeu un peu forcé.
Même le scénario principal, que j’avais trouvé prenant à l’époque, m’a semblé cette fois plus linéaire et moins marquant. Les dialogues, pourtant nombreux, manquent parfois de nuances, et le système de choix paraît moins impactant qu’il ne le laisse croire. On a l’illusion de décider, mais les conséquences restent souvent limitées.
En réalité, rejouer à Fallout 4 aujourd’hui met en lumière ses défauts : une boucle de gameplay répétitive, un loot peu gratifiant, un craft chronophage, et une structure de quêtes qui manque de variété. Ce qui semblait immense et révolutionnaire en 2015 paraît aujourd’hui plus mécanique, presque daté dans sa conception.
Et pourtant… il y a toujours quelque chose qui fonctionne. L’univers reste attachant, certaines rencontres sont marquantes, et l’exploration conserve un charme indéniable. Mais cette fois, la nostalgie n’a pas suffi à masquer les longueurs.
Fallout 4 reste un bon jeu. Mais il n’est peut-être plus le grand jeu que j’avais idéalisé dans mes souvenirs. Parfois, ce ne sont pas les jeux qui changent. C’est notre regard sur eux.
Créée
le 26 févr. 2026
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