Voilà maintenant plusieurs années, depuis la génération PS3 / Xbox 360 pour être précis, que FIFA est annoncé comme le grand messie de la simulation de football. Achat obligatoire pour beaucoup de joueurs en quête du fil rouge de leurs soirées gaming, le marronnier d’Electronic Arts avance saison après saison par petites touches. Attention toutefois au dribble de trop.
Avant d’attaquer ce FIFA 15, la tension est palpable. Non pas que les attentes soient à la déception pour ce nouvel opus, mais force est de constater que, dans un marché où la concurrence fut un temps impitoyable, FIFA n’est plus seul dans son monde. Même si pour diverses raisons, PES ne pointera le bout de son nez qu’à la mi-novembre, l’édition 2015 de la maison Konami a fait écho de belles promesses qui tirent le rival vers le haut – si tant est que la version finale soit à la hauteur des previews. En 2015 plus que jamais, FIFA se doit d’être techniquement impeccable.
LA RÉALISATION, PRESQUE TOUT BON
Seules quelques minutes ont été nécessaires pour être conquis. À peine notre premier Chelsea-Arsenal lancé dans des conditions idéales à Stamford Bridge que notre constat est sans appel : graphiquement, EA Sports continue sur sa lancée et réalise une nouvelle prestation très convaincante. Lorsque l’on prend du recul sur le game et que l’on fait l’effort de se poser en spectateur, on est rapidement bluffé par le nombre de petits détails fourmillant aux quatre coins de la pelouse et qui animent la rencontre. L’herbe se dégrade en temps réel, les joueurs se parlent, le public adverse hue les visiteurs, sans compter un nombre significatif d’animations rapprochant l’expérience générale d’un clean sheet.
La petite cerise sur ce gâteau déjà bien fourni, c’est que le tout est accompagné des habillages officiels de la Barclays Premier League avec qui EA a signé un partenariat exclusif. Franchement, en bon amoureux de football british, on ne peut qu’être convaincu par tant d’immersion. Faire une carrière dans le championnat anglais en sillonnant les 20 stades des clubs de BPL relève du fantasme absolu mais rendu désormais possible par la troupe de la firme canadienne. À noter tout de même en termes de contenu la disparition du championnat brésilien, au profit de la Süper Lig turque qui fait quant à elle son apparition. Aussi, davantage de stades sont désormais modélisés depuis l’extérieur de l’enceinte, à l’instar de l’Emirates Stadium, alors que certains ont complètement disparu durant l’intersaison, comme le Vélodrome de l’Olympique de Marseille.
DÉSÉQUILIBRÉ, COMME LE GAMEPLAY
Manettes en main, pourtant, les bonnes sensations se font attendre. Il semble que les développeurs de Vancouver aient trop voulu accélérer le rythme du jeu, rendant à notre goût l’opus 2015 beaucoup trop rapide. Les joueurs se déplacent bien trop vite et les notions de bloc équipe ou de construction perdent trop rapidement leur sens au sein d’un brouhahas généralisé. Les contre-attaques se révèlent trop efficaces, au même titre que les dribbles qui acquièrent une importance démesurée par rapport à leur rôle dans de véritables rencontres.
Heureusement, un rapide passage par les paramètres du jeu permet d’inverser complètement la tendance. Notre astuce ? Opérer le passage de la vitesse de jeu du mode « normal » à « lent ». Immédiatement, le gouffre se révèle abyssal. Les phases de jeu sont largement plus intéressantes et réfléchies, la vitesse des attaquants moins salvatrice et l’équilibre général de la partie fait un bond en avant en termes de réalisme. Après plusieurs matches, le retour en arrière apparaît impossible, au risque de se morfondre devant la médiocrité globale du gameplay avec ses paramètres de base.
STATU QUO DANS LES MODES DE JEU
Avec toutes les fonctionnalités ajoutées directement dans le gameplay, peu de place est finalement laissée à de nouveaux modes de jeu. Nous retrouvons tous les éléments qui font le succès des différents appétits des joueurs presque tels quels. Au rayon « on ne change pas une équipe qui gagne », les modes Carrière, Deviens Pro et Online ne changent pas d’un iota ou presque. Le mode en ligne de Deviens Pro est un tantinet moins déséquilibré que par le passé, le Online s’enrichit d’une fonction de matchmaking instantané à la fin d’une rencontre, et c’est à peu près tout.
Même conservation de structure pour FIFA Ultimate Team, avec un sus deux nouveautés : la possibilité de faire des saisons amicales avec vos amis, histoire de conserver une trace de ce fameux 8-0 infligé un soir d’hiver, ainsi que de recruter quelques superstars sous la forme de prêt. Cette dernière option peut sembler une bonne idée sur le papier, mais requiert quand même une bonne dose de crédits pour un plaisir de courte durée.
La journée en direct connaît elle une refonte presque totale pour suivre son club de cœur match après match de championnat. Au programme, quelques infos fraîches (proposées grâce au partenariat avec goal.com) et la possibilité de jouer chaque confrontation suivant la journée. Rien de bien transcendant, mais le clin d’œil est louable. Les adeptes de la stabilité seront donc ravis, l’élasticité de chaque mode permet leur rentabilité quel que soit le type de joueur concerné, mais une plus forte implication du joueur dans les modes solo, un peu à la NBA 2K, n’aurait pas été de refus.
Un avertissement. Voilà à quoi pourraient ressembler les nombreuses critiques émises par la communauté depuis la sortie de FIFA 15 en septembre dernier. Après plusieurs opus d’une indéniable qualité, voilà qu’EA donne l’impression cette année de stagner en tête du classement sans trop de motivation pour améliorer ses performances. Sauf que le rival PES devrait sonner prochainement son grand retour dans le milieu du football virtuel. On dit souvent que la concurrence galvanise les troupes. Reste désormais à savoir si les développeurs de chez EA ont les épaules assez larges pour s’affirmer de nouveau comme la référence absolue, au risque d’être relégué de force sur le banc de touche par un rival de longue date revenu de CFA avec toute la bonne volonté du monde.
Critique à retrouver sur hypesoul.com