Final Fantasy Type-0
6.6
Final Fantasy Type-0

Jeu de Square Enix (2011PSP)

Je pense que pour Type-0, une réaction à chaud s’impose, c’est le genre de jeu sur lequel on doit réussir à expliquer précisément ce qu’on ressent dessus en sortant de sa fin… Même si c’est un exercice compliqué.

Je ressors… un peu troublé de ce Type-0. Troublé pour de bonnes raisons néanmoins. Loin de moi l’idée que le jeu soit mauvais ou qu’il ait raté le coche. Je le dis d’ores et déjà, Final Fantasy Type-0 est un excellent jeu, qui a le rang d’un FF numéroté. Alors pourquoi suis-je aussi troublé, et même un peu perdu ? Je tente de mettre des mots sur cette sensation… Type-0 traite de la guerre, et il le fait bien. Il a réussi à me prendre aux tripes. Oh, ça n’a pas été fait instantanément. En jeu, tout le long de ma partie, habitué à la banalité de la violence de cette guerre, abreuvé par ces images, je ne ressentais rien. Mais en me réveillant ce matin, toute l’horreur, toute la puissances des images glanées par le jeu m’ont rattrapé, à retardement, et font que je suis tiraillé. Et pour cela, Type-0 est une réussite.

Je pense ne pas pouvoir le cacher : l’ambiance de Type-0 est excellente. Du début à la fin, le jeu ne se perd pas, il nous met dans un contexte de guerre et d’horreurs banalisées avec justesse et virtuosité. Le jeu est froid, cruel. Et cela se ressent jusque dans son gameplay. Le jeu est méchant avec le joueur, le puni de la moindre erreur, nos personnages tombent comme des mouches. Tout est cohérent. Et même les références à la mythologie Fabula Nova Crystalis s’insèrent parfaitement dans le jeu, compréhensibles contrairement à certaines scènes obscures de FF XIII.

Le jeu nous met aux commandes de la Classe-0, 12 (puis 14) gamins étudiants à l’académie de magie de Rubrum, dans le pays de Suzaku. Des gamins qu’on envoie au casse-pipe, ces derniers répondants aux ordres sans vraiment se questionner, alors qu’évidemment, certains ordres sont discutables. Et ainsi, on se retrouve au beau milieu de la guerre qui déchire Orience, contre Milites, l’empire dirigé par le général Cid Aulstyne, sous l’œil inquiet de Soryuu, le dernier pays. Le scénario du jeu est relativement court. Mais intéressant, et surtout à approfondir avec un NG+ qui dévoile la face cachée du scénario. En revanche, la structure est particulière, un peu déroutante. Les annexes seront principales aussi, car développant l’univers et les caractères de nos héros.

D’ailleurs, avec 14 héros, cela fait 14 gameplay différents. Et joie, aucun clone, tous sont différent ! C’est un véritable plaisir que de chercher quel personnage nous convient le mieux, à apprendre à utiliser chacun d’entre eux, car tous sont utiles. Le gameplay se présente comme une évolution de celui de Crisis Core. Et il le surpasse sans aucun mal, étant fluide, nerveux, rapide et immédiat. La prise en main est un peu délicate au début (surtout à cause d’une caméra parfois totalement à l’ouest), mais le système est plus riche qu’il en a l’air, et permet une bonne marge de progression. Et il faudra vite s’y faire, car Type-0 ne fait pas de cadeau. Dans ce jeu, vous pouvez perdre un personnage en un ou deux coups facilement. Certes, on en a toute une réserve derrière, mais ne vous reposez vous pas là-dessus, le Game Over peut très vite venir. Mais avec une bonne maîtrise, on peut réussir à réaliser quelques petits miracles. Je citerais pour ma part le fait de mettre au tapis des Béhémots LV 55 avec des LV 30.

Oh, mais bien sûr, cela ne vous dit pas à quel point le jeu est méchant. Des ennemis LV 99 se baladent sur la World Map, même non-loin de la zone de départ, on peut vite se perdre dans des zones à trop haut niveau si on ne fait pas attention. Un retour aux sources des premiers Final Fantasy sur ce point-là. Aussi, le lv-up est assez lent, parfois frustrant, malgré la maestria du système de combat. Avec 14 personnages à monter, même en ne se concentrant que sur une poignée, les niveaux montent difficilement. Bien qu’il est vrai, avec de la maîtrise, on peut jouer avec des niveaux assez bas. Mais en ce cas, maîtrisez l’esquive et le système de point faible ! Vous voulez encore une preuve que le jeu n’est pas noob friendly ? Dans une mission, une scène scriptée tue en un seul coup votre personnage contrôlé, comme ça, gratuitement. Cruel. Vous êtes aussi obligé de perdre contre certains boss. Enfin, notons le donjon final, assez dur, mais absolument génial, et magnifique. En revanche, le boss final…

La bande-son est très jolie par contre. Le thème principal du jeu ("What Becomes of Us", ou "We arrived", si on s'en tient à Theathrythm) est génial, mais peut-être un peu trop utilisée. Quoi qu’il en soit, en dehors de quelques musiques mal utilisée, la bande sonore accompagne parfaitement le jeu, avec des contrastes parfois saisissants mais parfaitement maîtrisées. Et pour les nostalgiques, soyez rassuré : vous retrouverez le Prélude et la Victory Fanfare (celle-ci quand on monte de niveau), ainsi que quelques notes du Final Fantasy Theme, intégrées à la chanson thème, « Zéro », composée par Bump of Chicken qui est non seulement belle, mais aussi bien intégrée au jeu.

Enfin, que voulez-vous que je dise de plus ? Le jeu est beau, il est long (40 h pour le scénario), et complet ! Je n’ai pas dût faire 10% d’annexes ! Il regorge de détails et de contenu, un vrai bonheur. Mais il n’est pas parfait, loin de là. J’ai déjà cité la caméra. Et le fait que le jeu déteste presque le joueur déplaira à certain. En revanche, on peut noter quelques autres défauts. Déjà, il faut avouer que les décors se répètent parfois un peu, même s’ils restent jolis, et que certains sont à en pleurer tellement c’est beau. Et ensuite, on trouve les phases de RTS. Pas mauvaises en soi, elles restent simplistes. Et je ne les ai pas aimées. Du tout.

Voilà… Je crois avoir tout dit. Le jeu m’a pris aux tripes. Sa fin m’a secoué, je le dis sans mal, et même en jeu, les plus sensibles pourront peut-être lâcher des larmes. On s’attache à notre petite équipe, à cet univers pourtant terrible. J’espère vraiment qu’il arrivera en occident. Je ne parle pas japonais, pas un mot. Mais Internet m’a permis de m’en sortir, de comprendre la majeur partie de ce qu’on me présentait. Mais jamais ça ne remplacera une compréhension complète. Ce serait dommage qu’il ne nous arrive pas. Car c’est vraiment un excellent jeu, malgré ses quelques défauts. Atypique pour un Final Fantasy. Mais j’ai passé de superbes heures dessus, et il va me falloir un peu de temps pour intégrer les sensations qu’il m’a transmis.

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le 18 mars 2013

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Nivarea

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