"Récemment", j'ai acheté la compilation des Pixels Remasters. L'occasion pour moi de jouer, finir, voir découvrir certains des jeux précurseurs à la saga bien connue des Final Fantasy. Après avoir fini le premier du nom, suivi du sixième (dont honte à moi, je n'ai pas même écrit de critiques), je me suis essayé au cinquième épisode.
Étrangement, FFV a toujours été l'un de ces épisodes que j'évitais. J'avais déjà joué au 4e, au 6e, mais la seule fois où j'avais mis mes mains dessus, j'avais été rébuté, notamment à l'idée qu'il n'y ait que quatre personnages. Comparé aux deux autres qui comportaient une myriade de personnages, dont jouer un Mog, le faible casting du 4 me semblait bien fade. Mais passé la trentaine, et ayant la compilation en main, je me suis laissé tenter à découvrir l'univers de cet épisode.
Beaucoup de choses sont à dire. Beaucoup de gens et de critiques évoquent l'excellent système de "jobs", ces métiers à développer, tous très variés, qui permettent de changer le style de combat de votre personnage. Au début limité, voir lent à faire évoluer (chaque job dispose d'un certain nombre de niveaux qui nécessitent un certain nombre de combats pour augmenter), il arrive un point dans le jeu où il devient plus aisé, voir naturel, d'acquérir une majorité de jobs. Les Pixels Remaster offrant l'option "combat rapide", le fait de "farmer" n'est plus une corvée et nous obtenons bien vite un personnage multi-tâches et capable de s'adapter à toutes les situations. Le système de "jobs", oui, fait partie intégrante du fun.
L'histoire quand à elle, est encore proche de ces scénarios des Final Fantasy à l'ancienne. Une menace silencieuse s'élève sur le royaume, et nos personnages se retrouvent à lutter contre un maitre du mal et son désir d'anéantir le monde. Le classique et manichéen du Bien contre le Mal où les agissements du méchant ne se limitent qu'à "JE SUIS MECHANT !". J'ai eu le sentiment que l'histoire du 4 était plus poussée, et au final, je sens véritablement que ce n'est qu'à partir du 6 que les scénarios de ces RPGs se sont nettement approfondis. FF5 dispose néanmoins de ses moments, faisant varier les situations du cocasse au dramatique jusqu'à l'apocalyptique. Il révèle également certains retournements de situations inattendus et bienvenus.
Non, ce qui m'a frappé dans cet épisode, et qui m'a paru être son point caractéristique, c'est sa légèreté. Tous les épisodes de FF auquel j'ai joué m'ont habitué à des personnages plongés constamment dans le drama et la permanente remise en question de leur existence. Des lignes et des lignes de "qui suis-je", "où vais-je", "que fais-je" encore et encore et encore. Chose auquel je ne me plains guère. L'écriture de ces personnages ayant toujours été soignée et profondément intéressante. Mais les personnages de FF5 se souligne eux par leur joie de vivre. Qu'importe les épreuves et les tragédies qu'ils affrontent, leur petit groupe soudé les aide à relever la tête et retrouver leur optimisme. Au final, le petit cast de personnage jouable (accompagné de protagonistes réguliers) devient vite un groupe d'amis sur lequel on peut compter. Leur petit nombre fait qu'ils ne peuvent dépendre que d'eux-mêmes, remplaçant ainsi la quantité par la qualité de leur lien. FF5 est au final, l'un des épisodes les plus lumineux à mes yeux (normal, vu que nous contrôlons les "guerriers de la lumière").
Niveau difficulté, le jeu apporte juste le challenge nécessaire. La majorité du temps, l'on remercie la présence des "sauvegardes rapides" tant il est aisé, par malchance, de tomber sur des ennemis aléatoires qui auront su avoir raison de votre fine équipe. Bien sur, un peu de farming permet vite d'inverser la tendance - preuve étant, ayant souhaité me préparer au combat final, il s'est avéré que j'avais un poil trop entrainé mes personnages. Mon combat épique final s'est vite retrouvé en un massacre unilatéral d'une minute contre mon pauvre Seigneur du mal. Au final, et heureusement, j'ai trouvé un véritable challenge peu de temps avant le rencontrer, alors que ma route m'a conduit contre l'un des boss optionnels les plus difficiles de mon expérience (assez pour faire pâlir l'Arme Emeraude et Rubis de FF7, pour ceux qui savent).
Au final, FF5 était une expérience fabuleuse qui m'aura tenu un sacré bout de temps. Je suis ravi d'avoir découvert cet épisode si trop peu référé par les fans du genre, ombragé par son successeur. Si l'idée de découvrir une aventure fantastique, pas trop longue mais prenante et sans prise de têtes, et d'avoir envie de tenter toutes les combinaisons du système de "jobs", alors cet épisode est fait pour vous !