J’ai d’abord terminé le jeu sur PC avant de le faire une seconde fois sur Switch 2. Comme pour Rebirth, la Switch 2 a eu pour moi l’avantage de l’objet intime, permettant de porter au creux de la main les espoirs et les interrogations de nos personnages.

Alors oui, le jeu est un long couloir, avec des flèches bizarres par moments pour sauter un précipice ou se faufiler entre deux pans de mur.

Alors oui le jeu n’est que le début d’un jeu, n’est que la partie la plus petite d’un tout.

Mais cette petite partie du tout, ce long couloir, cette expérience linéaire, c’est ce qui fait la grandeur du jeu : à partir du long plan séquence ouvrant le jeu sur Midgar et se centrant sur Cloud, on sera avec les personnages, fixé sur eux, on regardera Aerith avec les yeux de Cloud comme Chimène regarde Rodrigue, on bougonnera avec Barret et on tremblera avec Avalanche, confondu devant tant de naïveté mais conquis par tant de fraîcheur malgré la grande machine hollywoodienne et le grand spectacle qui nous est offert.

Il y a bien des défauts, des quêtes annexes superfétatoires, des aller-retours un peu répétés, des passages un peu longuets, mais le jeu se tient par sa cohérence, par la tension dramatique qu’il installe et qu’il ne lâche pas : est-ce juste de faire sauter le réacteur ? Le plateau va-t-il tomber ? Et les méchants sont savoureux, savoureusement caricaturaux mais rehaussés par de sublimes musiques réorchestrées a l’occasion de ce remake.

Parce que la musique fait beaucoup. On croit décrocher et on entend en fond le leitmotiv de la marchande de fleurs, alors on fond et on repart comme on avait commencé, conscient que c’est un peu artificiel mais que ça marche, malgré tout.

Il faut aimer les couloirs, mais les couloirs qui ressemblent à une vie, tendue, musicale et trépidante comme le sont les combats qui parsèment les niveaux : un système de « choc » qui fonctionne à merveille, des materias plutôt utiles et des capacités toujours renouvelés. Pas de quoi regretter le tour par tour des anciens Final Fantasy.

Même le DLC, dispensable pourtant, propose une petite intrigue et introduit Yuffie, amusante et irritante, virevoltante et incapable de gravité.

Pour certains, la nostalgie du premier FF7 les empêchera d’aimer celui-ci ; pour moi dont c’était le premier Final Fantasy, c’est une porte d’entrée magistrale dans un jeu mêlant narration et gameplay avec virtuosité.

Nathan-Adler
9
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il y a 2 jours

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