(Contenant spoilers)


Disclaimer

  • J'ai plus écrit ce texte comme un commentaire de tout ce que j'ai pensé du jeu en faisant une synthèse de mes notes plutôt qu'une critique construite. C'est ce que j'ai fait pour tous les autres Final Fantasy mais vu que le texte était un poil trop long pour rentrer dans un commentaire de liste SensCritique, je me suis dit que j'allais directement le poster en tant que critique pour ne pas le perdre.
  • C'est la première fois que je fais ce jeu et nous sommes en 2026. J'ai joué sur émulateur PS1.
  • Lien vers mes autres commentaires des jeux Final Fantasy : https://www.senscritique.com/top/les_meilleurs_jeux_final_fantasy/4107265

Les Gardens sont des académies militaires indépendantes qui forment des mercenaires dès le plus jeune âge. Celle installée à Balamb, la BGU, va être au centre de différents conflits entre nations. On y incarne Squall, un jeune SeeD formé au combat mais émotionnellement fermé. Il sera chargé, avec ses camarades, d'exécuter des missions de plus en plus importantes. C’est un protagoniste introverti, distant et presque antipathique au départ. Il n’a pas d’ambition propre ou de rêve spécifique, seulement une volonté de suivre les règles et d’avancer sans s’attacher. Très tôt, il a connu la perte et l’abandon et a compris à quel point aimer quelqu’un pouvait être douloureux.


Les événements du jeu vont pourtant le placer face à tout ce qu’il fuit et vont le forcer à grandir. On le voit douter, se replier sur lui-même, ses monologues intérieurs, très présents, nous dépeignent un personnage en construction, perdu, qui ne sait pas ce qu’il doit être ni ce qu’on attend de lui. L’annonce de la mort de Seifer est l’un des premiers chocs importants. Plus que la disparition, c’est la manière dont les autres en parlent qui le bouleverse.


« C’est donc comme ça qu’on parlera de moi quand je serai mort ? »


À partir de là naît chez Squall un besoin viscéral de survivre, de ne pas disparaître sans laisser de trace.

Les bouleversements géopolitiques le placeront aussi face à un dilemme moral : rester loyal envers Cid Kramer, son proviseur qui l’a toujours soutenu ou suivre les règles établies en suivant une hiérarchie (les Templiers, NORG) qui est prête à se soumettre à une sorcière tyrannique. Squall doit décider par lui-même, pour la première fois, sans aucun cadre et ce poids se renforce lorsqu’il est nommé chef. D’abord de son escouade puis commandant de la BGU tout entière, et ce, malgré lui. Il devient naturellement un leader aux yeux des autres sans jamais vraiment l’accepter lui-même.


Son plus grand axe d’évolution est évidemment l’acceptation de ses émotions. Sa relation avec Linoa est centrale, elle agit comme un miroir opposé : expressive, spontanée et capricieuse. Elle le force petit à petit à s’ouvrir sans qu’on ne s'en rende compte. C’est lorsqu’il réalise qu’il va la perdre que tout bascule. La scène dans l’espace est à ce titre l’un des moments les plus marquants du jeu : longue, silencieuse, presque étouffante, elle est tragiquement belle et sert de véritable déclic émotionnel pour Squall.


Malgré ces réussites, FFVIII souffre de nombreux problèmes. La narration est très fragilisée par de mauvaises traductions qui nuisent à la compréhension et à l’immersion. L’éclaircissement autour d’Edea, de Cid et des orphelins est expédié de manière abrupte. Le concept des sorcières successives, Abel et de la compression du temps est mal introduit et n’apporte que peu d’enjeux émotionnels. L’idée pourtant brillante selon laquelle l’utilisation des G-Forces dégraderait progressivement les souvenirs n’est jamais approfondie. De plus, les personnages secondaires sont très peu développés voire pas du tout ce qui pêche en comparaison avec de précédents opus.


Niveau gameplay, le système de magie est basé sur du stockage de sorts qu’on peut associer à nos stats par “Junction”. Le leveling est classique mais la difficulté des monstres scale avec notre niveau moyen. Il décourage les combats, le grind, l’exploration des zones, la découverte des monstres et donc l'appréciation des musiques. Autant de contresens pour le genre malgré le lot de theorycraft que ça apporte, c’est un peu dommage. On se retrouve davantage à farmer le Triple Triad, un jeu de cartes, pour obtenir les ressources dont on a besoin qu'à combattre des monstres...


L’ambiance du jeu et sa mise en scène sont, en revanche, très réussies, les cinématiques sont impressionnantes comparées à son prédécesseur et plusieurs moments surprennent réellement, comme la mort d’Odin qui détourne une mécanique habituellement automatique ou la scène dans l’espace qui est juste une leçon cinématographique. La bande-son est globalement très marquante même si certains choix musicaux, notamment lors de la station spatiale ou du combat final sont plus discutables.


Final Fantasy VIII est imparfait, parfois maladroit et dur à prendre en main mais ose aborder des thèmes introspectifs familiers à tous mais rarement explorés dans le monde du jeu vidéo. La peur de grandir, l’oubli progressif de l’enfance, le passage à l’âge adulte marqué par la fin des études et le poids des responsabilités qui nous incombent. C'est un épisode atypique qui divise, mais dont les qualités continuent de faire débat plus de vingt ans après sa sortie...


« Il n'y a pas de bon ou de mauvais côté. Juste deux visions différentes des choses. »



EtiennePerceval
7
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le 9 juil. 2026

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