J'ai enfin « terminé » Final Fantasy VIII. Je mets des guillemets sur « terminé » car j'ai une expérience assez proche du post-gaming. J'ai fait le CD1 avec plaisir, le CD2 avec moins de plaisir et quelques combats en mode invincible de la version remaster, le CD3 en x3 tout le temps avec le mode invincible, et le CD4 j'étais évidemment sous-levelé et incapable de comprendre le système de combat, si bien que j'ai fini le jeu en regardant un playthrough sur YouTube. Plus proche du cheat-code rajouté à la truelle que du véritable outil de « Quality of Life », le mode invincible de cette version est une immense balle dans le pied. Et évidemment, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même : toute triche se paie cher à un moment donné.
Si j'ai triché, c'est parce que même en mettant toute la bonne volonté du monde, je n'ai jamais réellement compris les combats de ce jeu. J'ai lu des guides, relu le manuel de base : il y a quelque chose qui n'a pas « clické » chez moi. Je passais mon temps à invoquer les fameuses G-Forces, j'avais l'impression que c'était la manière la plus efficiente de faire des dégâts. Efficiente, sûrement pas, ultra chiant, assurément.
FF8 a été le premier JRPG que j'ai eu entre les mains, mais pas le dernier du genre que je n'ai pas terminé. Je ne me souviens pas de grand-chose si ce n'est avoir été totalement impressionné par ses graphismes et surtout ses cinématiques qui, 27 ans plus tard, sont toujours aussi impressionnantes. Ce qui est incroyable, c'est le fait que le jeu arrive à faire la transition entre la partie gameplay et ses cinématiques qui s'entremêlent de manière fluide. Toujours assez fou.
De manière générale, j'ai adoré le style et l'univers du jeu. Une espèce de monde entre diesel punk et futurisme à la Frutiger Aero que je trouve vraiment original. À l'image de la ville d'Esthar (ma préférée), tout y est ultra lumineux. On est très loin de l'univers de grisaille/rouille de FFVI et FFVII.
Niveau narration : aoutch par contre. Même si la romance Squall/Rinoa est bien faite (la scène dans l'espace est quand même très forte), ça reste très très bancal, avec des personnages (Irvine par exemple) qu'on a vite envie d'oublier. Je trouve qu'il manque un·e vrai·e méchant·e.
Je ne regrette pas d'avoir quand même voulu voir la fin du jeu, qui tombe dans une sorte de psychédélisme totalement fou. J'avais vraiment l'impression d'être dans une sorte de film expérimental étrange.
Je peux difficilement le recommander tant ses défauts — les combats et l'histoire n'étant pas terribles — pèsent lourd dans les qualités que l'on attend d'un JRPG. Pour moi, me replonger dans ce monde « cool » du début des années 2000 m'a vraiment fait plaisir.
Par contre, je fais une bonne pause de FF pendant un moment, je n'ai pas envie de commencer FFIX en burn-out.