Des maisons d'apparence austère, mais densément remplies

Critique après avoir effectué deux routes parmi les quatre possibles (et sans compter la partie DLC), pour un temps de jeu avoisinant les 140 heures (oui c'est long, et c'est à peine la moitié).

Ce Fire Emblem est mon second, après l'excellent Awakening (qui a ses détracteurs, pour diverses raisons entendables, mais qui m'avait beaucoup plu à l'époque). Three Houses est un mastodonte, très addictif, bien qu'un peu lourd à digérer.

  • Concernant l'histoire et le déroulement du jeu

Le jeu prend le pari de proposer une trame commune dans sa première partie, avant de différer suite à un événement scénaristique particulier. Le jeu adopte donc une structure d'arbre à scénarios (j'invente ce concept à l'arrache, ne pas taper), nécessitant de refaire le jeu plusieurs fois pour goûter à l'ensemble de l'aventure.

Le défaut intrinsèque étant que la première partie du jeu sera mécaniquement la même pour tous. Néanmoins, les lignes de dialogues varient (avec certains détails scénaristiques spécifiques à chaque route), et, surtout, on joue avec d'autres personnages, qui ont tous leurs spécificités (même si on peut faire des rapprochements entre les persos de chacune des autres classes).

Au-delà de ça, il est indéniable que FE3H est d'une générosité folle, car il faudra de très nombreuses dizaines d'heures (pour ne pas dire "centaines") pour le finir intégralement (sans même compter le DLC). On pourra tout de même se contenter de ne finir qu'une seule des routes, ce qui sera satisfaisant, mais un peu frustrant : il nous manquera en effet la vision globale de l'ensemble de l'histoire.

Sur mes deux runs effectuées (environ 140 heures), je peux dire que l'histoire m'a satisfait, même si je reste frustré de ne pas avoir le fin mot sur certains éléments (ce qui sera le cas une fois les autres routes effectuées). Ce qui est plaisant dans cet opus, c'est qu'on prend parti pour une "maison" (constituée d'un étudiant "chef / noble", qui sera le coéquipier principal de notre aventure), rivale des autres clans. Le jeu joue là-dessus pour présenter des antagonismes aux légitimités compréhensibles, pour un ensemble assez gris et non manichéen (en tout cas pour l'histoire principale, car la plupart des persos restent sur des positions assez "simples").

  • Concernant le gameplay

Le cœur du jeu est centré sur les batailles, qui sont très réussies. J'ai assez peu d'éléments de comparaison avec les autres jeux de la série (hormis Awakening, même si j'en ai un souvenir lointain), mais je vais quand même en parler.

J'ai choisi de jouer en mode classique (permadeath) et en difficile. La difficulté est assez bien dosée. En tant que tactical-RPG, le jeu vous demande de bien analyser la position de vos personnages ainsi que celle de vos adversaires. Egalement la topographie des cartes, avec les éléments facilitateurs ou bloquants. Tout cela est maîtrisé. Par exemple, il faut faire avancer prudemment ses unités, oser parfois les exposer aux ennemis pour pouvoir ensuite contrattaquer de manière efficace. Avancer imprudemment se paie généralement cher, avec la perte rapide d'une unité. Un mécanisme de remontée dans le temps (justifié scénaristiquement, ouf) est là pour compenser cette difficulté, avec un nombre d'utilisations limité. On peut donc se permettre de prendre quelques risques, histoire de tâter le terrain.

Plusieurs nouveautés sont associées à cet opus. Tout d'abord, le triangle des armes a disparu, pour laisser place à un système plus subtil qui permet (il me semble) plus de souplesse (à noter que ce système est revenu dans l'épisode suivant). Par ailleurs, nous avons pour la première fois dans la série la possibilité de combattre des monstres, plus résistants que les adversaires classiques. Pour les occire efficacement, il est utile de les "breaker", en détruisant leur armure intégralement, et les rendant de fait beaucoup plus sensibles à nos attaques : un système intelligent (Intelligent Systems, tu l'as ? merci également à Koei Tecmo) et bien foutu. Enfin, nous pouvons recruter des escouades, qui nous assisteront en combat. Leurs techniques sont utiles à différents égards (attaque ou soutien) et permettent de varier le panel d'attaques de nos persos : on peut par exemple attaquer sans contrattaque derrière, ou bien breaker efficacement les monstres (pour faire écho au point précédent).

(il est possible que cet opus présente d'autres nouveautés, la liste ci-dessus n'est pas nécessairement exhaustive)

Lors de ma première partie, en suivant la route d'Edelgard (jusqu'à la fin), j'ai galéré sur certains niveaux, tout particulièrement les derniers. Ma seconde partie avec Dimitri était globalement plus simple, de par l'expérience acquise, ainsi que la meilleure gestion de mon temps libre à côté.

Transition toute trouvée pour parler de la spécificité de cet opus, à savoir son calendrier, et la gestion qui y est associée.

En effet, le jeu prend le parti de faire avancer l'histoire via une grosse mission par mois. Le reste du temps, nous avons la possibilité de nous balader dans un monastère (où notre personnage donne des cours aux étudiants, qui sont les autres personnages jouables) pour y effectuer plusieurs activités. Celles-ci contribuent à différentes statistiques, ce qui permet d'améliorer les affinités entre personnages, ou de monter progressivement leurs compétences (entre autres).

Le rythme du jeu lors de ces phases est bancal. Certaines tâches paraissent répétitives une fois la découverte passée, notamment le fait de discuter avec l'ensemble des personnages, ce qui prend des plombes à chaque fois. Ne parlons pas des dialogues de soutien, qui permettent d'améliorer les affinités entre personnages (nécessaire à la dimension dating sim du jeu, mais également en combat lorsque les unités sont proches sur le terrain). Ils sont bien doublés certes, et parfois sympathiques. Mais leur trop grand nombre finit par les rendre rébarbatifs. Malgré ce problème de rythme, les balades dans le monastère restent sympathiques et permettent de souffler entre deux batailles.

Le reste du temps, on donnera des cours aux élèves, où on choisira quelles compétences ceux-ci vont explorer (avec pour objectif des changements de classe d'unité, pour les rendre de plus en plus forts et spécialisés). Il est également possible de suivre des séminaires, ce qui augmentera fortement certaines compétences. Cela reste une option difficile à bien gérer, et qui paraît moins intéressante que le reste.

On peut enfin continuer à se battre, car il n'y a pas que la mission principale dans la vie ! Différentes escarmouches nous seront proposées, certaines faisant office de quêtes annexes, avec un déroulement scénaristique associé à un ou plusieurs personnages.

En résumé, le système de calendrier est une très bonne idée, originale de surcroît. Dommage que le rythme du jeu en pâtisse légèrement.

  • Un point sur le reste

La technique du jeu est en deçà de ce qu'on peut attendre, même sur Switch. Les décors de bataille sont assez sommaires, et il y a pas mal d'aliasing, notamment sur les personnages. La DA est tout de même réussie et rattrape l'ensemble, d'autant plus que le contenu du jeu, extrêmement riche, nous fait vite oublier ce détail.

La musique est très réussie également, même si j'aurais aimé plus de thèmes, et notamment d'ambiance pour le monastère, ce qui aurait évité la lassitude d'écoute (souvent associée à une musique répétée dans un lieu qu'on est amené à visiter régulièrement).

Dernier petit rappel sur la durée de vie, colossale. Je conseille d'étaler vos runs dans le temps pour éviter le trop-plein qui pourrait se ressentir.

  • En conclusion

Le jeu est énorme. Ok, le rythme est hachuré, ok la technique est faillible. Et ok, si vous n'aimez pas le dating sim, vous pourrez un peu rager. Mais à côté de ça, c'est du caviar. Cela vous prendra du temps pour en faire le tour (beaucoup, beaucoup de temps). Même moi qui ai l'habitude de finir mes jeux plus ou moins à 100% avant d'en faire une critique, je fais ici une exception (je mettrai à jour cette critique un de ces 4, donc). Mais il fallait que je ponde ce texte (assez mal structuré), pour dire tout le bien que je pense de Fire Emblem: Three Houses.


EDIT de la critique suite à la réalisation d'une 3ème Run (avec la maison des Cerfs), en NG+ Difficulté Expert


Il fallait bien que je revienne un de ces 4 sur ce jeu, pour avoir une vision d'ensemble du scénario en jouant la dernière maison non faite. Prenant mon courage à 2 mains, j'ai tenté la difficulté Expert, tout en me protégeant légèrement en bénéficiant des avantages du NG+.


Si pas mal de missions se font plutôt bien en mode Expert, il y a ponctuellement des murs de difficulté à passer. La plupart du temps, il va falloir avancer ultra prudemment, pour éviter de se faire "one-shot". Sachant par ailleurs que certains ennemis apparaissent ponctuellement par surprise et attaquent directement, ce qui rajoute une couche d'imprévisibilité (et de difficulté) à l'ensemble. Ces niveaux-là sont ardus, et donnent parfois envie d'arrêter de jouer. Mais avec une bonne dose de patience, on finit par les avoir, et la satisfaction ressentie n'en est que plus grande. Je note toutefois que je n'ai pas eu le courage de recommencer depuis le début la mission finale, et ai décidé de sacrifier certains personnages à la toute fin, afin de battre le boss de fin (ce qui m'a donc amené à une conclusion douce-amère, m'étant bien attaché aux persos morts au combat).


Au niveau des défauts qui ressortent sur cette 3ème run, je note qu'en Expert, il est recommandé de faire pas mal de combats afin de monter en niveau et ne pas se faire distancer. Ce qui crée une certaine redondance, pas mal de batailles se déroulant sur les mêmes maps. Redondance également ressentie lors des phases de balade dans le monastère, qui se résument toujours à un enchaînement de dialogues, et la réalisation de certaines tâches précises (même si je nuancerais en disant qu'une bonne gestion implique de bien réfléchir aux points d'action que l'on souhaite dépenser).


Bref, cette run Expert m'a globalement très satisfait, notamment pour sa difficulté relevée (malgré un équilibrage douteux). Même si le rythme du jeu est toujours inégal, notamment pour les redondances que j'ai évoquées.


Bon, maintenant, il me reste le DLC, ainsi que la 4ème route (puisque le scénario des Aigles se découpe en 2). Mais ce sera pour plus tard.

joseaxe9
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Créée

le 29 mars 2023

Modifiée

le 7 janv. 2026

Critique lue 22 fois

Jojo's Jar

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