Le jeu vidéo est un art et certains concepteurs veulent pousser les potards au max, voulant ainsi créer de réelles œuvres d’art interactives. Si la dénomination d’œuvre d’art reste libre à chacun, c’est en tout cas l’objectif de Jenova Chen et son équipe. Présenté comme la suite de Flow, Flower sort en 2009, on y incarne le vent soufflant sur un pétale et on se laisse porter pendant une expérience d’une heure à travers six stages.
Le jeu ne présente aucun dialogue, aucun texte, n’explique rien. L’objectif est implicitement présenté, il faut entrer en contact avec les fleurs alentour. Pour le gameplay, tout est réduit à son minimum. On peut déplacer notre souffle et l’accélérer. Cette simplicité permet de se concentrer sur le ressenti ainsi que l’émotion de l’expérience. Ce premier est très agréable, on se sent libre, c’est grisant de voir notre trainée de pétales s’allonger avec la légèreté qui s’en dégage. Même si des mécaniques viennent diversifier les phases de jeu, j’ai senti une lassitude s’installer au bout d’une vingtaine de minutes. J’admets avoir pesté quand mes pétales peuvent « prendre des dégâts ». Dans les faits, rien de grave si on touche un élément qu'il ne faut pas, mais ça nous est présenté comme une erreur de notre part, alors que la simplicité du gameplay rend le maniement difficilement précis. Les distances sont compliquées à apprécier et on ne peut pas faire demi-tour sans faire un grand tour. La lisibilité est amoindrie à cause des teintes trop proches. Comment suis-je censé voir un élément nocif noir sur un fond noir ? En somme, le premier stage est marquant, car on découvre le concept. Plus on avance, et moins on s’extasie. On peste devant l’injustice du stage 5. On se réveille sur le stage 6.
Bref, Flower est un jeu qui ne coûte pas beaucoup à avoir dans son sac à dos de connaissances vidéoludiques. Il est accessible sur le plan matériel, car facile à faire tourner sur un pc, sur le plan financier, le jeu est tout le temps en promo à 1 ou 2€, d'un point de vue durée, il faut compter une petite heure en ligne droite et pour l'adresse et la dextérité, le maniement est réduit à son strict nécessaire. Cependant, je pense que l’expérience, bien qu’appréciable, est sûrement dépassée à cause de son aura qui la précède. En effet, si on sait déjà à quoi s’attendre, ça ne surprendra pas. En un sens, il est victime de son succès.