Il y a quelque chose d’immédiatement séduisant dans Game Dev Tycoon. Le concept est simple, presque enfantin, mais il touche à un fantasme que beaucoup partagent... Celui de créer ses propres jeux vidéo, de partir d’un petit garage pour bâtir un studio à succès.
Cette progression, très linéaire mais gratifiante, donne un vrai sentiment d’évolution, et la boucle de gameplay. Créer, publier, analyser, recommencer... ça a quelque chose d’addictif. On se laisse facilement happer par ce rythme régulier et satisfaisant, sans jamais avoir besoin d’un manuel ou d’une courbe d’apprentissage trop raide.
Ceci dit, le système de notation des jeux reste l’un des points les plus frustrants.
Il y a une part d’opacité qui finit par entamer le plaisir, on ne comprend pas toujours pourquoi un titre fonctionne, ni pourquoi un autre échoue, comme si les règles du succès étaient volontairement floues. Ce côté aléatoire ajoute une part de réalisme, certes, mais il rend aussi la progression parfois déroutante.
J’y avais passé beaucoup de temps à sa sortie, il y a plus de dix ans et j’avais trouvé fascinant ce mélange d’histoire vidéoludique revisitée et d’incarnation de cette même histoire.
Le problème, c’est que le jeu montre vite ses limites.
Passées quelques heures, on sent poindre la répétition. Il manque ce petit supplément de contenu, DLC, extensions, mécaniques plus profondes, qui aurait pu prolonger la magie. Au bout de cinq ou six heures, on a déjà fait le tour, et la redondance finit par s’installer.
Malgré ça, Game Dev Tycoon reste une belle réussite d’équilibre entre simplicité et profondeur. Ses mécaniques sont assez intelligentes pour donner envie de s’y plonger, sans jamais alourdir l’expérience.
C’est un jeu qui parle à notre curiosité, à notre envie de comprendre comment naît un jeu vidéo, et à ce plaisir presque naïf de créer, encore et encore. Simple, engageant, imparfait, mais toujours attachant.