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Hades 0.5
Ce deuxième opus est tout comme le premier, mais en faisant tout moins bien malgré les 6 ans qui les séparent. Hubs, personnages, zones, bosses, armes, pouvoirs, progression... Le jeu est vite...
le 1 juin 2024
Hadès II (2025) m’a fait revivre le mythe de Sisyphe. Vous savez, l’histoire célèbre issue de la mythologie grecque dans laquelle Sisyphe, fondateur mythique de la ville de Corinthe, est condamné par les Dieux à pousser un rocher au sommet d’une montagne et, une fois parvenu en haut, à le voir dévaler la montagne puis à recommencer éternellement cette tâche épuisante et insensée. Toute proportion gardée bien sûr, mais j’ai eu ce sentiment désagréable en mettant mes vilaines pattes sur ce titre récompensé des titres de meilleur jeu d’action et du meilleur jeu sur Steam Deck de l’année 2025. Pardonnez-moi de ne pas valider ces choix de la presse et de la communauté. Pour moi Hadès II n’a pas la fraîcheur, l’impact et l’originalité du premier opus sorti en 2020. Tout sent le réchauffé dans la dernière production de Supergiant Games. Normal, vous me direz, quand on réalise une suite, mais au point, en ce qui me concerne, de ne même pas avoir envie de terminer l’aventure principale.
Je ne vais pas étaler longtemps le sel de ma déception sur l’entrecôte saignante de vos espoirs, rassurez-vous, mais dès le départ le jeu m’a laissé une désagréable impression. Cela commence par la direction artistique des différents niveaux que l’on explore. Difficile de mettre des mots précis, mais la palette de couleurs, les décors et même le design des monstres que l’on affronte ne me convainquent pas. J’avais dès le départ peu envie de me mettre à fond dans le jeu. Le premier niveau ne me plaît pas, ni le second avec la flotte, et les champs ouverts du troisième monde idem, perte de temps et inintéressant à parcourir. À la limite le dernier niveau avant d’affronter Chronos remonte dans mon estime, mais sinon c’est clairement peu inspiré et relativement moche. Tout est terne, convenu, déjà vu… ça ne fait pas rêver.
Le gameplay, en revanche, reste l’un des gros points forts du jeu. Supergiant Games a conservé la recette qui avait fait le succès du premier opus avec un système de combat précis, réactif et extrêmement satisfaisant. Les coups, les sorts, les ruées et les différentes armes procurent toujours un réel plaisir à manier. Chacun aura ses préférences, mais il faut être honnête : la hache et surtout les crânes sont clairement au-dessus du lot. J’ai d’ailleurs réussi à battre le boss de fin à deux reprises grâce aux crânes, alors qu’avec les autres armes je me faisais complètement démonter. Ils ont aussi amélioré et approfondi plusieurs aspects notamment la variété des armes, ajouté de nouvelles mécaniques de builds avec les variances élémentaires (feu, glace, etc.), et un ressenti global encore plus fluide. Sur ce point, c’est du très bon travail. Le gameplay reste, sans hésiter, l’un des meilleurs du genre roguelike.
Ensuite les affrontements de boss m’ont étrangement tapé sur le système. Pour les néophytes, on parle ici de la colonne vertébrale du jeu. Oui je sais, c’est le principe même du genre d’affronter encore et encore les mêmes boss et de voir son personnage monter en puissance en constatant que le Cerbère de la troisième zone, quasiment intuable les premières heures de jeu, devient une croquette à gober après 30 h. Mais putain, qu’est-ce que c’est chiant et répétitif de te taper les mêmes quatre boss pendant 30, 40, 50, 60h. Qui aime ça franchement ? Le principe est nul à chier. J’avais accepté le principe, déjà contraignant à l’époque, lors de ma découverte d’Hadès premier du nom en 2020, mais six ans après je n’en peux plus. On n’en peut plus de la sorcière du premier monde, des sirènes du deuxième monde, du Cerbère et du Chronos qu’on finit par détruire passé la quarantaine d’heures de jeu. Heureusement qu’un second monde s’ouvre à nous avec l’accès à la surface, mais désolé, cela ne corrige pas le sentiment que j’éprouve depuis le départ, un mélange de lassitude dans la répétition ad nauseam et de désintérêt profond pour ce qui se trame dans Hadès II.
Qui parmi vous lit encore les dialogues après 15 heures de jeu ? J’ai rarement vu une histoire et des enjeux aussi poussifs, ennuyeux et inintéressants. Les développeurs ont littéralement les textes fondateurs de l’histoire de l’Occident entre les mains et ils arrivent à te faire bailler au bout de 15 heures. C’est presque une prouesse. On finit par se moquer complètement de ce que racontent tous ces PNJ quand on rentre au camp après avoir affronté Chronos pour la quatrième fois ou je ne sais quel autre boss. On matraque la touche pour virer ces dialogues mal écrits, balourds et tellement peu engageants.
Vous aimez le progressisme et le wokisme ? Vous allez aimer Hadès II. Le jeu est très inclusif, avec beaucoup de femmes très fortes (comme les hommes, tout pareil), des déesses de l’Olympe avec une carnation bien plus foncée et de l’inclusivité dans les dialogues à base de « iel », sans oublier la possibilité de charmer des partenaires du même sexe. Évidemment, tout ceci est un choix idéologique du studio. Plus de la majorité des personnages du jeu (52 %, boss inclus) sont des femmes ou des personnages féminins, contre 42 % d’hommes et 6 % d’autres/monstres. Ce n’est pas une reproduction neutre et fidèle de la mythologie grecque telle qu’elle était racontée à l’époque, laquelle était largement dominée par des figures masculines. Nous sommes donc face à une réinterprétation contemporaine qui met volontairement en avant des figures féminines, des thèmes de sororité avec les sorcières, de montée en puissance et d’inclusivité. Le studio l’assume d’ailleurs assez ouvertement : il a toujours défendu une vision progressiste des personnages. Bravo à tous… mais moi, ça ne me plaît pas. Non merci madame.
Au final, cette expérience m’a fait prendre conscience que l’aspect aléatoire et procédural des roguelike est bien plus important pour moi que je ne le pensais. Dans la plupart des bons roguelike, chaque run est une nouvelle aventure. En effet, on ne sait jamais quelle arme ou quel build on va obtenir, quels biomes on va traverser, ni quels boss ou événements on va rencontrer. Cette part d’inconnu et de rejouabilité imprévisible est devenue essentielle à mes yeux. À l’inverse, ce que je n’ai vraiment pas supporté dans cet Hadès II, c’est cette sensation de routine qui s’installe très vite avec les mêmes niveaux peu inspirés dans le même ordre, les mêmes boss dans le même ordre, les mêmes dialogues au retour au camp… Cette linéarité déguisée derrière un système roguelike m’a rapidement lassé, alors que c’est précisément l’aspect unique que j’apprécie le plus dans le genre aujourd’hui. Après 40 heures et 40% des succès et à bientôt 40 ans, je rends les armes et quitte le mont Olympe. Je n’ai plus la patience de tourner en rond sur des jeux sans surprise dont on entraperçoit la quasi-totalité de la boucle de gameplay au bout de 10 heures.
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Créée
le 18 avr. 2026
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