Il y a quelque chose de dérangeant à pointer le caractère embryonnaire du gameplay d'un "jeu" qui s'assume totalement dans ce qu'il est. Pour moi c'est une critique à côté de la plaque.
Le jeu est encore plus simpliste que le 1 en terme de mécaniques, le joueur est probablement encore moins autonome, pour autant est ce que c'est un mal ? Vu ce que faisait le 1 dans ses moments de "gameplay", pas forcément.
On a ici un authentique film interactif, pas un compromis ou on vous fait croire que c'est autre chose alors que le gameplay médiocre n'est qu'un prétexte, et c'est tant mieux car j'aime de moins en moins les jeux qui se compromettent. Juste pour ça et pour le spectacle de sons et lumières permanent qu'est le jeu, je mets la moyenne. Pour la première fois, on a vraiment l'impression de jouer à un film, l'expression n'est pas forcée. Le jeu est délicieusement épuré.
Le ton et l'univers font toujours mouche en eux même mais en revanche je trouve que cette suite ne se justifie pas et rétrospectivement démoli le côté symbolique et fantasmé du premier épisode pour quelque chose de beaucoup plus terre à terre en même temps qu'elle fait doublon avec le 1 thématiquement. Idéalement, le 1 n'aurait jamais existé, et on aurait eu un jeu conçu comme le 2, avec les visuels du 2, mais qui raconte l'histoire de Senua telle qu'elle est racontée dans le 1. Car ici je trouve l'histoire peu inspirée, les Furies sont devenues lourdes, le père de Senua est toujours là mais on se demande à quoi il sert, et la fétichisation de l'héroïne tendrait même à virer au ridicule.
Et clairement, si je n'en veux pas au jeu de ne pas avoir essayé de tenter de nouvelles choses en terme de design, le jeu est quand même chiche en moments, ok chaque plan est magnifique en soi, mais on va pas non plus se branler sur la moindre texture de roche, ça ne suffit pas. Surtout quand on fout des passages d'une heure dans une grotte obscure pour gagner du temps et avoir à faire moins d'environnements dans un jeu déjà très court. Le jeu était teasé depuis 5 ans et c'est quand même le gout d'échec qui prédomine à l'arrivée car honnêtement on avait déjà vu l'essentiel en trailer.