Mon histoire avec Hollow Knight est assez particulière.
Il y a deux ans, j’avais commencé le jeu et j’y avais passé environ deux semaines. La première semaine, j’avais vraiment accroché. J’adorais l’ambiance, l’exploration, les combats et surtout cette sensation de découvrir un monde dont je ne comprenais pas encore vraiment l’histoire.
Puis la deuxième semaine a été beaucoup plus compliquée.
Je me suis retrouvé bloqué et, plus je bloquais, moins je prenais de plaisir. J’avais toujours envie d’avancer, mais je ne savais pas forcément où aller, quoi chercher ou comment progresser. Au final, j’ai laissé tomber.
Deux ans plus tard, j’ai décidé de refaire Hollow Knight, mais cette fois en redémarrant complètement le jeu de zéro, avec une idée assez simple : cette fois, je vais le finir.
J’ai aussi décidé de l’aborder différemment. J’ai fait des recherches, j’ai essayé de mieux comprendre son fonctionnement et j’ai méthodisé ma façon de jouer, notamment dans mon exploration et ma progression. Je ne voulais plus simplement avancer au hasard en espérant tomber sur la bonne route.
Et cette fois, j’ai vraiment découvert Hollow Knight.
Avec le recul, je pense que mon premier abandon venait en partie de ma manière d’aborder le jeu. Hollow Knight demande d’accepter de se perdre, de revenir en arrière, de chercher, d’explorer et parfois de mettre un objectif de côté pour aller faire complètement autre chose.
Une fois que j’ai compris ça, l’expérience a été totalement différente.
Hallownest, un monde à découvrir
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la construction de Hallownest.
Le jeu ne nous explique presque rien. On arrive dans un royaume qui semble avoir été abandonné, avec quelques personnages, des ruines et énormément de questions. On avance sans vraiment savoir ce qui s’est passé, et c’est au joueur de reconstituer progressivement l’histoire.
C’est une approche que j’apprécie énormément.
Le jeu donne des indices plutôt que des réponses. Une phrase prononcée par un personnage, un élément du décor, une inscription ou simplement l’apparence d’un lieu peuvent prendre un tout autre sens plusieurs heures plus tard.
Plus on avance, plus on comprend que Hallownest possède une histoire extrêmement riche.
Le Roi Pâle, les Vaisseaux, le Radiance, le Hollow Knight, Hornet, les différents peuples qui ont vécu dans le royaume… Tout est lié, mais le jeu ne nous donne jamais toutes les informations directement.
Il nous laisse faire le travail.
Et forcément, on commence à chercher. On se pose des questions, on fait des théories, on essaie de comprendre ce qui s’est réellement passé.
C’est probablement l’une des choses qui m’a le plus accroché dans Hollow Knight. À partir d’un certain moment, je ne jouais plus seulement pour progresser : je voulais comprendre Hallownest.
Une exploration au cœur du jeu
Hollow Knight est un Metroidvania, et son exploration est pour moi l’une de ses plus grandes réussites.
On découvre une nouvelle capacité et on se demande immédiatement où elle va pouvoir nous permettre d’aller. On revient dans une zone visitée plusieurs heures auparavant et on découvre un passage qui était inaccessible. On se perd, on revient sur ses pas, puis on finit par comprendre comment les différentes zones sont connectées.
Tout cela donne à Hallownest une vraie cohérence.
Le royaume donne l’impression d’exister indépendamment du joueur. On n’a pas réellement le sentiment d’être au centre de tout. On traverse simplement les vestiges d’un monde qui a déjà connu son histoire et dont il ne reste plus que les conséquences.
C’est aussi ce qui rend l’exploration aussi intéressante : on ne cherche pas uniquement des améliorations ou des objets, on cherche à comprendre ce lieu.
Et même après de nombreuses heures, il reste toujours quelque chose à découvrir.
Une difficulté qui demande de progresser
La difficulté est probablement l’un des aspects qui peut le plus diviser les joueurs.
Hollow Knight est exigeant, parfois même très exigeant. Mais je trouve que sa difficulté repose principalement sur l’apprentissage.
Les boss en sont le meilleur exemple.
Au début, certains peuvent sembler complètement impossibles. Puis on apprend leurs attaques, leurs déplacements et leurs timings. On recommence, on progresse et on finit par comprendre comment les affronter.
La réussite vient donc autant de l’évolution du personnage que de celle du joueur.
C’est une philosophie que j’apprécie beaucoup dans les jeux difficiles : lorsqu’on réussit, on sait que ce n’est pas uniquement parce que notre personnage est devenu plus puissant. C’est aussi parce qu’on est devenu meilleur.
Et cette sensation est particulièrement satisfaisante.
Une ambiance unique
Il y a également quelque chose de très particulier dans l’ambiance de Hollow Knight.
Hallownest est magnifique, mais il y a constamment une forme de mélancolie dans ses environnements. On traverse un royaume immense qui semble avoir déjà perdu sa bataille.
Pourtant, le monde n’est jamais complètement vide.
Il y a des personnages, des créatures, des histoires secondaires et toutes sortes de petits détails qui donnent l’impression que quelque chose continue à vivre malgré la disparition progressive du royaume.
La direction artistique et la musique participent énormément à cette atmosphère.
Hollow Knight n’a pas besoin de multiplier les effets spectaculaires pour marquer. Il crée une ambiance cohérente, qui correspond parfaitement à son univers et à son histoire.
Et c’est probablement ce qui fait que certains endroits de Hallownest restent aussi facilement en mémoire.
Un jeu qui m’a finalement marqué
Avec le recul, ce qui me frappe le plus avec Hollow Knight, c’est la différence entre mes deux expériences.
La première fois, j’ai fini par abandonner parce que je ne savais plus vraiment comment progresser.
La deuxième fois, en repartant de zéro et en prenant le temps de comprendre comment le jeu voulait être abordé, j’ai découvert une expérience complètement différente.
Je pense que c’est aussi ce qui rend Hollow Knight intéressant : il ne cherche pas forcément à rendre son fonctionnement évident. Il demande au joueur de s’adapter à lui.
Et une fois qu’on accepte ça, tout devient beaucoup plus naturel.
On explore davantage. On prend le temps de revenir dans les anciennes zones. On cherche les améliorations. On s’intéresse aux personnages. On commence à comprendre le lore.
Et progressivement, on ne traverse plus simplement Hallownest.
On apprend à le connaître.
Après avoir joué à beaucoup de Metroidvania, je considère aujourd’hui Hollow Knight comme l’une des références absolues du genre.
Mais au-delà de ses qualités de gameplay, de son level design, de sa direction artistique ou de son lore, il y a surtout une raison pour laquelle il occupe une place particulière pour moi :
c’est un jeu auquel j’ai eu besoin de donner une deuxième chance.
Et cette deuxième chance m’a permis de découvrir un univers dans lequel je me suis complètement investi.
Il y a des jeux qu’on termine et qu’on range ensuite dans un coin de sa mémoire.
Et puis il y a ceux auxquels on continue de penser, auxquels on continue d’associer des lieux, des personnages, des musiques, des combats et des théories.
Hollow Knight fait clairement partie de ceux-là.
J’ai terminé Hollow Knight.
Mais quelque part, je n’ai jamais vraiment quitté Hallownest.