À partir d'un premier extrait vidéo, Immortality vous propose de cliquer sur des objets ou personnes présents dans la scène, et de découvrir la vie de l'actrice Marissa Marcel à travers les rushes de ses 3 films.
Gentiment sulfureux, avec le thème récurrent du personnage incarné par Marissa prenant le contrôle du film, alors qu'elle y joue plutôt un personnage passif, il y a un vrai plaisir à reconstituer les pièces du puzzle qui permettent de découvrir son histoire et des personnes gravitant autour d'elle.
Manon Gage déborde de sensualité, tout en préservant le mystère qui tourne autour de son personnage. Immortality est d'ailleurs voyeur comme tout, et pourvu que vous goûtiez d'avoir à regarder des heures de vidéos, comme les acteurs sont tous bons, Immortality arriva à vous captiver et à vous attacher aux personnages.
La fête est un peu gâchée par la fin; une fois déroulé le fil de l'histoire, ça ne fonctionne pas, il manque un bout... C'est bien dommage, parce qu'on comprend que c'est à cause de la volonté maladive de Sam Barlow de nous montrer qu'il est très intelligent :
La clef de l'histoire ne pourra être trouvée que grâce à un procédé peu intuitif et absolument pas facilité dans le jeu : vous devrez visionner des méta extraits cachés dans les films. Ces extraits doivent être détectés grâce aux vibrations de la manette (bonne chance si vous jouez au clavier, vous n'aurez que le son pour vous repérer). Les débloquer implique ensuite une gymnastique parfois hasardeuse, qu'il faudra reproduire à chaque fois que l'on souhaitera regarder l'extrait.
Et c'est nul - il est très facile de rater des morceaux et de passer complètement à côté de l'explication. Il est même possible d'arriver à la fin de l'histoire sans avoir vu les éléments essentiels de la narration, et il est particulièrement pénible de retourner dans les anciennes vidéos pour trouver où étaient les réponses.
Mais le plus triste, c'est que la méta-histoire, que je ne dévoilerais pas ici, n'est pas du tout convaincante (et je suis poli), ce qui est un peu gênant lorsqu'elle sert de clef de voûte à toute l’œuvre.
"Her Story", le premier jeu du genre, reposait sur un twist et fonctionnait très bien. Direct, simple et propre. Immortality est beaucoup plus ambitieux, mais se prend complètement les pieds dans de la mauvaise science-fiction, et c'est bien dommage et assez catastrophique.
Reste l'histoire "de base", qui si elle manque de sens global (bah oui; il faut la lecture mauvaise SF), n'est pas désagréable.
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PS: On pourra aussi regretter qu'il n'y ait aucune partie enquête, les liens entre les vidéos sont très artificiels et n'ont que très rarement de lien autre que "ce sont 2 fruits", "c'est la même actrice". On est plus dans un jeu de cases à gratter que dans une quelconque réflexion. Je suppose que ce choix a été fait par la difficulté de réutiliser la méthode de l'interrogatoire de police de "Her Story", sur une histoire bien plus ambitieuse et moins directe. On comprend le choix de design, mais on perd un des rares éléments de véritable gameplay.