Inside est à mes yeux, le symbole même de ce que doit être, à la manière du premier Mario Bros., un jeux vidéo accessible. J'ai fait ce jeu avec une personne qui n'est pas très porté jeux vidéos en lui proposant un "jeu d'aventure pas très compliqué". J'ai posé la manette dans ses main, resté en spectateur et l'ai seulement aidé à résoudre quelques énigmes. Comme quoi, l'art vidéoludique est enfin sorti de son carcan de préjujés stériles : violent, bête, inutile...
De part son gameplay (directions et deux boutons), son entrée en matière direct (pas de configuration ou de menu) et graphisme épuré : Inside se débarrasse de tout ce qui est superflu et se concentrer sur ce qui fait l'essence d'Inside : son univers. D'entrée de jeu, nous suivons la course effrénée d'un gosse qui semble fuir un régime autoritaire digne du roman 1984 ou toute autre dystopie (Akira). Quel est son but ? C'est au joueur de se faire sa propre idée, la narration étant purement visuelle. Chacun se fera sa propre histoire et ses interprétations (surtout pour la fin et celle alternative).
Le gamplay est intuitif : on saute, cours, tire des objets et active des leviers. Les énigmes sont à chaque tableau variées et ne ralentissent pas vraiment le rythme de l'aventure.
La direction artistique est incroyable de beauté, d'autant plus que le jeu ne requiert pas une grosse configuration (PC). La diversité des environnements à eux seuls racontent un histoire (forêt, ruines, industrie, cités englouties...). Les effets de lumières sont incroyables d'autant plus que le jeu est presque monochrome, renforçant l'effet d'oppression. On prendra plaisir à s'arrêter rien que pour observer ce monde étrange et malsain.
Le jeu à un côté méta dans le sens où nous avons la possibilité de contrôler des pnj mais n'est-ce pas nous joueur qui contrôle aussi notre héros ? D'autres passages du jeu vont dans se sens et l'on se posera la question de savoir si finalement nous n'avons pas été manipulé depuis le début...
On sort donc d'Inside essoufflé par cette course vers l'avant mais satisfait de pouvoir discuter, non pas de prouesses vidéoludiques personnelles (frags, combos...) comme pour d'autres jeux, mais de son interprétation et des messages instillés tout le long du jeu. Inside force à réfléchir sur sa condition d'être "libre pensant", de la société et de la condition du joueur.
Je laisse le soin aux curieux, d'aller chercher sur le web, toutes les symboliques et conclusions sur l'histoire. Mais dans un seul but : forgez vous votre PROPRE histoire. Et restez LIBRES....