Malheureusement mon rêve d'une vie, de devenir un véritable phare Breton accompagné de son intriguant volatile, se solde par un remboursement avant les deux heures fatidiques.
Pourtant la direction artistique pharamineuse du titre (promis après j’arrête avec les jeux de mots avec “phare”) avait de quoi me séduire. Composée d'une palette de couleurs enjôleuse et d’une plastique qui rappelle le stop motion, mais sans pâte à modeler ni images saccadées, c'est vraiment agréable. Mélanger visuels en trois dimensions et scrolling horizontal donne une patte intéressante. Il y’a une réelle ambiance envoutante qui se dégage de ce titre et c’est bien là sa seule qualité j’en ai peur. La musique, quant à elle, est du genre minimaliste, un peu trop pour son bien.
D’ailleurs “minimaliste” s’applique à tous les pans de ce jeu, à commencer par le world design ultra linéaire, puisqu’une grande partie du jeu consistera à marcher le long du chemin tracé sans aucune réelle interaction avec le décor si ce n’est de vagues objets ou entités à éclairer de temps à autres pour les faire réagir. Le pire c’est que les commandes qui gèrent la lumière du phare sont difficiles à appréhender au joystick puisqu’à chaque demi-tour les commandes s’inversent forcément (je ne parle meme pas de la difficulté supplémentaire qui s’applique aux seuls joueurs qui jouent avec l’axe vertical inversé). D'ailleurs éclairer des choses est quasiment le seul gameplay du titre, si ce n'est la possibilité d’envoyer notre compagnon ailé récupérer des objets et activer des commandes lors d’énigmes qui ne demandent aucune réflexion particulière. Ces “énigmes” consistent la plupart du temps à activer une manette ou tourner une manivelle pour ouvrir une porte, ce sera rarement plus compliqué que cela.
Le jeu pourrait se rattraper à travers sa narration, qu’elle soit environnementale ou non, mais ce n’est pas vraiment le cas. Je n’ai pas l’impression que Keeper essaie réellement de nous raconter quoi que ce soit. Ce ne sont que des enchainement de scènes, toutes très originales et chatoyantes certes, mais sans réellement de lien scénaristique.
Cela dit je peux me tromper puisque comme précisé, je n’ai pas dépassé les deux heures de jeu. En effet pour 30 balles (tout de même) je ne prendrais pas le risque de pousser l’expérience sans avoir été conquis dans ce laps de temps. D'autant qu'avec une durée de vie de huit heures seulement, j'ai tout de même parcouru un quart de ce que le jeu a à offrir. Peut-être lui redonnerais-je une chance lorsque le jeu sera en promotion, mais j'en doute. Je me suis un peu trop ennuyé pour avoir envie d’y retourner.
Néanmoins, si les jeux qui misent tout sur leur DA et non sur leur gameplay c’est votre truc, alors let’s go, Keeper est peut être fait pour vous. Dans le cas inverse, vous serez peut être aussi déçu que je l'ai été.