Clairement un jeu les plus attendus de 2011, L.A. Noire, première oeuvre de la Team Bondi bien aidée par les génies de chez Rockstar Games, est un jeu d'action-aventure un peu plus calme que ceux auxquels on a affaire d'habitude. Le jeu est d'ailleurs particulièrement original dans sa manière de penser le divertissement.
Se déroulant dans les années 40 à Los Angeles, durant la grande période des gangsters de la ville (Mickey Cohen, Jack Dragna), au retour de la Seconde Guerre Mondiale, L.A. Noire met en scène Cole Phelps, un policier intègre et quelque peu pète-sec, qui évolue de bureau en bureau (Patrol, Traffic, Homicide, Vice, Arson) en résolvant des enquêtes particulièrement bien écrites qui empruntent énormément au films noirs. Chaque enquête, d'ailleurs, dure à peu près 1h30 et pourrait totalement être adaptée en film (la dernière du bureau des homicide est vraiment géniale, celles du bureau des incendies criminels aussi). Les échanges entre Cole Phelps et ses différents coéquipiers sont très bien gérés, les ellipses temporelles (très présentes dans la seconde partie du jeu) sont efficaces et les acteurs (le jeu est réalisé presqu'entièrement en motion capture, mais j'y reviendrai plus tard) parfaits. L'ambiance du jeu est ce qui est probablement de plus réussi. Los Angeles vit, la musique d'époque est excellente et les phrases des passants pas répétitives pour un sou. Quelques rebondissements plutôt habiles et assez immoraux, pour notre plus grand plaisir, sont à signaler dans la deuxième partie du jeu.
Pour ce qui est du gameplay, le jeu était assez alléchant et ne pouvait décemment pas répondre à toutes nos attentes. Cependant, force est de constater que Cole se déplace de manière tout à fait jouable, que certaines animations sont franchement magnifiques et que la ville est franchement très détaillée. Pour ce qui est du principal argument de vente du jeu, le moteur MotionScan qui a permis aux créateurs d'enregistrer plus de 20 heures de dialogues avec près de 150 acteurs (dont des types très connus comme John Noble, Brian Krause, Aaron Staton évidemment ou encore Patrick Fischler), c'est tout bonnement prodigieux. En effet, les acteurs sont reconnaissables et les mouvements de leur visage franchement étonnants. Mieux encore, les quelques bugs d'expressions faciales donnent au tout un charme assez inattendu. Le jeu est par contre assez répétitif et on aura du mal à enchaîner plusieurs heures de jeu, préférant plutôt faire une enquête, passer à autre chose et revenir sur le jeu le lendemain. Cela augmente la durée de vie du jeu, qui reste quand même très dirigiste, avec pas mal de scripts (surtout lors des courses poursuites). Mais cela renforce l'idée que les enquêtes sont des films à part entière. Pour ce qui est des phases d'action, celles à main nues sont répétitives mais peu nombreuses et assez efficaces, tandis que les fusillades sont parfois fatiguantes, car trop ardues et pas assez précises. Des séquences un peu plus plates-formes sont par contre très réussies, comme celle de la destruction des décors d'Intolérance, inoubliable.
L.A. Noire est la tuerie qui était annoncée, grâce à une écriture parfois exceptionnelle, une ambiance inégalée et des personnages ultra-charismatiques. La suite, Whore of the Orient, est prévue pour 2015. Espérons qu'ils auront rendus les gunfights plus musclés et précis.