LAPIN est probablement mon coup de cœur vidéoludique 2023 et pourtant j'ai failli passer à côté : le jeu est largement passé sous les radars (c'est rien de le dire) mais en plus Microsoft a fait un travail de communication de sagouin sur le Gamepass (le jeu y était en version preview - l'exécutable s'intitule d'ailleurs toujours LAPIN_preview -, en réalité plutôt une early access, et il n'a pas vraiment été mis en avant lors de son passage en version finale).
J'ai lancé le jeu parce que j'aime beaucoup les lapins, attiré par les graphismes mignons et soignés de dessin animé, en m'attendant à une aventure narrative pour enfants. Grosse erreur : LAPIN est un jeu de plate-forme exigeant qui s'inspire lourdement de Celeste. Or s'il est quelque chose que j'apprécie encore plus que les lapins c'est bien le jeu de plate-forme : autant dire que le titre de Studio Doodal (des développeurs coréens) semblait fait pour moi.
L'ambiance lorgne du côté de Watership Down de Richard Adams (comme souvent dès qu'on met en scène des lapins), servie par une direction artistique magnifique, et l'histoire - sans doute trop verbeuse mais je n'y vois pas vraiment un défaut - est très plaisante, mélange habile de légèreté, d'héroïsme à hauteur de lagomorphe, et de tragédie.
La partie plate-forme ne propose absolument rien d'original - c'est vraiment une déclinaison de Celeste, on a connu pire - mais le level design, pour classique qu'il soit, est maîtrisé. En revanche la maniabilité est loin d'être sans faille. Le saut est plutôt contrôlé mais le wall jumping et certains des mécanismes qui interviennent dans la seconde moitié du jeu souffrent d'un manque de précision frustrant. Ce n'est pas rédhibitoire mais cela pourra dissuader certains joueurs et empêche certainement le jeu de devenir un hit du genre.
C'est particulièrement sensible quand les séquences s'allongent avec les désormais classiques courses-poursuites (sinon on se retrouve avec une structure en tableau et des séquences de quelques secondes à enchaîner) et le gros pic de difficulté que constitue le boss final.
LAPIN fait pour moi partie des jeux à la maniabilité raide et imparfaite mais avec une forte personnalité, un contenu plutôt généreux, et une passion évidente à l'oeuvre. Le genre de titre qui s'adresse aux aficionados du genre ou à ceux qui succomberont à l'univers (j'avais eu, dans un genre sensiblement différent, le même coup de foudre pour They Bleed Pixels, un titre parfois ingrat).