Spider-Man a toujours été mon super-héros préféré, mais jusque là, il n'y avait aucun jeu centré sur le personnage qui m'avait réellement marqué, certes Ultimate Spider-Man était cool pour l'époque, mais le style graphique combiné à la possibilité de jouer Venom doit encore jouer sur mes souvenirs positifs du jeu. Quand j'ai entendu qu'un nouveau jeu Spider-Man allait sortir sur la PS4, je m'en foutais complètement, ça avait l'air beau, mais je pensais que ça allait être un simple jeu de missions aux contrôles dégueulasses, et puis je n'avais pas la PS4 donc autant me conforter dans l'idée que ça allait être à chier. Les trailers ne m'ont pas du tout donné envie, surtout celui teasant les Sinister Six, puis les critiques quasi unanimes sont arrivées pour encenser le jeu, et un mois plus tard, j'ai craqué, et je l'ai acheté en même temps que ma PS4, certes c'est pour Red Dead, mais autant avoir un jeu de qualité en attendant, non ? Au cas où, je spoile à mort.


L'écriture est le plus gros point fort du jeu, principalement au niveau du développement des personnages. Avec une durée massive pour les développer, les scénaristes peuvent prendre le temps de bien s'attarder sur chacun d'entre eux, alliés aussi bien qu'antagonistes. Ce Peter Parker est une version parfaite du personnage, que ce soit en civil ou en costume, son humour constant et son sens des responsabilités est toujours aux avants postes, tout comme les choix difficiles qu'il doit prendre, comme à la fin où il se doit de réaliser un choix qui aurait pu totalement trahir le personnage si mal choisi, mais heureusement, les scénaristes semblent être de grand fans de l'univers. Le travail vocal de Donald Reignoux est impressionnant, et vu que j'avais choisi de jouer en VF juste pour lui, il m'a bien rendu cette confiance.


Le jeu a aussi réussi à enfin me faire apprécier Miles Morales, ce qui n'est pas mince exploit vu que j'ai toujours eu du mal à accepter le personnage, mais ici il est très bien écrit, intégré parfaitement au récit sans en faire des caisses mais d'une façon assez impressionnante avec la seule bonne phase de jeu où on ne contrôle pas Spider-Man.


Réussir ses héros est une bonne chose, mais le jeu excelle aussi sur l'écriture des antagonistes, tout d'abord Mister Negative, avec lequel je n'étais pas du tout familier avant de jouer, sachant que je suis plutôt un fan des comics old school et que j'ai eu du mal à rester à jour. Le personnage est très intéressant et malgré ses méthodes extrémistes, il a une histoire tragique qui fait qu'on comprend vite ses raisons d'agir, et sa haine contre Norman Osborn.


Ce Norman Osborn justement est sans doute la meilleure version du personnage que j'ai pu voir, films, séries et même comics confondus. Il a toujours été un de mes personnages de comics préféré, mais il lui manque souvent une certaine subtilité (j'adore quand même la version de Willem Dafoe) permettant de rendre crédible le personnage sur le long terme. Ici la subtilité est de mise, même si aux premiers abords il ressemble juste à un politicien véreux, il se révèle au fur et à mesure juste être un homme surpassé par les événements, et qui doit confronter la maladie de son fils et ses erreurs passées. C'est loin de faire de lui un anti-héros, mais ça suffit à lui donner suffisamment de nuance pour ne pas qu'il se retrouve à être un élément caricatural dans un récit aussi profond. Son refus de céder face à Otto sur le toit reste le moment emblématique de son personnage.


Quant à Otto, son développement est ultra bien géré, on voit son désespoir et sa colère s'accentuer au fil de l'histoire et on en vient à craindre son évidente transformation. Je vois que les avis semblent unanimes sur le personnage, et si j'ai adoré, je trouve quand même la transformation beaucoup trop brutale, mais pas irréaliste si on tient compte de l'accumulation de frustration à travers le temps, car au final, il est plutôt présenté comme une bombe à retardement, donc c'est vraiment un point qui tient plus de l'appréciation personnelle, et peut-être aussi de ma façon d’enchaîner les missions secondaires. Tout ça pour dire que l'interprétation d'Alfred Molina reste toujours à mes yeux la meilleure version du personnage.


Les autres méchants sont beaucoup plus caricaturaux, mais ce sont des personnages qui n'ont pas l'importance d'un Docteur Octopus dans le panthéon des méchants de Spider-Man, et qui sont là pour des petites piges au début et à la fin du jeu, donc la simplicité est largement suffisante, essayer de les développer aurait alourdi le tout inutilement, puis ils peuvent toujours le faire dans la suite.


L'écriture des personnages est parfaite, mais pour l'histoire, elle est plutôt inconstante, mais c'est de l'inconstance qui va du bon à l'excellent, donc c'est pardonnable, ça met du temps à se mettre en place, mais la dernière partie du jeu passe en un clin d’œil, même si je ne suis pas le plus grand fan de New York en mode Gotham dans The Dark Knight Rises, surtout avec les références à la présence de nombreux autres super-héros dans cet univers (si les Avengers étaient dans l'espace, tout est pardonné). Le combat final et la fin en elle-même sont parmi les moments les plus intenses de l'histoire du tisseur, que ce soit Otto qui admet connaître le secret de Peter, la réaction de ce dernier, et la mort de May qui m'a fait chialer comme c'est pas permis, surtout que c'est le personnage qui d'habitude peut survivre à 28 cancers et vivre jusqu'à l'âge de Nicolas Flamel sans problème.


Toujours dans les positifs, les contrôles sont très intuitifs et se balancer entre les buildings de New York est un pur plaisir, la ville est d'ailleurs très bien rendue, les easter eggs sont excellents et font vivre l'univers, il y a toujours une activité à faire dans le jeu. La musique est fantastique, notamment le thème musical qui est le meilleur depuis celui d'Elfman, il enterre celui de Giacchino pour le MCU (que j'aime bien pourtant), et s'intégrerait parfaitement dans le MCU justement, tout en conservant des sonorités similaires à Elfman, il faut absolument que Sony trouve un moyen de l'intégrer dans les films. Enfin, les différents costumes sont pas mal, le costume avec la grosse araignée blanche n'est pas aussi dégueulasse qu'il en avait l'air dans les trailers, mais j'ai joué avec 2 minutes avant de le changer, et j'ai passé la plupart de mon temps à alterner entre le costume classique et celui de Ben Reilly. Le détail apporté aux différentes textures des costumes est incroyable.


Si le jeu est rempli de positif, il a de quoi faire avant d'être parfait, car il est très loin de l'être, ça laisse à Insomniac Games beaucoup de marge pour rendre la suite encore meilleure. Les missions annexes, qui comme leur nom l'indique n'ont rien d'obligatoire, ne sont pas très passionnantes. J'ai adoré chercher les sacs, car ça menait à des easter eggs vraiment fun, mais le reste est plutôt chiant. Les bases ennemies sont un bon moyen de s'exercer à l'infiltration, jusqu'au moment où tu comprends que même si tu élimines tout le monde discrètement, les vagues suivantes arrivent quand même pour te péter la gueule, donc autant bourriner dès le début. Le pire reste pour moi les stations de recherche d'Harry et les missions pourries les accompagnant, avec en plus la moitié du temps un putain de timer, certes le temps imparti est toujours assez large, mais ça me fait encore moins apprécier ces missions là, et au contraire ça me donne envie d'en finir le plus vite possible pour ne pas recommencer ces purges.


Et en parlant de purges, les missions d’infiltration sont une putain de corvée dans ce jeu qui bousillent à chaque fois le rythme du récit. Il n'y a que la première avec Miles qui est un minimum intéressante car elle arrive de façon surprenante et après un événement marquant du jeu, et ne nous fait pas trop chier avec le côté infiltration, essayant surtout de raconter une histoire. La dernière avec MJ n'est pas terrible non plus, mais au moins elle permet de découvrir des éléments importants. Le reste est chiant au possible, et à chaque fois que le jeu commençait à basculer sur MJ ou Miles, je lâchais un bon gros soupir, et pourtant j'aime leurs personnages. Pour moi c'est le plus gros point à améliorer dans la suite s'ils comptent toujours nous faire jouer des personnages qui n'ont pas les pouvoirs de l'araignée.


Les ennemis comme les combats sont ultra répétitifs, et il n'y a que les boss qui offrent un chouia de variété, et encore même de ce point de vue là ça l'est aussi, quelques coups de toile pour les étourdir, avant de les frapper, répéter 3 fois, et voilà. Les ennemis les plus emmerdant au final sont les gros tas qu'on retrouve dans les groupes de bandits. De plus leur IA est assez consternante par moment, une fois qu'on comprend comment se battre efficacement, il faut vraiment le faire pour mourir (ce qui m'arrivait toujours, mais parce que je suis distrait).


Aussi, ça peut paraître comme un détail, mais comme j'aimais faire les quêtes annexes pendant de longs moments entre deux missions principales, l'absence de cycle jour/nuit est aberrant, surtout que je ne trouve pas les nuits très belles dans le jeu, le jour mettant beaucoup plus en valeur tous les détails visuels et le costume éclatant de Spider-Man.


Au final, ce jeu est une totale réussite scénaristiquement parlant, les personnages sont écrits à la perfection et l'histoire est prenante et émouvante. Si beaucoup de choses divergent du canon « classique » de Spider-Man, c'est fait avec un profond respect pour le personnage et son univers, et sert plutôt à en donner une nouvelle approche et non à bousculer celui-ci en faisant n'importe quoi. On sent que ce jeu a été fait par des gens ayant une profonde passion pour l'univers. Cependant le jeu est plus que perfectible, les missions annexes sont répétitives et vite saoulantes, et les ennemis manquent eux-aussi de variété. C'est sans doute un jeu que j'aurais lâché au bout de quelques heures si ce n'était pas Spider-Man, mais mon amour pour le tisseur me permet d'ignorer les nombreux défauts pour me concentrer sur le positif, à savoir des personnages attachants, un humour constant, et une histoire émouvante qui prend aux tripes.

KiraYagami
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste PS4

Créée

le 17 oct. 2018

Critique lue 293 fois

KiraYagami

Écrit par

Critique lue 293 fois

1
6

D'autres avis sur Marvel's Spider-Man

Marvel's Spider-Man

Marvel's Spider-Man

8

Exyt

43 critiques

Avis + Mini-analyse // Mes premiers pas (réussis) dans le AAA

Je n'ai jamais été attiré par les jeux d'action AAA en monde ouvert. Si vous me connaissez, vous savez que j'ai en plus un avis bien tranché sur la question. Notamment grâce à toutes les vidéos,...

le 18 sept. 2018

Marvel's Spider-Man

Marvel's Spider-Man

5

Vonsid

162 critiques

Spider-marché du pseudo-contenu

S'il y a quelque chose qui m'agace dans le jeu vidéo, ce sont bien les collectibles et assimilés, qui sont trop souvent utilisés par les développeurs fainéants comme du contenu secondaire rapide et...

le 28 oct. 2020

Marvel's Spider-Man

Marvel's Spider-Man

8

YvesSignal

106 critiques

Araignée du matin, chagrin

En 2002, si peu de temps après le traumatisme du 09/11, Sam Raimi dévoilait au monde ce que serait le standard cinématographique des films de super héros pour les décennies à venir. Véritable...

le 1 oct. 2018

Du même critique

Jurassic World

Jurassic World

4

KiraYagami

132 critiques

Long live the Pepsisaurus

Je vais essayer de ne pas spoiler le film dans cette critique, cependant je vais dire 2/3 trucs pas ultra importants sur l'intrigue donc si vous voulez être totalement vierge de connaissances par...

le 10 juin 2015

Pas un bruit

Pas un bruit

8

KiraYagami

132 critiques

Hush little baby, don't say a word...

Quel plaisir ce genre de films d'horreur, vous savez, ceux qui ne prennent pas le spectateur pour un demeuré. Hush fait partie de cette catégorie, trop peu remplie de nos jours, car si certains lui...

le 12 avr. 2016

Les Nouvelles Aventures d'Aladin

Les Nouvelles Aventures d'Aladin

1

KiraYagami

132 critiques

I want to go home and rethink my life

Bonjour, je m'appelle Adrien, j'ai 20 ans depuis peu, et je suis passionné de cinéma, à tel point qu'on peut considérer que j'y suis accro. Je n'avais jamais pensé que ma passion puisse me blesser,...

le 19 nov. 2015