An 2183. L’humanité a conquis Mars et ses vestiges. Il est maintenant possible de se déplacer dans l’espace à la vitesse supraluminique. Nous sommes rentrés en contact avec des civilisations extraterrestres avancées. Un humain va enfin pouvoir intégrer l’élite de l’élite : les Spectres. Ce héros, Shepard, a par contre toujours la même tête générique stéréotypée offerte par le paysage vidéoludique de ces dix dernières années.


“Rien de grave, c’est un avatar vide que l’on va incarner,” me direz-vous. Tout d’abord, je vous remercie de m’aider à faire des transitions habiles dans cette critique. Ensuite, je vous dirai : “moui” car cette coquille vide, elle répond bien ce qu’elle veut même quand c’est moi, joueur, qui ai décidé de ce qu’elle devait dire. C’est un détail dont la raison m’a d’ailleurs complètement échappé. L’intérêt majeur de Mass Effect (ME) réside avant tout dans la participation du joueur à un univers riche et complexe. Une des mécaniques de gameplay mise en avant pour cela est le choix multiple en conversation qui permet de façonner une personnalité à son avatar et de s’impliquer émotionnellement. Alors pourquoi quand je choisis une putain d’option, Shepard balance quelque chose qui peut n’avoir rien à voir ?


Ah, voilà qui est fait. Parlons du jeu maintenant. Oui, vous disiez ? L’histoire est trop cool ? (Oui, je sais, la ficelle est un peu grosse cette fois.) Les louanges reçues par ME sur cet aspect me laisse perplexe. L’intrigue est finalement assez classique, proche de celle d’un Star Wars et sans grande profondeur et offre lot de trahisons, de manipulations politiques et de twists scénaristiques. Beaucoup de personnages sont caricaturaux et les relations entre les différentes espèces se basent sur des clichés auxquels les subtilités manquent cruellement. En revanche, on sent un ensemble cohérent et dont la mythologie pourrait passionner si seulement son exploration ne reposait pas sur des quêtes secondaires discutables qui forcent des allers-retours dans des ascenseurs interminables car, voyez-vous, dans le futur, le plus grand danger c’est de mourir d’ennui dans un ascenseur. Eh oui, l’avenir ne peut pas être que rayons laser et combinaisons brillantes, hein ?


Mais rassurez-vous, dans cette dure mission qu’est la vôtre de visiter l’intégralité des ascenseurs de l’univers, vous ne serez pas seul. Enfin, je ne suis pas sûr que cela soit si réconfortant au fond tant vos coéquipiers sont des bras cassés et des poids morts. Littéralement. Dans le meilleur des cas, ils feront diversion assez longtemps pour que vous puissiez abattre quelques ennemis avec votre pistolet à piou piou, ce qui me permet de mentionner la mollesse affligeante des phases d’action. Et hop, même plus besoin d’une fausse conversation gênante pour faire une transition.


Les combats disais-je, se font dans la pure tradition des shooters à couverture. On se planque derrière le muret, on tire de temps en temps (piou piou) en espérant que la visée automatique fasse qu’on touche, on court jusqu’au prochain muret et ainsi de suite. Le feeling des armes est nul, l’I.A. des ennemis (et des alliés) est à la rue et les quelques pouvoirs qui peuvent s’acquérir en faisant progresser Shepard ne font pas vraiment prendre la mayonnaise. D’autant plus que l’interface est très peu pratique et que les différentes icônes sont illisibles. Certains menus ne s’en sortent pas tellement mieux. Par exemple, savoir si une nouvelle arme est meilleure que la précédente n’est pas immédiat. Au final, sachez que les deux feront piou piou de toute façon.


Les niveaux, d’une linéarité confondante, ne sauveront pas non plus le level design. Et vu que vous êtes censés les parcourir avec le Mako, véhicule terrestre (?) à tendance suicidaire qui adore se coincer dans des endroits d’où on ne peut pas sortir, autant dire qu’aller tout droit ne sera pas de la tarte. Tout ça pour arriver à une énième base métallique de l’espace qui, aussi futuriste soit-elle, aura les ascenseurs les plus paresseux de la galaxie. Comme quoi, même en 2183, on n’est pas près d’arrêter de galérer dans les transports.

Pitrobot
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le 19 mars 2017

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