Metal Gear Solid
8.5
Metal Gear Solid

Jeu de Konami et Hideo Kojima (1998 · PlayStation)

Un monument vidéoludique intemporel et légendaire

J'ai découvert Metal Gear Solid à l'âge de 14 ans, peu après mon premier coup de cœur vidéoludique, Syphon Filter. Encore peu expérimenté dans l'univers du jeu vidéo, je ne savais pas trop à quoi m'attendre exactement. L'univers et le scénario me semblant d'entrée si vastes, l'aspect infiltration si prononcé (pour rappel, le jeu se commence sans arme), la confrontation directe à éviter au maximum, bref dès sa première séquence, je sentais que MGS allait m'en faire baver. Un pressentiment qui bien qu'il se vérifiera ne m'empêcha de finir le jeu en quelques semaines, littéralement captivé et passionné.

Aujourd'hui âgé de presque 37 ans, j'ai fini Metal Gear Solid une bonne dizaine de fois, toujours aussi emballé par ce bijou, d'une qualité rarement égalée. Si la difficulté est bien là, le jeu reste toujours un plaisir, ne rentrant jamais dans l'extrême, comme pouvaient le faire les Tomb Raider de la PS1.

Mais avant de nous pencher sur son gameplay, il convient de présenter Metal Gear Solid.

Le jeu prend place sur l'île fictive de Shadow Moses, située dans l'archipel Fox en Alaska. On y incarne Solid Snake, ancien soldat d'élite cloné à partir de l'ADN du Big Boss, le plus grand soldat américain du 20e siècle. La mission vise à infiltrer la base, prise d'assaut par un groupe terroriste de soldats génomes (génétiquement modifiés) dirigés par des membres de l'unité spéciale Fox Hound (sorte de CIA), pour y secourir plusieurs otages hauts placés dans l'armement et empêcher un tir nucléaire.

Simple en apparence, le scénario se révèle au fil du jeu complexe et excellemment ficelé, mettant en avant des thématiques au centre de notre époque, comme la dissuasion nucléaire, la manipulation génétique ou les armes de destruction massive. Malgré leur longueur souvent conséquente, les cinématiques et les dialogues parviennent à capter notre intérêt en combinant de nombreux éléments : humour, émotion, action, références politiques et historiques, images d'archives, réflexion sur divers sujets. Bien que l'on soit dans un jeu vidéo, on se sent concerné par l'histoire du jeu, tant elle semble liée à notre réalité.

L'univers du jeu impressionne par son immensité, son réalisme et son caractère immersif. Bien entendu, nous sommes en 1998 sur PS1, l'image est forcément assez pixélisée, la puissance graphique de la console étant limitée par rapport à ce qu'on peut voir aujourd'hui. Mais pour l'époque à laquelle le jeu est sorti, ce qu'il offre au niveau visuel est déjà hallucinant et n'enlève rien à son réalisme.

Les personnages, gentils comme méchants, montrent tous du charisme et de la profondeur, nous donnant vraiment envie de découvrir leur histoire en détails. Leur écriture se révèle si réussie qu'on en vient à pleurer la mort de ceux qu'on tue ou que l'on voit mourir, au gré de scènes bouleversantes, comme ce moment si dechirant dans le champ de neige.

Les décors sont minutieusement peaufinés afin d'apporter au joueur une immersion totale dans la trame scénaristique. Armurerie, hangar à tanks, tours de communication de 30 étages, salle de torture, champ de neige, entrepôt souterrain abritant le REX... La diversité des décors proposés ainsi que leur réalisme sont impressionnants. On peut également y ajouter les nombreux effets visuels et sonores (traces de pas dans la neige, bruits quand on traverse une flaque d'eau ou qu'on marche sur une plaque métallique...) qui ajoutent à l'immersion du joueur.

Une fois prise en main, la jouabilité se révèle assez fluide, offrant au joueur une pluralité d'actions tournées vers l'infiltration ou le combat. Si l'on peut à plusieurs reprises se faire plaisir des armes à la main, l'infiltration reste l'objectif premier du jeu, afin d'éviter de longues séances de fuite ou des affrontements perdus d'avance.

Au gré de ces longues séquences d'infiltration, on doit faire face à 10 boss, face auxquels il faut ruser ou user de diverses stratégies. Si chacun apporte son lot de difficultés, notre persévérance en viendra à bout avant que le désespoir nous envahisse.

Mais le passage le plus difficile du jeu, celui où l'on va transpirer à grosses gouttes, est bien celui de la fameuse séance de torture. Face à un Revolver Ocelot cruel et déterminé, il nous faut résister à 8 reprises, en usant de la technique du briquet (appuyer ici très vite sur le bouton rond durant de longues secondes) chère à la saga Track and Field, pour maintenir la barre de vie de notre héros. Si l'échec n'empêche pas la poursuite du jeu, il se révèle lourd de conséquences pour la fin... Une alternative face à laquelle j'ai longtemps opté pour la facilicité, ne parvenant à résister que très récemment.

La fuite finale m'en a également fait baver dans ma jeunesse, tant les embuscades sur la route et surtout Liquid au volant de sa jeep la mitraillette à la main pousseront Snake dans ses ultimes retranchements.

Quelque soit la fin, la cinématique finale est belle, se concluant par un départ serein de l'Alaska, un changement d'état d'esprit du héros et une magnifique ode à la vie signée Naomi Hunter.

Porté par un héros charismatique à la sagesse inégalable et une bande-son melodieuse en parfaite adéquation avec l'ambiance du jeu, Metal Gear Solid est l'apothéose de la PlayStation première du nom, tant il révolutione le jeu vidéo à tous les niveaux : gameplay, scénario, décors, ambiance, personnages, dialogues, réflexion. Comme le dit Liquid en évoquant le Metal Gear Rex, Metal Gear Solid est bien le jeu qui marque l'entrée de l'industrie vidéoludique au 21e siècle.

Un grand bravo à Hideo Kojima et à son équipe pour ce chef-d'œuvre !

Sir_Stifler
10
Écrit par

Créée

le 17 oct. 2022

Critique lue 11 fois

Sir_Stifler

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