C'est un compromis entre un jeu-doudou qui te replonge dans une licence chérie de ton adolescence, et une prise de risque dans la conception.
La bande-son, la direction artistique, les allusions aux trois premiers Metal Slug, et surtout la carotte des personnages déblocables (avec en point d'orgue l'équipe Ikari), tout est fait pour te donner un kiff monumental.
Reste la prise de risque. Alors, comment peut-on transformer un des jeux d'action-plateforme 2D les plus frénétiques de tous les temps en un jeu au tour par tour en 3D isométrique ? Les concepteurs ont tenté une innovation, qui demandera un vrai temps d'adaptation : plus les personnages se déplacent, plus ils remplissent une jauge qui va limiter leurs dégâts pour ce tour. Autrement dit, il faut courir et tirer (run'n gun). Rester immobile est presque toujours un mauvais choix.
Les personnages sont individualisés dans leurs armes et leurs capacités, et ils disposent de différents packs de départ. C'est un rogue-like : il y a entre une et trois zones à parcourir (désert, jungle, Egypte) avant d'arriver contre le boss final, Morden. Vous devrez choisir votre parcours (il y a seulement trois étapes sur chaque zone avant d'arriver devant un boss), chaque stage permettant de recevoir différents bonus permanents ou objets consommables. Et c'est là que le jeu demande de réfléchir : les améliorations dont bénéficient les personnages, bien calculées, permettent des réactions en chaîne dévastatrices sous certaines conditions, mais dans la phase d'apprentissage du début, l'éventail des choix peut être déroutant et le jeu assez frustrant. En fin de partie, en revanche, vous pouvez rouler sur les boss avec une grande satisfaction.
Je ne suis habituellement pas fan des rogue-likes (Rogue Legacy, par exemple, m'est tombé des mains), mais la carotte de pouvoir débloquer Leona a vraiment marché sur moi, et le jeu est bien calibré pour des sessions courtes mais régulières. Si j'avais un Steam Deck, ce serait le jeu parfait pour une petite session au lit.
Metal Slug Tactics a donc, de mon point de vue réussi sa prise de risque, même s'il déroutera les inconditionnels du tactical RPG avec sa mécanique d'élan contre-intuitive. Il m'a surtout fait replonger dans une des sagas qui a donné ses lettres de noblesse au jeu vidéo, tous supports confondus.