Pendant près de dix ans, j’ai quasiment arrêté de jouer aux jeux vidéo. À part Football Manager, je n’y touchais plus vraiment. Puis, petit à petit, le jeu vidéo est revenu dans ma vie : une NES Mini offerte par ma compagne, puis une Switch avec Zelda: Breath of the Wild offerte par mes anciens employés. Et quelque chose s’est rallumé.
Minecraft, pourtant, je le connaissais depuis longtemps. J’avais suivi son explosion sur YouTube, mais toujours avec cette idée : c’est fascinant à regarder, mais ce n’est absolument pas pour moi. Les graphismes cubiques me repoussaient, le craft ne m’attirait pas et je ne comprenais pas vraiment ce qu’on pouvait trouver à passer des heures à construire des maisons en blocs.
Puis ma fille a insisté pour que je joue avec elle.
J’ai lancé Minecraft sans aucune envie particulière. Et deux minutes plus tard, je n’avais plus qu’une envie : continuer. J’ai joué toute la nuit.
Ce qui m’a accroché immédiatement, c’est la survie. Commencer avec absolument rien, devoir trouver des ressources, construire un abri avant la nuit, apprendre à se défendre… Pour quelqu’un qui découvre le jeu, les premières nuits peuvent être étonnamment stressantes. Les zombies sont partout, les creepers deviennent de véritables cauchemars et chaque sortie peut tourner à la catastrophe.
Minecraft m’a même fait découvrir un plaisir que je pensais ne jamais avoir : le craft et la construction. Je ne suis pourtant pas quelqu’un de particulièrement patient pour construire des choses. Mais aplanir une montagne, aménager mon terrain, construire ma maison et voir progressivement mon environnement prendre forme m’a réellement plu.
Et puis il y a eu notre monde à plusieurs.
C’est probablement là que Minecraft a pris toute son importance pour moi. Pas le multijoueur au sens large, les serveurs publics ou les mondes remplis d’inconnus : ça ne m’intéresse absolument pas. Ce qui m’a marqué, c’est de partager un monde avec des amis et de le voir évoluer avec eux.
Nous étions trois, avec chacun notre manière de jouer. Moi davantage dans l’exploration, un autre dans la redstone, et un autre dans la construction. Et notre monde est devenu complètement fou : une immense base, des chemins, des voies ferrées, un château construit sur une île, un moulin, un labyrinthe, un village japonais…
Et surtout cette sensation formidable de revenir dans le monde et de découvrir ce que les autres avaient fait pendant notre absence.
« Viens voir ce que j’ai fait. »
C’est peut-être ça, pour moi, la magie de Minecraft en coopération.
Nous avons exploré le Nether, découvert des structures, des temples, des mines, affronté toutes sortes de créatures, puis nous sommes finalement arrivés jusqu’à l’End et avons battu le dragon. Nous avons même rencontré le Warden, cette créature qui transforme l’exploration des profondeurs en véritable moment de tension.
Et malgré tout ce que le jeu propose, c’est peut-être encore cette dimension de découverte qui reste mon plus grand souvenir.
Je lui reproche cependant une chose : son monde manque parfois de vie. J’aurais aimé davantage d’événements, de menaces, d’invasions ou simplement cette sensation que ce monde continue à vivre sans nous. Une fois qu’on a énormément exploré et qu’on maîtrise les mécaniques, j’ai parfois l’impression qu’il manque quelque chose pour donner envie de repartir à l’aventure.
Mais c’est aussi ce qui fait Minecraft : le jeu ne cherche pas forcément à nous raconter une histoire. Il nous donne un monde et nous laisse écrire la nôtre.
Et il y a une autre chose que je n’arrive pas complètement à expliquer : Minecraft me rappelle la NES.
Ce côté cubique, ces formes simples, cette lisibilité immédiate… Il y a quelque chose de presque archaïque dans son esthétique, mais aussi quelque chose qui me rappelle le plaisir que je ressentais avec les jeux NES. Comme si Minecraft poussait cette philosophie très loin : quelques blocs, quelques règles, et derrière eux un monde quasiment infini.
Minecraft n’est pas mon jeu préféré. Je ne le mettrais probablement pas dans mon top personnel si je devais simplement classer mes jeux préférés.
Mais ce serait une erreur de mesurer son importance uniquement à cela.
Parce que Minecraft m’a accompagné dans mon retour au jeu vidéo. Parce qu’il m’a permis de partager des moments avec ma fille. Parce qu’il m’a offert des nuits entières avec mes amis. Parce que chacun pouvait avoir son rôle, son projet, sa manière de jouer. Et parce qu’après toutes ces années où je pensais que ce jeu n’était absolument pas fait pour moi, j’ai finalement passé environ 200 heures dessus.
Et surtout, il m’a laissé une petite fierté que je n’aurais jamais imaginé ressentir pour Minecraft :
J’ai fini Minecraft.
Et finalement, ce n’est peut-être pas le meilleur jeu auquel j’ai joué.
Mais c’est incontestablement l’un des jeux qui ont le plus compté dans ma vie.