Monster Hunter Wilds
7.4
Monster Hunter Wilds

Jeu de Capcom (2025 · PlayStation 5)

Monster Hunter Wilds, successeur de Rise et héritier plus direct de World, était attendu avec impatience par une communauté curieuse de la direction que prendrait la licence. Allait-on s’orienter vers l’action plus arcade de Rise, ou vers l’approche méthodique et centrée sur la traque de World ? Le résultat se situe entre les deux : un équilibre qui, s’il risque de dérouter les puristes de World, se révèle au contraire plutôt malin. Wilds reste fidèle à l’essence de la chasse, tout en rendant l’expérience plus accessible.


Une régulation mise en scène par la narration

Contre toute attente, Monster Hunter Wilds mise sur une narration plus appuyée. L’équipe cherche clairement à donner du contexte, à introduire les monstres dans un cadre scénarisé, et à structurer une progression jusqu’au endgame, toujours cœur de l’expérience.


L’intention est louable, mais l’exécution laisse à désirer. L’histoire, convenue et peu inspirée, finit par peser lourdement sur le rythme. Les cinématiques s’enchaînent, souvent sans valeur ajoutée, et brisent l’élan naturel de la chasse. La structure devient rigide, presque linéaire par moments, et certains joueurs auront du mal à retrouver la liberté et le flow qui font l’identité de la série.


Oui, cette surcouche narrative vise sans doute à séduire un public plus large. Mais pour celles et ceux qui veulent surtout traquer et chasser, elle risque de ressembler à un détour plus qu’à une vraie plus-value.

Découverte et affrontements

Derrière sa narration plus présente, Monster Hunter Wilds reste fidèle à sa nature : tout ce qui est raconté n’est là que pour justifier la présence des monstres, et lancer le joueur dans une chasse effrénée. Et sur ce point, le jeu ne déçoit pas. Qu’il s’agisse de nouvelles créatures ou de têtes connues, chaque affrontement est un vrai plaisir, porté par ce sentiment toujours intact : celui de voir sa préparation minutieuse payer sur le terrain.


Si l’histoire reste oubliable, elle structure tout de même bien la progression. Elle pousse à renouveler son équipement, à affronter d’anciens monstres sous un nouveau regard, et à rester dans une logique d’amélioration constante. Rien de marquant, mais assez bien pensé pour porter les joueurs jusqu’au véritable cœur du jeu : l’endgame.

L’ouverture et le focus

Les bases solides de Monster Hunter sont toujours là. La narration, bien que moins convaincante, apporte une fraîcheur bienvenue. Mais Wilds ne s’arrête pas à ça. Côté nouveautés, le changement le plus visible est l’ouverture de la carte. Fini les zones cloisonnées reliées par un hub. Cette fois, tout est connecté. On peut se déplacer librement, sans chargement ni écran de quête. Une idée solide, correctement intégrée, mais qui reste timide. Capcom semble tester le terrain sans oser réellement bouleverser sa formule. Les zones restent assez étanches, et les monstres vraiment nomades manquent à l’appel. On rêve déjà de créatures comme le Valstrax Écarlate traversant les régions, en vraie menace mobile. Pour l’instant, cette ouverture intrigue, mais donne surtout l’impression d’un premier pas, à développer.


À l’opposé, le mode Focus a des allures de petite révolution. Ce nouveau viseur, proche d’un TPS, change la donne. Il augmente la précision, renforce la sensation de maîtrise, et enrichit la stratégie. Monster Hunter a toujours misé sur la lenteur calculée et le bon timing. Le Focus s’insère là-dedans sans trahir l’esprit, tout en modernisant le gameplay. Les armes gagnent en complexité, les coups ciblés peuvent provoquer des blessures spécifiques et améliorer le loot. C’est un vrai plus.


En résumé, Wilds ne casse pas les fondations, mais les fait évoluer dans la bonne direction. Ce n’est pas une révolution, mais les idées sont là, solides et prometteuses, autant pour un futur DLC que pour le prochain épisode.

Le bal des monstres ne fait que commencer

Le bestiaire est sans doute le point le plus crucial dans un jeu où l’on passe son temps à chasser. Et là-dessus, Wilds prouve encore une fois le soin particulier que la licence accorde à ses créatures. Points faibles, parties brisables, membres sectionnables, signes de fatigue qui apparaissent au fil du combat… tout est pensé pour rendre chaque affrontement vivant et gratifiant. Chaque nouvelle proie relance la machine : on ajuste son build, on s’acharne, et on finit par faire tomber ces monstres qui semblaient intouchables.


La variété est également au rendez-vous. Si les dragons restent de solides piliers, Wilds ose des créations plus originales. Le Nu Udra, inspiré d’une pieuvre, ou le Quematrice, sorte de coq géant, montrent que Capcom sait sortir de sa zone de confort sans sacrifier l’intérêt du combat, y compris pour les débutants.


Mais juger un bestiaire à ce stade reste délicat. J’écris ces lignes après deux grandes mises à jour, ajoutant notamment le Mizutsune, le Seregios et le Lagiacrus. Ces ajouts sont réussis, mais on sait qu’un Monster Hunter s’étoffe toujours sur la durée. Comparé à World en fin de vie, Wilds semble limité ; replacé dans son contexte, il offre en réalité un lancement équivalent, avec un nombre de monstres proche de celui de World à sa sortie. On aurait aimé un peu plus dès le départ, mais le contenu de base est solide. Et surtout, les mises à jour gratuites évitent le piège du suivi payant, devenu trop courant chez d’autres éditeurs.

Le vrai combat commence maintenant

Une fois la trentaine d’heures de l’histoire principale bouclée, le jeu commence vraiment. Libéré de la trame scénarisée, le chasseur retrouve toute sa liberté : choisir ses proies, se fixer ses propres objectifs, et se lancer dans des combats au rythme de ses envies. Chaque mise à jour viendra nourrir cette boucle, garantissant toujours de nouvelles raisons de repartir en chasse.


L’objectif central reste le même : forger des armes et armures optimisées pour chaque type de chasse. À côté de ça, les collectionneurs pourront se lancer dans la traque des fameuses couronnes (une petite et une grande pour la plupart des monstres) ou tout simplement profiter du multijoueur pour chasser entre amis. Les quêtes 8 et 9 étoiles, enfin, offriront un défi relevé à ceux qui cherchent à se mesurer à la difficulté la plus haute.


Certes, certains joueurs vétérans trouveront cet endgame plus accessible que celui des épisodes passés. Mais le challenge est bel et bien présent. Pour un joueur novice ou peu familier de la licence, les quêtes les plus ardues représenteront un vrai mur, nécessitant autant de préparation que de rigueur en combat. Alors, quand vous lirez que Wilds est “trop facile”, gardez en tête le profil de celui qui le dit : il y a fort à parier qu’il ait déjà retourné World ou un autre épisode pendant des centaines d’heures.

Entre promesses et retenue

Monster Hunter Wilds est sans doute l’épisode le plus accessible de la licence. On retrouve tout ce qui fait son identité : le soin apporté à chaque monstre, et une coopération en ligne fluide, que ce soit entre amis ou grâce aux fusées de détresse qui permettent à n’importe qui de rejoindre une chasse jusqu’à quatre joueurs.


La gestion des builds qui entre statistiques, talents d’équipement, joyaux et autres optimisations reste satisfaisante et familière pour les habitués. Elle peut paraître dense pour un nouveau joueur, car les menus affichent énormément d’informations, mais l’ergonomie a été améliorée. Elle reste imparfaite, parfois chargée, mais bien plus accessible qu’auparavant. La présence d’un menu radial, personnalisable et optimisé pour gérer ses soins ou ses objets en plein combat, est une excellente idée qui rend la chasse plus fluide et agréable.


Le bestiaire est réussi, le gameplay des différentes armes toujours solide, et le mode Focus sublime encore leur maîtrise. Reste que le contenu est difficile à juger dès aujourd’hui : la force de la licence repose sur ses mises à jour régulières. À son prix, on aurait pu espérer la présence de monstres emblématiques comme le Mizutsune ou le Lagiacrus dès le lancement. Mais nul doute que les prochaines mises à jour (et les collaborations annoncées, comme celle avec Final Fantasy XIV) viendront étoffer l’expérience.


En l’état, Wilds est un excellent point d’entrée pour les nouveaux venus, et un épisode suffisamment solide pour combler les habitués. Une étape réussie pour la saga, même si elle reste marquée par une certaine retenue.

MoussD
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs jeux vidéo des années 2020

Créée

le 10 sept. 2025

Modifiée

le 11 sept. 2025

Critique lue 17 fois

MoussD

Écrit par

Critique lue 17 fois

1

D'autres avis sur Monster Hunter Wilds

Monster Hunter Wilds

Monster Hunter Wilds

1

Mwoon

53 critiques

Triste performance

Je changerai ma note une fois que Capcom aura patch le jeu.Capcom, cela fait plusieurs fois, depuis World en fait, que tu fais de la merde avec tes joueurs pc. Non seulement tu imposes tes modèles...

le 1 mars 2025

Monster Hunter Wilds

Monster Hunter Wilds

8

-Lao

14 critiques

Révolution Sauvage ?

Successeur direct de Monster Hunter Rise, mais surtout de Monster Hunter World étant donné sa structure, Wilds nous promet de révolutionner la licence avec un vaste monde ouvert à explorer et des...

le 2 mars 2025

Monster Hunter Wilds

Monster Hunter Wilds

Plus surcoté tu meurs

Je pense que je n’ai jamais vu un jeu aussi surcoté ou alors c’est juste moi qui passe complètement à côté d’un chef d’œuvre. Je vais quand même argumenter un minimum. L’histoire est anecdotique à...

le 17 mars 2025

Du même critique

Hunter × Hunter

Hunter × Hunter

9

MoussD

9 critiques

Au-delà de la quête : Hunter x Hunter, le shonen par excellence

L'adaptation animée de 2011 de Hunter x Hunter est, pour ma part, le seul contact que j'ai eu avec l'œuvre de Yoshihiro Togashi. Ainsi, cette critique se concentrera sur l'animé en tant qu'œuvre à...

le 29 oct. 2025

Monster Hunter Wilds

Monster Hunter Wilds

7

MoussD

9 critiques

Une étape solide, mais pas un tournant

Monster Hunter Wilds, successeur de Rise et héritier plus direct de World, était attendu avec impatience par une communauté curieuse de la direction que prendrait la licence. Allait-on s’orienter...

le 10 sept. 2025

Pokémon Violet

Pokémon Violet

3

MoussD

9 critiques

Pokémon Violet – Un pas en avant, trois bugs en arrière

Pokémon Violet aurait pu être un renouveau. Il restera surtout comme un aveu d’échec technique dans l’une des licences les plus lucratives du monde.Les attentes autour de la licence Pokémon n'ont...

le 3 juin 2025