35 heures de jeu à mon actif
Depuis que je me suis intéressé au genre de la Fantasy, dans l'univers vidéoludique, certaines franchises se sont détachées du lot et font actuellement parties de mes coups de cœur inconditionnel ! Bien évidemment, nous pouvons citer les jeux prenant place dans l'univers du Seigneur des Anneaux ; la fameuse saga The Elder Scrolls a su tirer son épingle du jeu ; les Dark Souls ou les jeux estampillés Warhammer ont également su convoquer ma passion... mais il est bien une franchise qui, depuis que je l'ai découverte, est synonyme de beauté, aussi bien graphique que musicale, et dont la relation entre les personnages me touche beaucoup : Trine. Le studio Frozenbyte a tout bonnement proposé l'une des franchises les plus mignonnes et impactantes que je ne connaisse. Il aurait été dommage de ne pas profiter plus que ça de l'univers construit, et les joueurs de Trine 5 : A Clockwork Conspiracy savent très bien de quoi je parle !
Car après la douche froide de Trine 3 : The Artifacts of Power, le studio de développement table pour un retour aux sources, et quoi de mieux pour annoncer la suite des aventures de Amadeus, Zoya et Pontius que de sortir un autre jeu vidéo issu du même univers et introduisant des personnages issus de la fameux Académie Astrale ! C'est ainsi qu'en 2017, Nine Parchments voit le jour, dans le but d'annoncer Trine 4 : The Nightmare Prince ! De quoi ravir les fans et leur proposer une nouvelle formule qui fera oublier le troisième épisode.
Alors que les cours à l'Académie Astrale battent leur plein, une classe de sept élèves est témoin de la perte accidentelle de neuf parchemins de puissants sortilèges. Les camarades décident de partir à leur recherche, si cela leur permet de se sentir puissant le temps d'un combat !
Pas plus de spoil !
Et en soi, l'histoire n'est pas forcément très originale... Nous avons une succession de niveaux entrecoupés de boss qui détiennent les parchemins recherchés, de quoi proposer un parcours bien linéaire. Mais en même temps, on ne demande pas forcément à un shoot them up d'avoir un monde ouvert gigantesque dans lequel courir à en perdre haleine. Mais de toutes évidences - ou parce que cela coïncide avec mon expérience de jeu - nous pouvons observer une inspiration dans la franchise Magicka, série mettant également en scène des magiciens tirant des éclairs et des boules de feu dans toutes les directions et sur tout le monde (mais cela, nous y reviendrons très rapidement). Quoi qu'il en soit, c'est donc une histoire assez simpliste, à base de passage d'un niveau à l'autre que nous vivons mais il est bon de noter que si le scénario semble quelque peu faible, le jeu brille par ses autres points...
A commencer par les personnages, et les sept élèves qui composent cette classe de futurs grands magiciens ! Chaque personnage est un magicien spécialisé dans un domaine magique particulier : feu, soin, glace, foudre, "ténèbres", corps-à-corps et un peu de tout à la fois (je sais, on se serait attendu à un septième domaine magique, on a le droit d'être un peu déçu). Et c'est sans oublier deux personnages bonus que sont Amadeus - il va sans dire ! - et Selius - il va sans dire également puisqu'il s'agit de l'antagoniste du quatrième opus ! De quoi proposer un large choix d'approche pour les différents niveaux, mais aussi de nombreuses anecdotes défilant tout le long de notre aventure, nous permettant d'en apprendre un peu plus sur nos jeunes magiciens, même si ces connaissances demeurent assez faibles, ou du moins du même registre que les lettres collectées dans le cinquième opus de la série principale. Chaque magicien donc possède un design intéressant qui offre de la matière à l'univers des Trine ainsi, et c'est le plus important, qu'un arsenal de sorts "dédiés" assez impressionnant que le jeu nous délivre aléatoirement au cours de notre aventure, tout en sachant que l'on peut très bien se retrouver avec un sort avec lequel nous ne sommes pas du tout affilié, de quoi ajouter une petite dose de stratégie aux parties solo, mais également multijoueur - ce qui reste la meilleure façon de profiter pleinement du jeu.
Et à parler de multijoueur, parlons de la technique.
Si je me suis permis de faire la comparaison précédemment avec la série Magicka, c'est que l'on tombe en plein dedans : le tir allié mêlé à des hordes d'ennemis couplé à des sortilèges puissants mais également un peu traître offre quelques moments d'anthologie qui rendent l'expérience plus que satisfaisante, et drôle - il va sans dire là aussi. Nous entrons dans un jeu où finalement, le pire ennemi n'est pas forcément les créatures qui se pressent contre nous mais possiblement notre coéquipier qui, n'ayant pas pris le temps de bien viser, va nous décharger un sort mortel en pleine nuque. Et bien sûr, dans toute cette cohue, les ennemis que l'on rencontre ne réagissent pas de la même manière aux parchemins que nous choisissons (les créatures de feu craignent la glace, les créatures de ténèbres craignent les soins...), de quoi ajouter une nouvelle fois à l'aspect stratégique de ce titre.
Pour les combats, ils sont divertissants et graduels en terme de difficulté avec des ennemis qui deviennent de plus en plus immunisés contre les éléments que nous utilisons contre eux. Mais il existe toujours des solutions pour se défaire de moments complexes, comme fracasser son bâton sur la tête de nos ennemis. Des bâtons que l'on peut trouver sur les cadavres des différents adversaires que l'on croise et qui peuvent, s'ils sont assez rares, ouvrir des arènes exclusives où l'ingéniosité (ou la brutalité) nous permettra de gagner des skins pour nos magiciens, offrant de nouvelles possibilités de démarrage puisque chaque magicien possède quatre versions avec un pack de sorts différents.
Néanmoins, tout n'est pas forcément blanc, et ce qui peut être agaçant, même si on sent l'aspect drolatique dans ce mouvement, ce sont les téléportations : notre personnage, en plus de la ribambelle de sortilèges, possède deux téléportations rechargeables en temps réel dont la portée n'est pas négligeable. Le problème étant qu'on peut aisément se téléporter avant que la caméra ait eu le temps de nous montrer vers quoi l'on va, ce qui généralement se trouve être un bord de falaise, un balcon ou un trou dans la roche. En difficulté classique, ça va, on rigole bien de ce moment d'inattention. Mais en difficulté extrême, où la mort est définitive et où la campagne s'arrête, ce genre de désagrément met notre patience à rude épreuve...
Pour ce qui est des graphismes, ce qui va nous amener à parler des décors et des lieux ; et c'est ce qui donne les lettres de noblesse à la saga des Trine : c'est joli ! C'est joli tout mignon à croquer. Les tableaux se succèdent avec de très belles couleurs et des lieux en arrière plan plutôt impressionnants.
Et il en va de même pour les musiques, ce pour quoi la série brille à mes yeux et à mes oreilles : les compositions de Ari Pulkkinen résonne délicieusement, sans compter les titres que nous connaissons depuis le premier opus et qui reviennent nous rappeler de très bons souvenirs, à l'instar du titre "Tower of Sarek" qui se déclenche quand l'on arrive dans l'arène pour déverrouiller Amadeus comme personnage jouable.
En soi, Nine Parchments peut paraître un peu léger par rapport aux différents opus de la série et il ne faut pas oublier qu'il s'agit effectivement là d'une transition, d'un jeu pour patienter l'arrivée très attendu du quatrième titre. Mais il est plaisant de retrouver le temps d'un affrontement magique l'univers si fantastique de Trine, avec ces lieux incroyables, ces musiques passionnantes... avec des personnages hauts en couleur qui, certes, auraient gagné à être un peu plus mis en avant, du moins creusé. Mais ce titre est un excellent divertissement, qui propose de très bons moments d'émerveillement en solo et d'excellentes soirées de rigolade en multijoueur, entre amis ou même avec des inconnus. Pour les fans de la série Trine, je recommande bien évidemment et plus que chaudement ce jeu, même si, encore une fois, il peut paraître moins riche en terme d'histoire ; mais qu'importe ! surtout si les qualités que l'on prête aux autres jeux se retrouve ici : la Beauté, et encore la Beauté !
Et n'oubliez pas que la Fantasy nous appartient !