Nioh 3
7
Nioh 3

Jeu de Koei Tecmo Games et Team Ninja (2026 · PlayStation 5)

Troisième épisode de la licence Nioh, sorti six ans après le précédent épisode. Le premier jeu m’avait découragé à cause de sa difficulté, le second avait su mettre en place des aides qui rendaient l’expérience plus viable. Qu’en est-il de cette suite ? On y incarne Tokugawa Takechiyo. Nous sommes nommés pour devenir shogun, mais notre frère pue le seum, est corrompu par les ténèbres et sème une zizanie qui menace le Japon. Pour sauver notre patrie, nous devons voyager dans le temps, rien de plus simple, un mardi comme les autres.



I/ Ouvert vers le vide

         Les premiers jeux étaient découpés en chapitres et je regrettais cette façon de faire. Ici dans Nioh 3, les développeurs de la Team Ninja cherchent à aller plus loin en proposant, notamment, de grandes zones à explorer. Terminé les petits niveaux linéaires à explorer ? Pas totalement. En réalité, au bout de quelques heures, on comprend qu’il s’agit de blocs reliés les uns aux autres par des couloirs. Aucune topographie ne fait rêver et on distingue à peine les autres environnements quand nous sommes en hauteur. De plus, nous ne naviguons pas dans une map, mais trois. Quand on observe la carte, les régions sont visibles et on croit voir des pièces de puzzle emboîtées. Ces petits mondes ne proposent que très peu de mécaniques de level design. On arrive et on bute tout ce qui bouge. On ouvre de nombreux raccourcis pour ne pas se retaper les passages (loués soient les développeurs d’avoir eu pitié de nous). Puis, au bout d’un moment, on tombe sur un boss, qui représente encore un pic de difficulté qui n’a aucun sens avec le reste de la zone. À ce moment, on peut invoquer une intelligence artificielle en échange de coupes ochoko. On se rend compte qu’elles sont débiles, n’esquivent pas la majorité des attaques et meurent en une poignée de minutes. Les maps sont remplies de bases ennemies, de chats à caresser, de kodamas à trouver, de purgatoires (succession d’ennemis) à purifier, d’objets à looter… La direction artistique n’aide en rien à tirer le tout vers le haut. Les premiers environnements sont classiques, mais passables. À la fin, c’est juste laid pendant des heures. Même la direction artistique de certains chapitres de Nioh 2 atomise les plus beaux décors de Nioh 3. Sans parler de la technique qui est, comme d’habitude dans la série, aux fraises. On finit par parcourir un monde inintéressant avec un level design archaïque, que Demon's Souls (2009 !) ridiculise à chaque instant.



II/ Ad vitam nauseam

         Comme dit plus haut, la boucle de gameplay est la même pendant tout le jeu. Autant dire que la lassitude s’installe à une très grande vitesse. Pourtant le gameplay est d’une richesse folle. Nioh 3 s’inspire quand même de ses aînés. On retrouve le même gameplay samouraï que dans le 2. Cette fois-ci, on peut aussi se transformer en ninja. Cet état fait généralement moins de dégâts, a moins de défense, mais est plus rapide et fait deux fois plus de dégâts dans le dos des ennemis. Encore faut-il que le jeu soit tolérant sur où se trouve le « dos » des ennemis. Sans parler de ceux qui se retournent dès le premier coup. Bref. De Nioh 2, on retrouve les Royaumes des Yokaï, les contres explosifs, la forge complexe pour pas un rond, les esprits protecteurs et les mêmes ennemis. Quand je dis les mêmes, c’est les MÊMES. Sur l’intégralité du bestiaire, une poignée sont de nouvelles créatures, même les boss reviennent pour remplir des trous des maps. Si au gameplay on ajoute les assets recyclés, on a l’impression de jouer à un DLC du 2. J’ai joué près de 60h pour affronter en boucle les mêmes ennemis. À ce niveau-là, le jeu est au moins deux fois trop loin. S’engager dans Nioh, c’est aussi se coltiner des défauts qui commencent à devenir plus que pénibles au bout du troisième jeu. Les ennemis sont affreusement débiles, l’IA est ridicule, les hitbox sont approximatives et on a l’impression que tout est un prétexte à rendre le jeu illisible. Soit c’est l’attaque de l’esprit protecteur, soit c’est un second mob, soit c’est un autre personnage, soit c’est le décor, soit c’est cette caméra de merde… Comment ne pas être exigeant avec un jeu qui nous demande de l’être.



III/ Flemme de build dans le vide

         Le build de notre personnage est d’une richesse absurde et abyssale. Comme on peut jouer ninja et samouraï, on a deux builds à façonner à notre manière. Cela passe par les armes, les pièces d'armure, les accessoires, les compétences, les bénédictions de Kodamas ou de Jizo, les esprits protecteurs, les ninjutsus, les arts martiaux et j’en passe. Le problème, c’est que le jeu n’est jamais clair. Les stats sont obscures, elles décrivent des caractéristiques qu’on n’imagine pas. Elles sont elles-mêmes peu claires. Ajoutez à cela la forge qui est toujours peu claire sur le rôle des items et des onglets. Qui a envie d’entrer dans un tel vortex et d'y investir des heures de réflexion pour créer l'ultime set ninja ET samouraï ? En plus pour casser un jeu qui est déjà trop long. Il faut reconnaitre le mérite du jeu de proposer un panel aussi large et de fournir les ressources techniques pour faire ce qu'on veut. Il est possible de tester des builds avant de les construire ainsi que de redistribuer l'entièreté de nos points de niveaux. On mélange à tout ça le loot qui dégueule h/24. Encore une fois, la Team Ninja privilégie la quantité à la qualité. Deux builds impliquent une double dose d'items. On ne sait plus que foutre d’autant d’items. La série se trimballe cette idée pourrie d’Elixir qui sont des objets à looter. Pour la seconde fois, la Team Ninja se débrouille pour qu’on en possède une quantité délirante dans notre réserve au bout de quelques heures. J’admets ne pas avoir compris d’où ils venaient. Quand on a 600 élixirs en stock, on peut encore se questionner sur l’intérêt d’en avoir fait une ressource limitée. Pour revenir à notre personnage, ce n’est qu’une coquille vide qu’on construit. Même dans l’histoire, notre avatar est insipide. Au moins cette fois, il a droit à quelques lignes de dialogues pour faire genre. D’ailleurs, l’histoire est toujours peu palpitante. À chaque map, les intrigues qui nous sont présentées restent inintéressantes et l’histoire principale n’est pas la motivation qui nous pousse à continuer le jeu. Les quêtes annexes n’offrent rien d’intéressant non plus, puisqu'elles ne sont que des prétextes pour déchiqueter encore et encore les mêmes ennemis et les mêmes boss en allant d’un point A à un point B.



 


         Bref, Nioh 3 a juste un goût de 2,5. Autant je ne fais pas partie des personnes qui pensent que Nioh 2 était déjà un 1.5, autant là c’est fou. La seule vraie nouveauté cool est le job ninja. Cela offre un gameplay immense et nerveux, qui donne envie aux premières heures. Cependant, quand on comprend ce qui nous attend pendant les dizaines d’heures qui viennent, on pleure. On retrouve les mêmes codes qui sont des défauts qu’on ne peut plus louper, on a l’impression de jouer et de faire la même chose à chaque session de jeu. Rien ne donne envie de continuer l’aventure, même si la difficulté est revenue à la baisse par rapport aux aînés. Le nombre de Souls-like qui mettent une balayette sans effort à ce Nioh 3 est très grand. Même le monde ouvert, qui est la seconde grosse nouveauté de ce jeu, est nul et inintéressant. Le pétard mouillé est bien là. Si Nioh 4 il y a, il serait peut-être temps de se questionner pour proposer un jeu plus moderne. En neuf années, la série est presque statique. C’est dommage.

PatateDeLespace
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les jeux vidéo les plus attendus de 2026 et Les meilleurs jeux vidéo de 2026

Créée

il y a 10 heures

PatateDeLespace

Écrit par

D'autres avis sur Nioh 3

Nioh 3

Nioh 3

6

blackcat999

le 19 févr. 2026

Suivre

Nioh 3 : Le Plaisir du Vide

Jouer à Nioh 3, c'est comme s'acharner sur un flipper de génie installé dans une cave qui prend l'eau. Les lumières clignotent, les sensations sont folles, mais si vous avez le malheur de lever les...

Nioh 3

Nioh 3

6

Mr-Chris

le 22 févr. 2026

Suivre

Mouaisssss

Nioh 3 est très bon dans ce qu'il propose, c'est à dire du NIOH!Et rien de plus ! Si vous n'avez pas aimé le 1 ou le 2, le 3 ne vous fera pas fait changé d'avis,En parlant de changement graphiquement...

Du même critique

Paper Mario : La Porte Millénaire

Paper Mario : La Porte Millénaire

7

PatateDeLespace

le 26 août 2024

Suivre

Jeu en carton ?

Dans la galaxie des licences les moins connues par le grand public, j’appelle Paper Mario. Dans la constellation des jeux cultes que Nintendo n’a jamais ressortis depuis leur sortie, j’appelle La...

Blasphemous II

Blasphemous II

9

PatateDeLespace

le 4 sept. 2023

Suivre

Blasphemous 2: Un Blasphème pour les Metroidvania ?

Après un premier jeu sorti en 2019 qui était déjà une référence dans le genre de metroidvania moderne, The Game Kitchen enfonce le clou avec une suite qui promet d'être comme le 1 mais en mieux.Le...

Mario & Luigi : L'épopée fraternelle

Mario & Luigi : L'épopée fraternelle

6

PatateDeLespace

le 9 déc. 2024

Suivre

L'épreuve d'Endurance Fraternelle

Dans l’océan des licences de Nintendo, certaines gardent le cap et d’autres voguent on ne sait où pendant des années. Mario & Luigi fait partie de ces licences moins connues par le grand public,...