Jouer à Nioh 3, c'est comme s'acharner sur un flipper de génie installé dans une cave qui prend l'eau. Les lumières clignotent, les sensations sont folles, mais si vous avez le malheur de lever les yeux de la bille, vous réalisez que vous êtes entouré de moisissures et que le patron vous a facturé l'entrée au prix d'un casino de Las Vegas.
Le Gameplay : La drogue dure dans un sachet sale
Soyons clairs : si on ne lâche pas la manette, c'est parce que le gamefeel est une drogue. La Team Ninja possède une science du combat que personne ne peut leur enlever. Mais le vrai coup de maître de cet opus, c'est la Métamorphose Ninja et Samouraï. C'est une idée de design brillante qui offre deux jeux en un sans jamais passer par un menu : on alterne entre la stabilité lourde du Samouraï et la nervosité électrique du Ninja de façon totalement fluide.
C’est gratifiant, c’est nerveux, et c’est magnifié par un système de Forge qui est, sans conteste, le meilleur de la série. Pour quiconque aime la virgule statistique, c’est une orfèvrerie. On passe des heures à triturer son stuff avec un plaisir presque hypnotique, ce qui nous évite de trop regarder le paysage... et c’est tant mieux.
L'Esthétique : Une insulte à la rétine
Car dès qu'on lève le nez de ses statistiques, c’est le choc. En 2026, proposer une technique aussi honteuse relève du mépris pur et simple. On nous vend un "Monde Ouvert" qui n'est qu'un immense désert de remplissage inutile. C’est du vide à la Ubisoft, injecté à la louche pour nous faire croire à une aventure épique alors qu'on ne fait que traverser des zones mortes. La Direction Artistique est une bouillie insipide, un mélange informe de gris et de brun sans aucune identité. L’histoire est un bruit blanc incompréhensible, et l’OST est si absente qu’on finit par vérifier si le son n'est pas coupé.
Le Recyclage : La redite jusqu'à l'écœurement
Mais le vrai scandale, c’est le recyclage. Retrouver 80% du bestiaire et des boss des épisodes précédents, avec les mêmes patterns et parfois les mêmes cinématiques, est une insulte au prix fort réclamé. Le résultat est immédiat : pour un joueur qui a déjà poncé la licence, le jeu devient beaucoup trop facile. On roule sur les boss du premier coup parce qu'on les connaît par cœur depuis six ans. La tension disparaît, remplacée par une lassitude mécanique. On ne découvre rien, on récite une leçon apprise par cœur dans un décor recyclé.
On finit par jouer par "petites sessions", non pas pour faire durer le plaisir, mais pour éviter la saturation mentale. C'est le paradoxe total : un gameplay de luxe coincé dans une carcasse industrielle que le studio a eu la flemme de renouveler.
Le Bilan
Ce qui sauve le jeu :
- Le gameplay nerveux qui reste l'un des meilleurs du marché.
- La Forge, une mine d'or pour les maniaques de l'optimisation.
- Le système de Métamorphose Ninja/Samouraï, un régal de flexibilité.
Ce qui le plombe :
- Des graphismes datés et une D.A. totalement aux abonnés absents.
- Un Monde Ouvert vide qui dilue inutilement l'expérience.
- Un histoire incompréhensible
- OST... où est-tu???
- Un recyclage de mobs et de boss qui frise le foutage de gueule.
- Une facilité déconcertante qui tue tout sentiment d'accomplissement.
Note : 6 / 10
Un 6 qui tient uniquement grâce à la solidité de ses mécaniques. Nioh 3 est un simulateur de forge exceptionnel, mais c'est aussi le témoignage d'un studio qui a confondu "suite ambitieuse" et "fond de tiroir recyclé