Je crois que le nombre de visual novels que j’ai touchés dans ma vie se compte sur les doigts… de la moitié d’une main. Autant dire que me prononcer sur Paranomasight n’était pas gagné d’avance. Et pourtant, ce jeu a réussi à m’accrocher suffisamment pour que je veuille le finir correctement : toutes les fins, toutes les surprises, et une plongée dans ce genre encore rare en Occident.
Ici, pas de romance sucrée ni de clichés faciles : Paranomasight joue la carte de l’enquête policière sous un voile d’occultisme japonais. L’histoire s’inspire des légendes urbaines et des yōkai, avec en point d’orgue les mystérieuses "Seven Wonders of Honjō". Pour ceux qui me suivent, vous savez déjà que ce type de folklore me fascine, comme j’ai pu le dire à plusieurs reprises dans mes avis sur Ghostwire Tokyo, Cosmology of Kyoto ou encore le manga Yōkai Hunter.
Le jeu oscille entre mystère et horreur, même si cette dernière reste assez légère et sous-exploitée. Comptez entre 10 et 15 heures pour explorer toutes les fins. Chaque scène réserve son lot de surprises et la conclusion se montre plutôt convaincante.
Un vrai plus par rapport à la majorité des visual novels : la possibilité de regarder autour de soi dans des scènes en quasi-3D. Les décors reproduisent magnifiquement la région de Sumida à Tokyo. Dommage que cette feature soit si peu utilisée. Les débuts laissaient espérer des jump scares ou des moments plus tendus… mais au final, pas de grandes surprises à ce niveau.
Le sentiment qui domine ? Beaucoup de bonnes idées, parfois sous-exploitées. On sent que le budget n’a pas laissé toute la liberté aux auteurs. Côté sonore, c’est réussi, mais répétitif : un peu plus de variété aurait évité la lassitude face aux mêmes bruitages et musiques.
Malgré tout, on passe un excellent moment à découvrir les personnages, à éviter les morts et les pièges liés aux pouvoirs mythologiques. L’histoire touche et questionne : que feriez-vous si vous pouviez ressusciter un être cher ?
Paranomasight n’est pas le chef-d’œuvre que j’espérais, un poil plus horrifique n'aurait pas été de trop, mais c’est une parenthèse agréable pour tout amateur de visual novels et, plus largement, pour ceux fascinés par le Japon mystérieux et le fushigi. Une expérience intrigante, surprenante et qui mérite qu’on s’y plonge.