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le 12 avr. 2017
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On va rapidement mettre les choses au clair : j’étais déjà un admirateur de Persona 3 et 4, Persona 5 était donc de très loin le jeu que j’attendais le plus. Et autant être encore plus clair, Persona...
J'attendais évidemment beaucoup Persona 5. J'ai adoré les épisodes 3 et 4. Autant le dire tout de suite, j'ai été assez déçu par P5. Le jeu est bien trop long, bien trop répétitif pour les idées qu'il propose. Plus condensé, je serais ressorti avec une bonne impression. Mais à la moitié du jeu, j'étais déjà pressé d'en finir...
Le jeu est de bonne facture dans son gameplay, sa finition esthétique, et comporte des idées très sympathiques au niveau de l'histoire et des personnages. Mais cela aurait pu tenir sur un jeu 4 fois moins long et ne pas paraître dense. P5 aurait été véritablement bon s'il avait développé les personnages et l'histoire pour utiliser cette masse de texte à bon escient. Ici au contraire, on passe énormément de temps à lire des textes absolument redondants, reformulant les mêmes phrases sans arrêt.
Si je passe outre cette dilution des idées à l'extrême, j'ai bien aimé les idées passées à travers l'histoire. Les jeunes héros refusent le monde qui les entoure, où l'autorité est plus importante pour la société que la justice, où tout le monde ferme les yeux sur les abus violents des personnes dominatrices sur les fragiles, où l'on punit toujours plus ce qui ont déjà souffert au lieu de les soigner.
Chacun est tellement isolé par l'organisation sociale, que tout le monde est rendu impuissant, incapable de s'organiser avec d'autres face à la violence. Ce sentiment d'impuissance pousse les gens à se renfermer encore davantage sur eux-mêmes, et à préférer une prison d'illusions à l'espoir d'un changement qui parait hors d'atteinte.
Lorsqu'une personne est trop atteinte par le désespoir et ne croit plus en sa propre capacité à influencer d'une manière positive le monde qui l'entoure, elle finit par elle-même le noircir, au lieu d'apporter la lumière de sa vision de ce que peut être la vie. Elle voit le monde comme quelque chose d'immuable et sombre à son tour dans la noirceur, haïssant le monde, les gens qui le peuplent, creusant elle-même sa solitude et sa prison. Cette noirceur contamine le monde, ôte la force à ceux qui pourraient porter le changement. Alors que si le monde vibre de la croyance en la capacité de chacun à apporter quelque chose de positif, cela peut porter ces mêmes personnes dans cet accomplissement.
L'espoir stimule l'espoir. Le désespoir creuse le désespoir.
Nos personnages se soulèvent donc face à l'impunité dont bénéficient des personnes qui n'ont plus aucune empathie pour leurs pairs et qui ne trouvent leur salut que dans la corruption et la perversion. Au fond d'eux il y a une souffrance bien souvent, mais leur cognition est si pervertie qu'ils en viennent à croire qu'ils sont heureux en faisant du mal.
Une des morales finales du jeu me fait penser à celle qu'offre la série animée La Légende de Korra. Tes émotions influencent la réalité. Si tu cherches la lumière, tu la trouveras sans aucun doute. Alors que si tu cherches la noirceur en permanence, c'est tout ce que tu seras capable de voir.
Créée
le 29 oct. 2017
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