Pour l'anecdote, Shu Takumi explique avoir écrit les histoires des Ace Attorney en état d'ébriété, il buvait au travail pour trouver l'inspiration et, dans les pires moments, il s'enfilait une bouteille de bourbon en une semaine. L'anecdote est tirée de l'article Wikipédia "Shu Takumi" en japonais (traduit à l'aide du traducteur) et elle se conclut en précisant que Shu Takumi sépare strictement sa vie professionnelle et personnelle et qu'il ne boit pas hors du travail.
Je ne sais pas à quel degré cette anecdote est vraie, mais je me suis bel et bien retrouvé dans une sorte d'état d'ébriété lorsque je jouais à la saga Ace Attorney, des jeux uniques dans lesquels on incarne un avocat, Phoenix Wright, chargé de défendre ses clients contre les mensonges des témoins et contre l'accusation.
Il s'agit du seul visual novel auquel j'ai joué. Des tunnels infinis de dialogues, des personnages dessinés qui prennent tout l'écran, hauts en couleurs et animés avec beaucoup de soin. J'ai l'impression que le visual novel est un type de jeu généralement fauché et souvent pas très intéressant, mais là, il y a un tel soin dans les graphismes, la musique et le design qu'on est bien sur un "gros" jeu développé avec beaucoup de moyens.
Ensuite, il s'agit d'un jeu d'arcade. Les personnages se tapent avec des objections, les arguments qu'ils s'envoient ont les mêmes bruitages que les sabres qui tranchent dans les jeux de baston. Un personnage se bat même avec un fouet. Il y a une jauge de vie et même un arbitre, le juge, qui observe le bon déroulement de la joute.
Enfin, il y a les histoires. Elles sont très théâtrales et la cour de justice, comme espace de jeu, se prête parfaitement à cette plongée dans les tourments des accusés et des témoins. Les histoires restent légères et un peu grotesque, mais le gameplay de Ace Attorney, qui consiste à dévoiler les mensonges, à creuser les apparences pour révéler la vérité, épaissit les personnages jusqu'à ce qu'ils deviennent très souvent touchants, parfois même très réussis. Pour construire des histoires intéressantes à jouer, pour tenir le joueur en haleine, Ace Attorney est obligé de construire des personnages ambigus, de prendre des risques et de sortir des sentiers battus, et ça fait telleeemmment du bien de voir les intrigues révéler peu à peu des personnalités surprenantes !
Pour arriver à faire ça, il faut de l'alcool évidemment. Je ne sais pas si cette anecdote est vraie ou bien s'il s'agit d'un mensonge, mais je l'aime bien.