Fruit assez incroyable du travail de deux personnes, Planet Crafter est dans la lignée de Subnautica, avec une carte fabriquée à la main, pas de génération procédurale, à explorer au gré de l'évolution de la terraformation de la planète. La différence majeure réside dans l'absence de dangers "vivants", et dans la manière d'explorer le monde : là où la boucle de gameplay de Subnautica consistait à trouver de meilleurs matériaux ou des plans précis, pour fabriquer un meilleur équipement et aller explorer plus profondément sous la surface, avec une absence d'automatisation (pas d'industrialisation à la Satisfactory) mais avec des moyens de "couper" certaines étapes (comme cuire directement sa bouffe avec le couteau thermique), celle de Planet Crafter repose sur une jauge à faire progresser, avec une vraie évolution de la boucle de gameplay (on ne ramasse plus ses minerais à la main, on dépose des foreuses ; on peut même finir par automatiser le craft et le "raffinage" de ressources, ou le transport avec des drones) mais avec des murs de glace bien statiques qui vous empêcheront d'aller plus loin, tant que votre jauge n'aura pas atteint le niveau nécessaire.
Le mode hardcore de Planet Crafter est intéressant : il requiert une vraie connaissance du jeu et un peu de rapidité pour arriver à obtenir l'auto-suffisante en eau et en nourriture. Une fois cette étape franchie, l'expérience perd progressivement son aspect survie (de moins en moins besoin d'oxygène...) et prend davantage l'aspect d'un idle game, avec de multiples jauges à faire progresser, dans des échelles toujours plus grandes. L'automatisation est présente, même si le système de drones n'est pas aussi efficace qu'un tapis roulant ou une route : les drones semblent pouvoir transporter un seul objet à la fois, et le système de priorités ne semble pas suffisant pour équilibrer les flux. Je m'explique : si vous avez une production d'obsidienne à l'autre bout de la carte en priorité élevée, et que votre base en a soudainement besoin d'une dizaine, vous n'aurez pas un seul drone dédié qui ira chercher ce stock, mais dix drones qui feront l'aller-retour. Il n'y a pas moyen de dédier un drone à une armoire par exemple, ou à une section. Qui plus est, remplir votre propre inventaire (gigantesque en fin de jeu) sera un bon moyen de couper la frustration et de débloquer un peu vos lignes de production.
Pour moi, le jeu devient principalement un support social à partir du moment où le palier hardcore se termine. Dur de cracher dans la soupe en connaissant les contraintes de développement, mais pour moi, Planet Crafter est vite devenu répétitif, un peu casse-pieds avec certains stockages beaucoup trop petits (comme le producteur d'organismes bactériens), un peu décevant sur certains points (sur l'étape des lacs, je m'attendais à voir la glace fondre et se déverser dans les vallées... dommage !). Certains DLCs semblent proposer une évolution intéressante, mais le jeu n'offre pas ces phases de frisson où l'on doit affronter sa peur, arbitrer entre témérité et prudence pour trouver de nouveaux matériaux, échapper à une poursuite, et repartir étendre tranquillement sa base.