Si vous ne vous souvenez pas de l’an 2000, ce texte n’est peut-être pas fait pour vous. Pour tous les autres, les nostalgiques, les curieux, je vous embarque dans le petit train de la hype suite à la sortie de Pokémon Fire Red et Leaf Green sur Nintendo Switch ce 27 Février 2026. Vous pouvoir voir ce texte illustré par mes soins en visitant le lien Substack suivant, c'est 100% free et sans publicités : Disponible ici !
Mon ambition n’est pas de parler de la genèse de Pokémon, car je ne serai qu’un random parmi les 100 000 déjà existants qui le font et le font déjà bien mieux que moi. Non, ce qui m’intéresse ici c’est : qu’est-ce que ça fait de jouer à Pokémon Fire Red en 2026 ? Toi qui étais peut-être la cible principale de cette Pokémania, toi qui pleures peut-être aujourd’hui en te remémorant ce jour où tu as eu ta carte Dracaufeu first edition (je pleure encore).
Posez-vous dans votre canapé et lancez cette playlist Lo-fi mêlant nostalgie et apaisement : Born to be chill !
Avant de lancer l’”émulateur légal” de Nintendo.
Je venais d’avoir 11 ans le 5 octobre 1999, le jour de la sortie de Pokémon version Rouge et Bleu en Europe. Par contre, c’est bien le 27 février 1996 que les versions Rouge et Verte sont disponibles au Japon. C’est donc pour célébrer les 30 ans de la sortie japonaise que Nintendo a choisi de nous ressortir non pas la version originale, mais bien le remake de la première génération de 2004. Un choix de confort judicieux, car il permet de ne pas perdre les joueurs, que ce soit d’un point de vue technique et visuel.
Mais le plus gros confort est certainement le sac de transport, plus grand et catégorisé par types d’objets. Outre des options de quality of life, il y a, à mon sens, d’autres raisons. Une concerne le marché du rétro, qui témoigne d’une demande (et d’une frustration) grandissante où le prix d’une version physique dépasse la simple acquisition pour le plaisir de jeu.
Pokémon, c’est LA licence qui propulse l’émulation, et il y a plusieurs raisons à ça. Le jeu ne nécessite pas Internet, il se joue en solo, propose une grosse rejouabilité et il est complet, ce qui n’existe plus aujourd’hui à l’ère du numérique. Et enfin le plus frustrant pour les collectionneurs, pas d’échanges, ni de conservation sur le Pokemon Home. Ce qui est/sera disponible sur la version Switch en local uniquement.
J’ai lu la grogne de beaucoup de joueurs dénonçant l’absence du jeu dans le Nintendo Switch Online. D’après mes lectures, Nintendo se tirerait une balle dans le pied…Il est le premier sur le shop en ligne.
En le vendant en stand-alone à 20 €, c’est se garantir des revenus conséquents car la demande est colossale. Ce move permet aux nostalgiques d’avoir accès au jeu facilement sans passer par une version pirate et qui n’est pas prêt à investir dans le rétro. N’oublions pas que c’est également une occasion pour nous, parents, de voir nos petites frimousses encore innocentes poser les mains sur ce qui a fait notre bonheur étant petits… sans mobiliser le smartphone de papa ou maman. Nintendo a compris que rendre son patrimoine accessible va résoudre une partie de ses problèmes de manque à gagner liés à l’émulation. Alors beaucoup vont me dire que je suis débile, qu’il suffit de trouver un vieux smartphone et d’y brancher une manette. Oui… mais en fait non.
Nintendo sait qu’un des moteurs de l’achat du dématérialisé est ni plus ni moins « la flemme » et le « tout de suite », donc pourquoi s’en priver ? Si on combine la demande énorme de cette cible et surtout celle liée à l’émulation, il est donc plus intéressant de le proposer à 19,99 €, car sa valeur est colossale et ne demande aucun investissement de la part de Nintendo. Inclure le jeu dans le Nintendo Switch Online ne ferait que dévaluer le patrimoine. Enfin, avant de passer au jeu, j’y vois le début d’une opération de plus grande envergure. Fire Red et Leaf Green ne sont qu’un début. Attendez-vous à voir les autres générations comme HeartGold et SoulSilver dans peu de temps. Sachez déjà que je répondrai présent.
J’insère la cart’… je télécharge le logiciel !
J’ai choisi la version Vert Feuille parce que… j’ai toujours pris les versions rouges. Aucune différence à l’exception de certains Pokémon présents. Déjà, au premier coup d’œil sur Switch 2, visuellement ça pique. L’écran est bien plus grand qu’un smartphone et j’avoue que le form factor idéal serait plutôt l’écran d’une Switch Lite. L’écran de la Switch 2 est ultra lumineux et fait ressortir des pixels bien gros et gras, mais on s’y habitue vite. Passer de 6,3 pouces (smartphone) à 7,9 pouces (Switch 2) nécessite quelques minutes d’adaptation et n’en parlons même pas des 2,9 pouces de la GameBoy Advance ! Deuxième élément qui saute cette fois-ci aux oreilles. Si, comme moi, vous avez grandi avec les jeux originaux, je pense qu’une partie des nostalgiques regrettera la réorchestration du remake. Une tonalité certes plus chaleureuse mais moins authentique, avec moins de personnalité et la perte de ce tintement propre à la musique 8-bits.
Tout cela, perdu… dans un coin de ma tête !
La première génération de Pokémon est une génération qui ne s’oublie pas. Dès le début du jeu, nos souvenirs refont surface. Salamèche évolue au niveau 16 ou 14 ? Au niveau 16 il me semblait bien. Puis en Dracaufeu au niveau 36… c’est juste avant ou après qu’il apprend Lance-Flammes ? Que ce soit l’emplacement des objets cachés, des champions d’arène ou de la Ligue, je me suis rendu compte que tout ça dormait dans un coin de ma tête.
Mais là où le plaisir est toujours présent, c’est bien de voir grandir sa propre équipe sans la surcouche de gameplay et de mécaniques (pas de multi-ex) propres aux jeux d’aujourd’hui. Entre les Pokémon que nous avions à l’époque et ceux qu’on snobait, j’ai pris un certain plaisir à reprendre ce bon vieux Salamèche et aussi cet Aquali qui me faisait gagner des matchs par Cable Link.
Il y a certains changements entre la version de 1996 et celle de 2004 qui sont des modifications anodines mais qui dénaturent l’expérience d’origine. Les talents sont les bienvenus mais le port d’objets fait pâle figure et ne brille pas dans cette version. La caractéristique SPE est désormais divisée entre attaque et défense. Il y a également un lissage du politiquement correct qui, à mon sens, n’a pas lieu d’être.
Ces modifications ne font que renforcer la direction prise suite au départ de Satoshi Tajiri, créateur de Pokémon. Avec des yeux d’adulte, je perçois un bon rythme du jeu entre son début et la fin du Parc Safari. Cela correspond au moment où mon équipe fut plus ou moins établie pour malheureusement finir par du farming pur et dur pour le dernier tiers du jeu.
Finalement, qu’est-ce que j’en retire de cette version en 2026 ? La nostalgie reste le moteur principal de la motivation d’achat. Ensuite vous prenez conscience que presque rien n’a été oublié et que même 30 ans après votre première rencontre, vos souvenirs se dépoussièrent et ne demandaient qu’un coup de balai. Comme le rafraîchissement d’un verre de limonade suite à la chute de la bouteille, l’aventure perd en pétillance. La magie de la découverte laisse place à la progression optimisée pour finir le jeu au bout d’une vingtaine d’heures… là où ma jeunesse en a peut-être perdu des centaines. Si vous refaites ce jeu, vous le ferez sans la magie après son premier tier, sans les échanges, ni les surprises et sans aucune envie d’y rester une fois l’histoire terminée. C’était presque comme avant… sans la saveur d’antan. La faute à Nintendo ne proposant qu’un portage d’une ROM bête et méchante ? Aurait-il fallut le remake d’un remake ? Ha mince, il y a déjà Pokemon Let’s Go…Bon ben…je donne ma langue au Miaous !
Pokémon Fire Red & Leaf Green sont disponibles sur Nintendo Switch 1 et 2 depuis ce 27 février 2026 au prix de 19,99 € séparément, hors promotion.