Sorti en 2007, Portal présente une toute nouvelle facette de la compagnie Valve, réputée jusqu'alors pour des jeux tels que Half-Life, Team Fortress et, bien entendu, le célèbre Counter Strike. Exit donc le style FPS, et bienvenu dans le genre puzzle à la première personne.
Scénario :
Comme son nom l'indique, Portal se base sur la technologie des portails. Et, comme tous les jeux développés par Valve le précédent (Day Of Defeat excepté), Portal est également relié au pilier central qu'est Half-Life. Sauf, qu'au lieu d'être simplement un mod du jeu étendard de la firme, Portal se déroule dans le même univers que Half-Life et prend place peu de temps après. Ainsi, l'action se déroule dans les locaux de la compagnie de recherche Aperture Science, rivale de la compagnie Black Mesa, dont les lieux servaient de décor à Half-Life.
Le jeu débute alors que l'on se réveille dans un labo vide, dans la peau de Chell, et qu'une voix robotisée féminine - l'intelligence artificielle GLaDOS - commence à nous briefer et nous guider dans le jeu. L'on parcoure alors dix-neuf salles qui servaient auparavant de test vis-à-vis des aptitudes mentales des sujets. Seulement armés d'un générateur de portails qui permet d'atteindre des endroits inaccessibles, traverser des pièces en une microseconde, et défier les lois de la gravité en se servant, par exemple, de la vitesse d'une chute, pour ressortir propulsé d'un mur au fond de la pièce, l'on doit donc résoudre les casses-têtes que proposent ces dix-neufs salles en alliant logique, réflexion, et réactivité pour déjouer les quelques pièges rencontrés, comme les eaux toxiques, les tourelles automatiques, les boules d'énergie....
Au fur et à mesure que les évènements se déroulent, l'IA GLaDOS, seule intervenante de tout le jeu, en révèle davantage sur les lieux qui nous servent de test, ses intentions, et aussi votre personnage. Dotée d'un sarcasme omniprésent, ses interactions sont très souvent un régal d'ingéniosité et de fourberie.
Gameplay :
Tout ce qu'il y a de plus simple et basique, le gameplay de Portal se résume à 8 touches. Le pavé directionnel, sauter, s'accroupir, tirer le portail bleu et le portail orange. C'est clair, net et précis, pas d'options à foison, et largement suffisant. Ainsi, l'on a vite fait de prendre en main notre personnage et d'évoluer avec aisance au sein des niveaux. L'accent étant porté sur leur résolution pour pouvoir continuer à avancer, avoir une telle simplicité d'action est appréciable. En ce qui concerne la caméra, aucun souci à déplorer ; la vue à la première personne aidant à ne pas avoir à gérer le perso dans l'angle de vision. Attendez-vous tout de même à un peu de tournis quand vous passez du mur au plafond.
Graphismes, design, ambiance des niveaux :
Ne le cachons pas, Portal ne brillera pas par des graphismes révolutionnaires. Tout est simple et épuré. La première phase du jeu se passe dans des chambres tests aux murs cliniques, recouvertes de larges panneaux blancs ou gris clair. Quelques pièces arborent un aspect davantage capitonné avec des dalles foncées, mais l'austérité et le côté anguleux de l'environnement sont ce qui prime. La deuxième phase du jeu, quant à elle, entraîne le joueur dans les dédales du système de maintenance qui se cache derrière les murs des salles et permet d'actionner les différents mécanismes. L'on a donc un environnement très salle des machines, avec des escaliers rouillés, des turbines et pistons énormes dans tous les sens. Un bon contraste entre les deux parties du jeu qui amène une diversité certaine. Disons que le rôle des décors est parfaitement assuré, mais si l'on s'en approche d'assez près les textures apparaissent tout de suite assez pauvres et parfois même médiocres. Mais Portal n'a jamais été promu sur ce point, et l'on peut aussi noter que ça en fait son charme, essentiellement pour la phase de test.
Musique :
Composée par Kelly Bailey et Mike Morasky, la trame sonore de Portal est axée sur l'ambiant minimaliste. Ils contribuent ainsi à donner un feeling futuriste aux environnements du jeu en les accompagnants de nappes éthérées subtiles mais aussi oniriques. Avec leurs boucles synthétiques et bruitages électroniques ils donnent une atmosphère toute particulière à ces bâtiments vides et semblant situés à l'écart du monde. Le joueur se retrouve alors dans un univers complètement prenant où tous les éléments conservent une symbiose de choix. Sur la partie où l'on se retrouve du côté du système de maintenance, la musique évolue également en fonction de ce nouvel environnement et adopte un ton plus brut et menaçant, à base lignes de basses et textures oppressantes qui ne cessent de se montrer plus insistantes jusqu'au développement final. L'on avance donc dans cette atmosphère seulement entrecoupée de quelques rafales des tourelles, de leurs voix robotiques enfantines, ou bien des répliques teintées d'humour noir de GLaDOS, qui participent à rendre le jeu encore plus mémorable.
Durée de vie :
C'est pour moi le point noir de ce jeu : sa durée de vie très courte. Comptez environ quatre heures pour terminer le jeu si vous le découvrez, et pas de choix entre différents niveaux de difficulté. C'est rapide, surtout parce que le jeu est très bien rythmé, du tutoriel au niveau final, l'on est captivé par le parcours de ces lieux abandonnés et les mystères qu'ils renferment. En outre, le chemin est plus que pavé devant nos yeux, et une fois sortis de la zone de tests, il est ainsi très facile de rejoindre la pièce finale du jeu. Pièce finale qui laisse lieu à un affrontement minuté sur six minutes, pas le temps de se reposer donc.
Portal est assurément un des meilleurs titres de sa catégorie. Reprenant l'idée de leur jeu Narbacular Drop, les développeurs l'ont adaptée en une version moderne et futuriste qui séduit d'entrée de jeu par son design et son goût pour la simplicité qui est loin d'être une tare ici. Le rythme est par ailleurs bien mené, montant en tension jusqu'au final sous pression. On peut lui reprocher sa courte durée de vie, mais cela permet également de se refaire des sessions à la volée sur un coup de tête. Et puis, c'est toujours un plaisir de réentendre la délicieuse chanson du générique interprétée par Ellen McLain, après quelques heures d'effort cérébral.