La proposition de base de Quantum Break ne m'intéressait guère. Je la trouvais même symptomatique des AAA depuis le début des années 2010 à vouloir tout miser sur la mise en scène et le scénario au détriment du gameplay. Il était donc difficile pour moi d'avoir envie de jouer à un jeu dont tout le plan de communication reposait sur :
Ne vous inquiétez pas, avant d'être un jeu c'est aussi une série !
Toutefois, les promotions agressives du Xbox Store (le jeu n'a même pas dû me coûter 3€) et son statut de "rare bonne exclue de la Xbox One" ont fini par me tenter.
D'emblée, Quantum Break n'est ni un bon jeu ni une bonne série. Pour la série, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une web série avec un peu de budget, des costumes ringards et l'absence total de travail dans la photographie. C'est laid, mal écrit, mal filmé et mal monté (avec la spéciale "scènes d'actions massacrées à la tronçonneuse du cut"). Aveu d'échec total, les forums du jeu sont les premiers à souligner la non-incidence à vouloir sauter les épisodes.
Côté jeu, QB est un bête TPS comme on en trouvait des centaines à cette période. Ma plus grande déception vient sûrement de la très faible exploitation des pouvoirs temporels et de la banalité risible de ceux mis à notre disposition. Car, évidemment, quand on vous dit "pouvoirs temporels", vous pensez d'emblée à un bouclier et des grenades.
C'est même affligeant de voir que le premier Prince of Persia d'Ubisoft proposait des pouvoirs bien plus originaux et funs.
Outre les phases d'actions, QB propose également des séquences de plateforme qui feraient passer celles de Uncharted pour Super Meat Boy.
Rassurez-vous, Remedy propose tout de même un troisième type de séquence qui consiste en facilement les deux-tiers du jeu. A savoir, les phases d'exploration où vous utiliserez votre superbe vision d'aigle pour repérer les éléments interactifs du décor et vous farcir la lecture d'interminables e-mails écrits par un adolescent de treize ans. Car, pensez-vous, évidement que le grand méchant qui prépare son coup dans l'ombre depuis des décennies va expliciter l'intégralité de son plan - et comment le contrer - dans des e-mails envoyés à ses employés.
Alors, si Quantum Break n'est pas un bon jeu, en est-il pour autant mauvais ? Non.
Les phases d'action sont certes classiques, mais fonctionnent. Avec un game design qui pousse le joueur à ne pas constamment rester couvert mais à prendre des risques pour vaincre plus rapidement les ennemis.
Certaines séquences de mise en scène fonctionnent également et le scénario, bien que pillotant tous les clichés du voyage dans le temps, se laisse suivre avec quelques personnages réussis (Beth en tête).
Contrairement à ce que j'ai pu lire sur certains forums, Quantum Break n'est donc en rien la pépite cachée de la Xbox One ou l’œuvre injustement sous-côtée de Remedy. C'est un jeu d'action moyen qui saura vous prendre en haleine le temps d'un week-end pour être aussitôt oublié après le générique de fin.