J’en avais tellement entendu du mal que je m’attendais presque à une déception. Et finalement, en lançant Resident Evil 3 Remake, j’ai surtout eu une impression : mais pourquoi est-ce que ce jeu a été autant critiqué ?
Alors oui, il est clairement inférieur à Resident Evil 2 Remake. Mais ça ne l’empêche absolument pas d’être un très bon moment.
Et puis il y a Jill Valentine. C’est probablement mon personnage préféré de la saga, alors la retrouver dans Raccoon City avait forcément quelque chose de particulier. Le début du jeu fonctionne d’ailleurs très bien : on est immédiatement plongé dans l’action, Nemesis débarque, la ville est en train de sombrer et le jeu ne nous laisse quasiment aucun répit.
J’ai beaucoup aimé cette première partie dans Raccoon City. Pendant quelques minutes, je me suis même demandé s’ils n’avaient pas tenté quelque chose de beaucoup plus ouvert. Bon, ce n’est évidemment pas le cas, mais cette impression de pouvoir se déplacer dans une ville ravagée donnait une vraie personnalité au jeu.
Le mélange entre action et horreur fonctionne également très bien à mes yeux. Resident Evil 3 est plus nerveux que le 2, avec davantage de combats et une présence beaucoup plus importante de Nemesis, mais je n’ai jamais eu l’impression de sortir complètement de l’ADN de Resident Evil. C’est justement ce qui m’a agréablement surpris : contrairement à ce que j’ai pu ressentir avec Resident Evil 4, cette orientation plus action ne m’a pas dérangé.
Nemesis est d’ailleurs une vraie réussite. Le personnage est impressionnant, agressif, et ses apparitions apportent une tension supplémentaire. On sait qu’il peut surgir à tout moment et venir perturber notre progression.
J’ai aussi apprécié les passages qui permettent de retrouver certains lieux connus. Le commissariat, notamment, est forcément plaisant à revisiter, surtout lorsqu’on vient de terminer Resident Evil 2 Remake. L’hôpital fonctionne également très bien, avec cette séquence où l’on doit résister à l’invasion des zombies. Ce sont des passages qui montrent ce que le jeu aurait pu être avec davantage de lieux et de moments de ce genre.
Parce que c’est finalement là que se trouve le principal problème de Resident Evil 3 Remake : il donne constamment l’impression d’avoir été amputé.
Le jeu est court, certains lieux sont rapidement traversés et beaucoup d’éléments de l’original ont été retirés ou profondément modifiés. Et c’est frustrant parce que le potentiel était énorme. Avec quelques zones supplémentaires, davantage d’exploration et un peu plus de contenu, on aurait peut-être eu un Resident Evil exceptionnel.
Au lieu de ça, on a un très bon petit jeu qui se termine presque au moment où l’on commence vraiment à en vouloir davantage.
Même la fin, avec le laboratoire, m’a laissé assez indifférent. Mais bon… c’est presque une tradition dans Resident Evil : après avoir passé des heures dans des lieux beaucoup plus intéressants, on finit régulièrement par se retrouver dans un laboratoire qui fait beaucoup moins rêver.
Au final, je comprends mieux les critiques maintenant que j’ai terminé le jeu. Mais je les trouve quand même parfois sévères. Si j’avais joué à Resident Evil 3 Remake sans avoir entendu toutes ces critiques, j’aurais peut-être été davantage frustré par son manque de contenu. Mais en le découvrant aujourd’hui, j’ai surtout passé un bon moment.
Resident Evil 3 Remake n’est évidemment pas au niveau du premier remake, ni de Resident Evil 2 Remake. Mais ce n’est pas non plus le désastre que certains décrivent. C’est un Resident Evil efficace, nerveux, agréable à parcourir, porté par une Jill Valentine que j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver et par un Nemesis qui fait parfaitement le boulot.
Le plus frustrant, finalement, c’est de se dire qu’il aurait pu être tellement plus grand.
Un bon Resident Evil. Mais surtout, un Resident Evil qui laisse derrière lui le sentiment d’être passé à côté de quelque chose de vraiment exceptionnel.