Resident Evil 4: Separate Ways
7.7
Resident Evil 4: Separate Ways

Extension de Capcom (2023 · PC)

Léon et Ada, bonnet blond platine et noir de jais bonnet.

De retour sur le remake de RE4 pour faire son DLC, je n’avais pas beaucoup d’attentes ou d’exigences, je voulais un peu me défouler, rien de plus et pour cela, l’aventure proposée fonctionne assez bien.


C’est littéralement la même trame narrative mais du côté du personnage d’Ada Wong embauché par Albert Wesker l’increvable (et ridicule) antagoniste d’une bonne partie de la série, et elle va arriver plus ou moins avant ou après les événements majeurs du jeu original. Nous sommes donc toujours face à la même histoire nanardesque avec toujours un sérieux désuet et des situations absurdes. Je mentionnerai quand même ce qui se voit comme le nez au milieu de la figure : une héroïne super entraînée, et forte au combat qui est taillée comme une mannequin, se traîne des talons de 10-15 centimètres de haut et qui attire régulièrement les plans de caméras subtiles plus ou moins brefs et de mauvais goût sur le bas de son dos dans de nombreuses cinématiques...


Bon, du point de vue de son système de jeu, le personnage d’Ada possède un grappin qu’elle va pouvoir utiliser de manière scriptée ça et là pour simuler un peu de plate-forme et de verticalité avec plus ou moins de réussite même si certaines phases sont plutôt spectaculaires. Pour le reste, on est en terrain connu, des armes similaires, achetables et améliorables auprès d’un marchand dont on ne sait toujours pas ce qu’il fait là, un couteau aussi solide que du plâtre, quelques énigmes ponctuelles de 2 minutes chacune environ. Il n’y a pas non plus de changement concernant la vitesse de course, la solidité, la précision ou quoi que ce soit entre Ada et Léon même si dans les cinématiques, elle aussi sait faire l’acrobate mais est nettement plus rigide en jeu.


Dans son état général, le jeu est assez plaisant mais parce qu’il est très court (entre 4 et 7 heures) il se montre extrêmement condensé et enchaîne sans respirer du tout les phases d’action. Et c’est là où est la différence avec RE4 de base, qui était déjà bubonnant de combats. Ici, l’illusion de pouvoir faire le jeu en partie en infiltration va très vite disparaître et l’ensemble est vraiment bourrin, uniforme et linéaire. Il n’y aura pas de « moment Ashley », ce qui aurait pu être très bienvenu avec le personnage de Luiz (qui m’apparaît toujours agaçant soi-dit en passant). Pas de phase en bateau ou en jet-ski non plus. Donc on revisite les mêmes décors qu’avec Léon. Il n’y a pas non plus de possibilité de visiter un peu librement la carte, notamment par la magie du rocher tombé ou du mur invisible. Ah si seulement elle avait un moyen de se hisser où elle veut ! On peut rapidement se mettre sous la molaire quelques challenges un peu spécifiques avec le marchand... Et puis voilà !


Joué en hardcore pour l’occasion, l’ensemble m’a paru mieux équilibré et plus fluide même si j’ai retrouvé les mêmes tares que le jeu de base, notamment trahi par son système de ranking : alors l’ennemi à qui il reste un seul PV a de très grandes chances de mettre un coup, certains ennemis lambda semblent avoir des milliards de PV notamment plus que certains boss (ce n’est pas une blague), d’autres fois, alors qu’on a le viseur bien sur la cible le projectile passe à travers, si vous améliorez une arme le nombre de ses munitions présentes dans les caisses et conteneurs disparaît comme neige au soleil, il faut éviter de casser toutes les caisses au début d’un combat de boss si on est en bon état sinon le jeu n’offre que des trucs inutiles… Autrement, je ne suis toujours pas fan du dernier tiers sur l’île et dans les laboratoires (l’environnement et le level design sont bien plus pauvres et conventionnels) mais au moins ça ne dure pas aussi longtemps que dans le jeu de base.


En global, ça reste plutôt plaisant même si 2 boss en particulier m’ont gonflés, mais pas pour les mêmes raisons. Le premier étant Saddler lui-même qui est un sac à PV et qui tourne autour de deux colonnes dans l’arène… Pas si dur mais vraiment pas terrible du tout et c’est le boss de fin... Mais ce n’est rien par rapport à la troisième version de la Black Robe (les deux premières sont vraiment tiédasses donc je vais passer là-dessus), un genre d’homme-scorpion répugnant, que l’on enchaîne quasi directement après un autre combat de semi-boss bien demandeur (on y arrive alors potentiellement lessivé), et qui a un comportement qui varie du placide, à l’enchaînement effroyable qui peut réduire la barre de vie pourtant intégralement remplie en 3 attaques enchaînées sur 10 secondes, recovery d’Ada inclus (oui, j’ai chronométré…). Autre problème, il y a le devoir de s’évader de certaines de ses attaques, sauf que, si Ada est en joug il semble que le total « fin d’animation de viser » + « Evasion » soit plus long que le moment où l’on peut effectivement s’évader, alors que la touche ‘Evade’ à l’écran est toujours visible une ou deux secondes après que le coup ait fait mouche. C’est aussi un boss à 2 phases et évidemment, mourir à la seconde nous fait recommencer l’ensemble. Et bien entendu, c’est lui aussi un énorme sac à PV que les speedrunners préfèrent ne pas vraiment affronter en achetant un bazooka. A contrario, l’un des boss les plus réussis est certainement le Gigante parce que l’arène est pensée pour qu’Ada utilise un peu librement son grappin, seule occurrence de tout le jeu en fait, mais comme quoi, c’était possible de lui faire du sur-mesure !


Alors ce DLC en lui-même vaut 10 euros et a un matériau de base solide et globalement plaisant qu’il est plutôt agréable de retrouver malgré ses aspects frustrants. Une rallonge sur une table solide (la gueule de l’analogie…), c’est un défouloir bas-du-front, je ne lui demandais pas plus, et je vous déconseille de vous attendre à autre chose. Si le jeu de base vous a plu, il y a peu de chance que ce DLC ne vous plaise pas aussi.

Altie-
6
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le 16 août 2026

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Altie-

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