Resident Evil Requiem
7.9
Resident Evil Requiem

Jeu de Capcom (2026 · PlayStation 5)

Autant prévenir d’emblée, il existe une bonne grosse trentaine de critiques sur le site concernant ce jeu à l’heure où j’écris ces lignes. Rajouter de la plus-value est difficile, voire impossible. J’aimerais néanmoins aborder des points qui me semblent pertinents et moins évoqués sur internet. À ce titre, il y aura plein de spoils partout, vous êtes prévenus.


J’ai fait une première partie en normal moderne et achevé une deuxième partie en normal classique. Durant cette deuxième session, j’ai acheté et activé les bonus et autres modificateurs de jeu inclus dans la version prestige du jeu (ainsi que le costume inclus avec la précommande). N’ayant pas vu de test ou d’avis sur ces ajouts, autant en parler ici donc :

• Les différents costumes sont très bien modélisés, notamment ceux de Grace. Les costumes apocalypse et film noir poussent le vice à rajouter de la crasse sous les ongles ou encore du maquillage, l’effet est très bien rendu. Je n’ai pas testé celui de la grande dame du 8, n’ayant pas d’intérêt particulier pour elle, mais je ne doute pas que ça plaise aux fans concernés. J’ai plus de mal avec le costume film noir de Leon de par sa posture voûtée qui rend le costard peu esthétique. Les autres costumes sont nickels.

• Option sympathique, bien qu’accessoire me concernant, les filtres d’écran apocalypse et film noir sont présents. Ils modifient vraiment l’esthétique du jeu, mais j’ai trouvé gênants les effets de lumière sous le premier filtre et j’avoue ne pas aimer mettre en noir et blanc mes jeux quand ce n’est pas un parti pris voulu à l’origine.

• Les skins d’armes ont le mérite d’exister, je n’ai rien de très franchement pertinent à dire dessus, ainsi que pour les quelques porte-bonheurs rajoutés à ceux déjà présents en jeu.

• Le pack audio classique ajoute cependant une vraie plus-value à une deuxième run, ajoutant surtout les musiques de Resident Evil 2 au segment se déroulant dans la ville éponyme et le fameux thème des salles de sauvegarde du deuxième jeu à celle de cet épisode. Ce pack, couplé à une partie en mode classique, donne une ambiance de renouveau couplée à du fan-service musical très à propos quand on voit les intentions derrière ce neuvième jeu.

• Néanmoins, la vraie bonne surprise concerne les « lettres de 1998 ». Si c’est questionnable de bloquer ce genre de contenu derrière un achat supplémentaire, le fait d’arpenter de nouveau le jeu à la recherche de documents inédits est un plus. Et autant dire que, si vous êtes un peu sensible, les lettres ne vont pas vous laisser indifférent, apportant non seulement un éclairage bienvenu concernant un personnage des 2ᵉ et 3ᵉ jeux (et donc proposant du fan-service cohérent et pertinent), mais surtout du drame bien violent et tout en suggestion comme à la grande époque des 3 premiers jeux (versions originales ou remakes, je pense surtout aux documents concernant les Trevor, qui n’ont toujours pas été surpassés dans la saga).


Ceci étant fait, abordons le jeu en lui-même. Vous l’avez lu partout dans la presse et sur les internets, le jeu associe un gameplay survival-horror à l’ancienne avec Grace à l’action bourrine typée arcade chère à Léon S. Kennedy. Je ne vous surprendrai pas en disant que le segment de Grace est particulièrement agréable et bien travaillé (une fois de plus, tout le monde l’a dit). Le fait de pouvoir ponctionner du sang infecté et s’en servir pour créer des munitions, antidotes et autres capsules permettant de littéralement vaporiser la tête des zombis est vraiment une trouvaille géniale et fun. Apprendre à maîtriser le gameplay de Grace est très agréable et voir que la furtivité permet de superbes actions telles que battre le cuisinier ou bien mieux s’en sortir dans le quartier des soins est très gratifiant.


Là où je vais être un peu plus original, c’est dans cette affirmation simple et personnelle : la deuxième partie du jeu (et la troisième, vu que tout le monde l’oublie) est très bien aussi.

Vous verrez partout des « deuxième partie bâclée », « le jeu s’effondre avec Léon » et autres « couloir de m…de avec la plante ». Je ne suis pas d’accord. Je trouve qu’après une exploration de manoir très sympathique mais aussi extrêmement similaire à ce qui s’est fait avant dans la licence (au hasard le manoir Spencer et le commissariat de RE2 et 3), sortir et respirer un autre air avec Léon est vraiment appréciable.


En effet, c’était un secret de dupe depuis la première bande-annonce, mais Léon et la saga font leur grand retour dans la ville aux ratons laveurs. L’occasion pour le jeu de faire littéralement péter le fan-service (on y reviendra) mais également les limites géographiques. Autant repasser par la zone du commissariat était un passage attendu, autant la surprise se situe juste avant quand Léon se voit proposer une zone assez large à explorer afin de déverrouiller l’accès au reste de la ville.

J’ai énormément aimé ce passage mais je peux comprendre les reproches. Abandonner l’ambiance très marquée du début de jeu pour du massacre de zombis à la chaîne est une idée assez osée. En outre, et c’est déjà plus dommage, les fameux comportements « fantômes » des zombis, marqueurs de leurs vies avant leur trépas, disparaissent pour laisser place à des chairs à canon plus ou moins résistantes. C’est un fait. Mais la générosité des ambiances de cette zone ainsi que l’aspect très arcade (Léon a carrément un bracelet qui compte ses points pour lui donner des récompenses) marchent super bien sur moi.


Le personnage de Léon ressort grandi de cet épisode. Loin d’être juste un one man army à la Chris, il est ici impliqué autant physiquement qu’émotionnellement. Si certains ont râlé du fait que ça y est, c’est officiel dans un jeu, ce sont bien les remakes qui sont le nouveau canon de la licence, c’est parfaitement justifié ici. Les moments de flashback du remake du 2 sont un peu bruts de décoffrage mais ils permettent de vrais moments de mélancolie montrant que le beau brun a bien un cœur sous tous ces muscles.

Vu que je suis là-dessus : la deuxième et troisième parties sont les instants « fan-service » de l’épisode. Je ne vais pas faire de listing mais oui, je suis d’accord, ça souffle le chaud et le froid. Histoire de voir les opposés : je dis oui à Léon qui, la voix chargée de regret, abat un zombi policier coincé depuis plus de 30 ans dans le commissariat, mais je dis non au retour beaucoup trop frontal de Monsieur X qui ne fait pas beaucoup de sens au final (la saga a montré depuis le 2 des itérations des tyrans bien plus efficaces et pratiques que lui).


Rarement abordé par les autres critiques, passé Monsieur X, j’aime beaucoup toute la fin de l’aventure. Et oui, y compris le passage avec la plante 43 (du fan-service intelligent) qui instaure un environnement que je trouve marquant esthétiquement mais effectivement court et pas des plus mémorables au niveau du level design. Cette fin d’aventure enchaîne les moments marquants qui mêlent habilement hommages et gameplay (au hasard le combat entre Hunk et Leon) en plus de proposer un de mes passages préférés de l’épisode : la partie de cache-cache avec les lickers.


Globalement, je comprends que tout ce qui vient après l’hôpital ait frustré une partie du public. Capcom a clairement décidé que cet épisode devait être celui du bilan de la saga et autant dire que si les références ne sont pas toutes pertinentes, les évocations au niveau du gameplay, du game design et du scénario sont clairement le plus gros point fort de ce titre.

Faisons ici aussi l’économie du listing mais Capcom a clairement démontré avec cet épisode qu’il assume tout. Vous êtes au courant pour Grace et désormais aussi pour le côté bourrin de la franchise avec Léon, là-dessus on est bon. Mais assumer Resident Evil 5, 6 et les films, il fallait clairement l’oser. J’en veux pour preuve toute une partie du scénario reposant sur les deux jeux les moins aimés des épisodes canoniques, la poursuite en moto étant pour moi un écho clair du film Resident Evil Vendetta et, de manière plus anecdotique, le costume de précommande faisant référence à Alice des films de Paul W. Anderson.

Soyons clairs : Ce que je pense être une belle note d’intention ne fonctionne que si c’est le dernier épisode de Capcom à assumer ce côté menu maxi best of. Si l’épisode 10 reprend cette structure, le jeu va beaucoup perdre en prestige pour n’être qu’un gros appel du pied cynique… ce qu’il frôle déjà par moment.


Pour conclure : Je dirais qu’en tant qu’épisode bilan, le jeu tient la route. Il est pour le moment un poil trop court, manque clairement de scénarios bonus et de mini-jeux et effectivement ne dépasse pas ses deux modèles que sont le remake du 2 et le 4. Mais il a sa propre patte, ses propres fonctionnalités qui le rendent unique et pertinent au sein de cette saga. Cependant, je pense qu’on atteint ici une limite. Les prochains épisodes canoniques devront aller plus loin et peut-être tendre vers un poil plus de gigantisme dans les décors. Ils devront surtout assumer de pousser la saga plus loin en traitant une bonne fois pour toutes les « connections ». Je suis d’accord qu’il faut faire la paix avec les spectres du passé mais le dernier segment du jeu me pousse à craindre que nous n’en ayons pas fini avec les créatures d’Umbrella. Voyons ce que Capcom nous réserve pour la suite.

Keptyouwaitinguh
8

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Les meilleurs jeux Resident Evil

Créée

le 27 mars 2026

Critique lue 16 fois

Critique lue 16 fois

1

D'autres avis sur Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

7

Kelemvor

773 critiques

Les Architectures de l'Effroi : Les Cendres d'Umbrella

La nuit n’a jamais vraiment quitté la série Resident Evil. Elle s’est contentée de changer de visage. Tantôt carnaval d’horreur clinique dans les couloirs du manoir Spencer, tantôt film d’action...

le 10 mars 2026

Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

4

Hagstrom

38 critiques

Feignantise absolue, ou le remake d'un jeu qui n'existe pas

Que feriez vous ? Si vous aviez une licence forte, MAIS qui à 30 ans ; qui à une fan base solide, MAIS qui joue sur la nostalgie alors que vous voulez faire venir de nouveaux joueurs ; dont le cœur...

le 5 mars 2026

Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

6

Ginko-Leon

239 critiques

Menu Maxi Best Of Survival Horror avec un supplément Action, s'il vous plaît.

Une stagnation inexcusable dans l'imaginaire. C'est triste de voir le Japon plonger dans la même nostalgie factice que l'Occident.La première partie trouve un meilleur équilibre dans cet hommage à...

le 2 mars 2026

Du même critique

Le Dernier voyage du Demeter

Le Dernier voyage du Demeter

9

Keptyouwaitinguh

30 critiques

Critique de Le Dernier voyage du Demeter par Keptyouwaitinguh

Le dernier voyage du Demeter est un film d’horreur sur Dracula. Plus précisément, il se concentre sur le chapitre VII du livre, qui nous présente le sort funeste du bateau Demeter, transportant...

le 24 sept. 2024

Wanted Lucky Luke - Lucky Luke vu par..., tome 3

Wanted Lucky Luke - Lucky Luke vu par..., tome 3

8

Keptyouwaitinguh

30 critiques

Une nouvelle vision du cow-boy solitaire

Loin de disparaître après la mort de Morris, son créateur, Lucky Luke a survécu à travers les âges. Si la série principale continue de nous proposer des albums de qualités diverses (soyons...

le 31 juil. 2024

Frieren

Frieren

8

Keptyouwaitinguh

30 critiques

Étude mélancolique du temps qui passe

L'heroic-fantasy est un genre désormais bien connu et codifié. Un groupe de héros a pour mission de détruire les forces du mal dans un monde magique rempli d'elfes, de nains et de dragons… La recette...

le 31 juil. 2024