Resident Evil Requiem
7.9
Resident Evil Requiem

Jeu de Capcom (2026 · PlayStation 5)

En synthèse : un patchwork de la licence. Capcom a injecté dans son neuvième épisode l'essentiel de l'ADN de la série pour en faire un hybride (presque) parfait qui arrive à concilier deux gamedesign, deux visions quasi-antagonistes : celle des origines avec peu de munitions, dans un contexte de "puzzle-game lite" (parce qu'on reste dans la logique de l'escape room horrifique, refaire les premiers et "vrais" Resident Evil si non convaincu par cette définition) et une logique de survie, et celle de la modernité, depuis 2005, avec beaucoup de munitions, dans un contexte de TPS et une logique de buffle. Le tout forgé dans le moteur et la vision artistique de la saga depuis 2017, date du 7e jeu canonique.


"Bah c'est bien du coup ?" Oui.


C'est même sans doute le meilleur épisode depuis 10 ans selon moi, en tout cas de la trilogie 7-8-9 sans problème (car le 2R reste le meilleur depuis CV faut pas déconner). Néanmoins, le jeu n’échappe pas à ce que je reproche à la saga depuis le 4. J'ai franchement voulu lui mettre son 9, m'enthousiasmer d'avoir enfin un très grand RE mais ça n'est pas (exactement et selon mon avis) le cas : on va tenter d'expliquer mon point en reprenant la distinction origine/modernité susmentionnée, distinction qui correspond grossomodo à la structure du jeu : la première partie et la seconde (sans être aussi abrupte dans le jeu, c'est plus subtile et bien ficelé, mais grossomodo le jeu est bien en deux parties). Sans spoilers et en allant à l'essentiel.




Partie 1 de Requiem : le RE des origines


A l'instar du début du 7 et de certains moments du 8, on retrouve ici le concept de base des premiers jeux : un huit-clos, un "espace room" comme mentionné plus haut, avec un niveau de crédibilité dans l'environnement, dans l'ambiance, dans la proposition de jeu rarement atteint dans la licence ces dernières années, et peut-être même chez les survival horror concurrent tout court : c'est d'une justesse rare et d'un équilibre parfait entre survie, cache-cache, pseudo-infiltration, traque avec le concept du "Nemesis" qui prend ici différentes formes, gestion de l'inventaire et distillation habile de la narration. C'est le genre d'expérience que je ne pensai pas revoir : avec une ambiance musicale beaucoup plus marqué (le theme du manoir Spencer ou du commissariat des deux premiers jeux reste un cas d'école en la matière...) ce premier segment de RE9 aurait pu être le meilleur de la saga; il se contentera d'être le meilleur de ces dernières années et le meilleur du jeu haut la main.


Partie 2 de Requiem : le RE de l'action


Puis nous arrive la partie avec Léon, qui est grossomodo le gameplay du 4 avec un terrain de jeu relativement ouvert, qui fait la part belle à la nostalgie et une direction artistique que j'ai trouvé particulièrement réussie. On peut dire sans spoiler que cette seconde partie a un premier segment convainquant, très action mais quand même très structuré autour d'une idée de leveldesign et d'un objectif clair, puis s'enchaine le "début de la fin" où le jeu part dans tout un tas de travers qu'il est difficile d'évoquer sans spoiler, mais disons qu'on se perd dans une sorte de surenchère nanardesque, de nostalgie pas toujours pertinente, de phases de gameplay ludiquement très discutable... Rien de capable d'anéantir l'expérience de jeu au global, mais c'est suffisamment moyen voir parfois médiocre pour interdire au jeu d'atteindre sa superbe de jadis en tant que dernier représentant d'une des licences cultes du jeu vidéo.


Je passe sur le scénario : Capcom a décidé de retcon une large partie du script et de faire du neuf avec du vieux. C'est pas mauvais et amené plus ou moins intelligemment, mais on va tout de même continuer de ne pas trop prendre au sérieux la saga sur ce point tout en restant curieux : le rapport d'après fin de partie dans le menu promet potentiellement quelques suites intéressantes.


RE9 est donc un excellent jeu de 2026, l'un des meilleurs épisodes depuis un bon moment (au moins RE2R dans mon cas) en raison d'un début assez exceptionnel. Mais cette autre partie du jeu se présente à moi comme un rappel du pourquoi de mon désintérêt progressif pour la saga, sans signer la fin d'une relation de presque 30 ans pour autant.


Entre tradition et modernité, je sors de l'expérience avec une satisfaction un peu étrange : un grand sourire accompagne une certaine amertume.

Aelphasy
8
Écrit par

Créée

le 4 mars 2026

Critique lue 189 fois

Aelphasy

Écrit par

Critique lue 189 fois

9
1

D'autres avis sur Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

7

Kelemvor

775 critiques

Les Architectures de l'Effroi : Les Cendres d'Umbrella

La nuit n’a jamais vraiment quitté la série Resident Evil. Elle s’est contentée de changer de visage. Tantôt carnaval d’horreur clinique dans les couloirs du manoir Spencer, tantôt film d’action...

le 10 mars 2026

Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

4

Hagstrom

38 critiques

Feignantise absolue, ou le remake d'un jeu qui n'existe pas

Que feriez vous ? Si vous aviez une licence forte, MAIS qui à 30 ans ; qui à une fan base solide, MAIS qui joue sur la nostalgie alors que vous voulez faire venir de nouveaux joueurs ; dont le cœur...

le 5 mars 2026

Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem

6

Ginko-Leon

239 critiques

Menu Maxi Best Of Survival Horror avec un supplément Action, s'il vous plaît.

Une stagnation inexcusable dans l'imaginaire. C'est triste de voir le Japon plonger dans la même nostalgie factice que l'Occident.La première partie trouve un meilleur équilibre dans cet hommage à...

le 2 mars 2026

Du même critique

Horizon: Zero Dawn

Horizon: Zero Dawn

8

Aelphasy

77 critiques

Un chef d'oeuvre, ou presque ?

EDIT 28/09/23 : avec le recul, et pour cette critique seulement je pense, j'estime mon opinion trop favorable finalement. J'aime le jeu, mais j'ai fait du zèle. Reste que le gameplay est excellent,...

le 28 sept. 2023

Final Fantasy XII: The Zodiac Age

Final Fantasy XII: The Zodiac Age

9

Aelphasy

77 critiques

Belle progression depuis FFXV

On peut saluer de bon cœur et avec chaleur les progrès certains de Square Enix depuis FFXV. Car ici, en Ivalice, il ne sera pas question d'open world rempli de stations essence, de cailloux et de...

le 13 juil. 2017

Final Fantasy XVI

Final Fantasy XVI

8

Aelphasy

77 critiques

Schizophrénique

FFXVI est un jeu schizophrénique capable de souffler le chaud comme le froid d'une heure à l'autre. Pour une fois, les bonnes comme les mauvaises critiques sont légitimes, et les exagérations...

le 5 juil. 2023