Je ne suis pas spécialement fan de Resident Evil. Je reconnais volontiers les qualités des premiers opus sur old-gen notamment le 2 et le 4 auxquels j’ai joué quelques heures, sans jamais vraiment accrocher.
C’est donc sans attente particulière que j’ai lancé Village, et l’expérience a été globalement positive, malgré plusieurs zones d’ombre. À commencer par les combats de boss, dont l’intérêt m’a souvent semblé discutable. Le premier est d’une facilité presque absurde : on tourne autour d’un poteau, on vise la tête en faisant des gauche-droite, et l’affaire est pliée. Le deuxième n’est même pas un véritable affrontement mais un simple cache cache plutôt frustrant en ce qui me concerne. Malgré tout, l’ambiance et les énigmes du domaine Beneviento sont excellentes. Le troisième combat reprend les défauts du premier : un sac à PV, avec en prime quelques AOE à esquiver. Quant au boss final, il se résume encore à tirer dans la tête en bougeant latéralement, avec une mise en scène très soignée… au point que j’aurais presque préféré une cinématique.
Là où le jeu m’a vraiment convaincu, c’est sur son univers. Le petit hameau glauque perdu en Europe de l’Est, dominé par son château, c'est chouette. Les premières heures sont particulièrement efficaces : la rencontre avec les lycans, l’obligation de se barricader dans les maisons, la pression constante… c’est plutôt réussi, je me suis bien chié dessus z certains moments.
Artistiquement, c’est très solide : ambiance, direction artistique, bestiaire… tout tient la route. Mention spéciale à Heisenberg, personnage charismatique qui aurait mérité un traitement scénaristique plus approfondi. La VF de Jérémie Covillault apporte énormément, et certaines répliques, notamment la punchline sur le cul de Dimitrescu, valent leur pesant de cacahuètes. Dommage que tout se termine, encore une fois, par un boss fight assez basique, même si celui-ci reste plus fun que les autres.
Côté scénario, on est sur quelque chose de très classique : un père qui cherche sa fille, des expériences douteuses, un grand antagoniste qui tire les ficelles dans l’ombre pour des raisons finalement assez convenues. Rien de mémorable, mais rien de rédhibitoire non plus. Le jeu se laisse suivre sans forcer. N’ayant pas fait RE7, je n’ai pas toutes les clés concernant Ethan, et ses capacités particulières, mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier l’aventure.
La durée de vie est plutôt courte : entre 10 et 15 heures selon la manière de jouer pour voir le bout de l’histoire.
Au final, l’expérience est positive. Village brille par son atmosphère et sa direction artistique, même si ses boss et son écriture manquent parfois d’inspiration. Ça reste suffisamment solide pour donner envie d’enchaîner avec le remake de RE4, qui, je l’espère, pousse encore plus loin le niveau de qualité.